Les vaccinations infantiles retardées par les grèves sanitaires, les professionnels tirent la sonnette d’alarme

Les vaccinations infantiles retardées par les grèves sanitaires, les professionnels tirent la sonnette d’alarme
Les vaccinations infantiles retardées par les grèves sanitaires, les professionnels tirent la sonnette d’alarme

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Le Maroc fait partie des pays où l’incidence de la tuberculose est moyenne. L’incidence estimée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2021 est de 35 000 cas, ce qui correspond à un taux d’incidence de 94 pour 100 000 habitants.

Cependant, diminution constantel’incidence de la tuberculose dans le Royaume ne descend pas assez viteLe taux annuel moyen de déclin n’est que de 1 à 2% entre 2015 et 2023 ; un rythme qui ne nous permettra pas d’atteindre l’objectif ultime d’éliminer la tuberculose d’ici 2030.

La vaccination par le BCG est donc la seule façon de s’en protéger. Il limite le risque de développer l’infection et prévient les formes graves de tuberculose chez les jeunes enfantsSon efficacité varie de 75% à 85%.

Le BCG doit être administré au cours du premier mois du nouveau-né

Contacté par Médias24, le Dr Moulay Said Afif, pédiatre et président d’Infovac Maroc, nous a expliqué que « ce vaccin, inclus dans le calendrier vaccinal national, doit être administré pendant le premier mois du nouveau-né”.

Sauf qu’avec la multiplication des grèves dans le secteur public de la santé, « des retards de vaccination ont été enregistrés dans plusieurs établissements », nous indiquent d’autres sources professionnelles.

En effet, les grèves des professionnels de santé se poursuivent depuis plusieurs mois, et le vaccin BCG ne peut être administré aucun jour de la semaine.Fixé par les autorités locales, le jour d’administration de ce vaccin dans les établissements publics diffère notamment selon les villes.

La situation risque de s’aggraver avec l’annonce par la Coalition syndicale de la santé d’un boycott de tous les programmes de santé et des opérations chirurgicales à partir du 15 juillet au niveau des services de proximité, à savoir les centres de santé et les dispensaires.

Contacté par nous dans un précédent article, un membre de cette coalition nous a expliqué qu’il s’agissait des «programmes de vaccination ou de contrôle de la tuberculose et les autres, c’est-à-dire l’ensemble des programmes de santé réalisés par les professionnels de santé au niveau de ces structures locales et qui représentent 90% de leur travail.

Nos sources attirent ainsi l’attention sur les conséquences de ces retards qui concernent aussi d’autres vaccins. « Il faut être vigilant pour ne pas retomber dans le problème de la rougeole. « Pendant la période du Covid-19, plusieurs enfants n’avaient pas été vaccinés. Nous avons eu par la suite une petite épidémie dans la région de Souss-Massa. »

« Parmi le million d’enfants dont le statut vaccinal a été vérifié, 74 000 enfants n’ont pas été vaccinés contre la rougeole, ce qui est énorme », ajoutent nos interlocuteurs.

Contacté par Médias24 à ce sujet, le Dr Afif souligne qu’« il faut s’assurer que les enfants ont leurs vaccins », selon le calendrier national de vaccination. « Il faut donc relancer les enfants en retard de vaccination et surveiller strictement les carnets de vaccination ».

« C’est aussi grâce à la vaccination que nous avons pu éradiquer drastiquement plusieurs maladies, notamment le tétanos néonatal », ajoute le président d’Infovac.

En cas de retard et d’indisponibilité du personnel médical dans les centres locaux, les familles peuvent se tourner vers le secteur privé pour éviter de dépasser le délai d’un mois, puis poursuivre le reste du programme de vaccination dans le secteur public.

Le BCG obligatoire pour l’inscription des enfants à l’état civil

Outre les problèmes médicaux que ces retards peuvent engendrer, les familles peuvent également être confrontées à des problèmes administratifs.

En l’absence d’un certificat médical prouvant que l’enfant a été vacciné contre la tuberculoseles autorités locales refusent d’inscrire ces derniers à l’état civil.

Il faut également noter que ce vaccin est de retour dans les pharmacies depuis le mois de mars, après plusieurs mois de pénurie. Selon le Dr Said Afif, « le BCG est actuellement disponible dans les pharmacies. Il n’y a pas de pénurie. J’ai contacté récemment le directeur de l’Institut Pasteur à ce sujet, qui m’a assuré que le vaccin était disponible au Maroc ».

Le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens nous confirme que ce vaccin est actuellement « disponible en pharmacie ». « Ce vaccin, qui est importé, souffre cependant de perturbations assez fréquentes“, ajoute le Dr Hamza Guedira, “mais cela n’a rien de particulier par rapport à toute la problématique des pénuries de médicaments” à laquelle le Maroc est parfois confronté.

Et de conclure : « Nous sommes dans un secteur de pointe, qui subit beaucoup de pression au niveau mondial. Le Covid-19 a montré les limites du système adopté par l’industrie pharmaceutique à l’échelle mondiale. La dépendance vis-à-vis de l’Inde et de la Chine pour les matières premières s’élève à environ 95%. C’est pourquoi les pays occidentaux, ainsi que le Maroc, commencent à rapatrier la fabrication des matières premières dans leurs pays. »

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Kenza Khatla

3 juillet 2024 à 17h57

Modifié le 3 juillet 2024 à 18h15

 
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