Temps d’écran | Le tour de vis français

« Face à la marchandisation de nos enfants, la Commission propose de reprendre le contrôle des écrans », écrit un groupe d’experts français mandatés par le gouvernement en préambule de son rapport. Ses recommandations attirent déjà l’attention au-delà de la France.


Publié à 1h22

Mis à jour à 6h00

Temps d’écran très limité

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PHOTO EMILY BERL, ARCHIVES DU NEW YORK TIMES

Le rapport soumis à l’Élysée déconseille aux enfants de 3 à 6 ans d’être exposés aux écrans.

Pas de temps d’écran pour les enfants de moins de 3 ans. L’exposition est déconseillée, au pire très limitée, pour les 3 à 6 ans. Ensuite, accès modéré à partir de 6 ans. Ensuite, accès modéré à partir de 6 ans. Les recommandations formulées par 10 experts français dans le rapport Enfants et écrans : à la recherche du temps perdu sont conformes à ce qui est déjà recommandé au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde. «Tout le monde va dans la même direction», observe la doctorante Marie-Andrée Binet, de l’Université de Sherbrooke. « Mais les recommandations préconisées sont plus sévères en termes de temps d’écran. Cela contraste avec d’autres écoles de pensée ou approches moins « prescriptives » qui souhaitent s’éloigner des limites du temps d’écran pour se concentrer plutôt sur les contenus choisis et les contextes d’utilisation. » Le problème… c’est que ces recommandations sont peu connues ou peu suivies. “On sait qu’il est très difficile pour les parents d’attendre avant d’introduire les écrans”, explique M.moi Binet.

Accès restreint aux réseaux sociaux

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PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

Les réseaux sociaux, estiment les auteurs du rapport, ne devraient pas être accessibles aux adolescents de moins de 15 ans.

Là où le rapport va plus loin, note la professeure Élizabeth Harvey, du département des sciences de l’éducation de l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, c’est qu’il aborde la question du contenu affiché sur les écrans. « Plusieurs résultats de recherche menés par des chercheurs canadiens et autres démontrent que le contenu a également une influence. » Les réseaux sociaux, estiment les auteurs du rapport, ne devraient pas être accessibles aux adolescents de moins de 15 ans. Et encore : ces réseaux devraient être « éthiques », notamment pour limiter la dépendance. L’accès à la pornographie devrait être considérablement restreint. Les enfants ne devraient pas posséder de téléphone portable avant l’âge de 11 ans et l’État devrait interdire les téléphones dans les collèges. « Ce qui fait la richesse d’une Nation, c’est sa jeunesse, et la nôtre n’est pas à vendre », insistent les auteurs.

Responsabilité des entreprises technologiques

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PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Les concepteurs d’applications mobiles devraient être tenus de respecter certaines normes, selon le rapport.

Maintenant, la grande question : comment intervenir pour protéger les enfants ? “Nous ne mettrons pas de policier devant chaque domicile”, a déclaré sur la chaîne française RTL le psychiatre toxicomane Amine Benyamina, coprésident de la commission qui a réalisé le rapport à la demande du gouvernement. Il faut responsabiliser les acteurs autres que les parents, expliquent les experts. Premièrement, ceux-là mêmes qui produisent des « services prédateurs à caractère nuisible pour les enfants », par exemple des mécanismes conçus pour capter l’attention des enfants, pour les « enfermer dans […] sur leurs écrans, contrôlez-les, réengagez-les, monétisez-les. Il revient à ces designers de prouver que leurs produits répondent à une « norme éthique ».

Guider plutôt que contraindre

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PHOTO GEORGE FREY, ARCHIVES BLOOMBERG

Les recommandations appellent à l’adoption de mesures plus sévères que la simple sensibilisation.

Les auteurs du rapport insistent : il faut viser « à protéger les enfants plutôt qu’à les contrôler ». Mais les recommandations appellent à l’adoption de mesures plus sévères que la simple sensibilisation, comme l’ont fait les gouvernements jusqu’à présent, y compris au Canada. « Le temps d’écran augmente et reste au-delà des recommandations des associations de pédiatrie, pour toutes les tranches d’âge », rappelle Élizabeth Harvey. Il faut donc absolument aller au-delà de tout ce qui a été fait jusqu’à présent. » Marie-Andrée Binet abonde dans le même sens. «J’aime l’idée d’une démarche collective», dit-elle. Les recommandations ont souvent le défaut de rejeter toute la responsabilité sur les parents, note M.moi Binet. « Mais il y a des entreprises qui produisent le contenu. » Et les adultes, enseignants ou autres, qui ne donnent pas toujours le bon exemple…

Tous concernés

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PHOTO VALERY HACHE, ARCHIVES DE L’AGENCE FRANCE-PRESSE

Gabriel Attal, Premier ministre français

“Chacun doit faire le ménage chez lui, y compris l’Etat, l’Education nationale et les collectivités locales impliquées dans l’Education nationale”, a déclaré mardi le Premier ministre français Gabriel Attal. Certaines politiques gouvernementales devront être « repensées », a relevé le chef du gouvernement. Notamment sur l’utilisation des écrans à l’école. Dans certains établissements scolaires en France – comme au Québec – « les manuels scolaires ont été remplacés par des écrans », a rappelé M. Attal. “Je ne suis pas technophobe en considérant qu’il faut interdire tous les écrans”, a-t-il ajouté, soulignant qu'”il peut y avoir une visée pédagogique et un intérêt pédagogique”. «Mais l’écran pour l’écran n’a aucun intérêt, il peut être dangereux et donc il va falloir aussi repenser un certain nombre de politiques qui sont menées aujourd’hui dans nos services publics, notamment dans l’éducation. » De son côté, le président Emmanuel Macron a déclaré mercredi « donner un mois au gouvernement pour examiner ces recommandations et les traduire en actions ».

Consulter le rapport remis au gouvernement français

Avec l’Agence France-Presse

 
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