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Ircad, trente ans d’innovation

« Nous avons commencé il y a trente ans dans un petit immeuble de 4 000 m2 et nous sommes désormais installés à 15 000 m2 »se vante le professeur Jacques Marescaux, président de l’institut de recherche contre les cancers du système digestif (Ircad), lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion du 30e anniversaire de la création. Depuis sa création, l’Ircad France a réalisé huit ” enfants ” : Ircad Afrique, Ircad USA, Ircad Liban, Ircad Inde, Ircad Chine, deux Ircad Brésil, Ircad Taiwan. « Nous sommes désormais présents partout dans le monde, à l’exception de la Russie où il y a de grands besoins »ajoute le professeur Marescaux.

Démocratiser la chirurgie mini-invasive

Il rappelle également que l’ambition première de l’Ircad était de démocratiser la chirurgie mini-invasive. « Dans trente ans, il faudra distinguer l’avant et l’après la révolution des nouvelles technologies, notamment l’apparition de l’intelligence artificielle (IA). Nous pouvons désormais faire de la chirurgie augmentée, avec un œil augmenté, une main augmentée, un cerveau augmenté. À chaque étape, nous avons désormais besoin de plus en plus d’IA. L’IA permet désormais de détecter des tumeurs invisibles à l’œil nu. » Autre avancée majeure qu’a connue l’Ircad ces trente dernières années : la chirurgie à distance. « La chirurgie à distance explose en Chine : en 2023, des centaines de patients auront été ainsi opérés. Idem au Japon. » Le post-opératoire a également été révolutionné par le numérique : « Nous pouvons désormais laisser repartir nos patients en leur collant un patch numérique dans le dos qui nous permettra de suivre en permanence 9 paramètres vitaux. Ils sont mieux suivis que s’ils restaient hospitalisés. »

Chirurgies endoluminales, percutanées et robotisées

Le Professeur Marescaux rappelle également que la chirurgie mini-invasive ne se limite plus à la chirurgie laparoscopique : « La chirurgie laparoscopique à deux aiguilles est une discipline complexe, c’est pourquoi la chirurgie robotisée s’est développée. L’IA permet également des diagnostics de plus en plus précoces et on peut ainsi réaliser une chirurgie endoluminale. Troisième approche : pour le rein, le foie et pour les tumeurs de moins de deux centimètres, on peut détruire les tissus par chirurgie percutanée par radiofréquence ou par cryo-ablation. »

Perturber

Les autres Ircad apportent également des innovations. L’Ircad Africa, situé à Kigali (Rwanda), a développé le projet Perturberqui permet de réaliser des images 3D par échographie, sans numérisation : « L’imagerie échographique est très abordable. Nous pouvons transformer des images échographiques 2D en 3D, grâce à l’acquisition d’une masse de données. Nous développons ensuite des algorithmes pour des pathologies standards, afin de les détecter plus facilement. Grâce à cette imagerie et ces algorithmes, nous pouvons ensuite traiter et opérer par chirurgie percutanée. C’est beaucoup moins douloureux pour le patient., explique le Dr Alexandre Hostettler, responsable des données scientifiques et chirurgicales. Ce projet est le résultat de la coopération de deux IRCAD : Ircad France et Ircad Afrique. « La moitié de l’équipe est située à Kigali, ce sont de très bons ingénieurs spécialisés en acquisition de données. Ici en France nous avons des ingénieurs qui vont créer le logiciel. Nous bénéficions du soutien à la recherche du Dr Toby Collins, directeur de recherche à l’Ircad France. Nous réalisons des tests précliniques et cliniques avec un industriel”ajoute le Dr Alexandre Hostettler.

Plan d’affaires

Quant au plan d’affaires, l’Ircad a su imposer un modèle critiqué lors de son adoption par le professeur Marescaux : le partenariat public-privé. « Nous ne recevons aucun argent public. Nous avons noué des partenariats forts avec des industriels, ce qui était mal vu à nos débuts en France. Mais qui peut se vanter de posséder 34 robots comme l’Ircad ? Sans le partenariat public-privé, cela n’aurait pas été possible. » L’Ircad s’assure également des revenus complémentaires de son hôtel-restaurant La Brasserie des Haras, installé dans les anciens haras royaux de Strasbourg et mis à disposition de l’Ircad par la mairie de Strasbourg en 2009.

 
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