États-Unis | Un studio chrétien en croisade contre la « culture éveillée » d’Hollywood

États-Unis | Un studio chrétien en croisade contre la « culture éveillée » d’Hollywood
États-Unis | Un studio chrétien en croisade contre la « culture éveillée » d’Hollywood

(Los Angeles) Exploiter les défauts d’Hollywood et de sa supposée « culture woke » : tel est le leitmotiv d’Angel Studios, maison de production chrétienne qui a cartonné l’été dernier avec le film Le son de la libertésalué par la droite américaine et les théoriciens du complot de QAnon.

André MARSZAL

Agence France-Presse

« Hollywood n’est qu’une bulle. Ils ne sont pas connectés au citoyen lambda», plaisante auprès de l’AFP Jordan Harmon, le co-fondateur du petit studio.

« Nous faisons des films pour les 90 % restants » des Américains, affirme-t-il.

Créé par quatre frères mormons dans l’Utah, terre conservatrice de l’Ouest américain, Angel Studios s’est fait connaître en rachetant Le son de la libertéun thriller sur la pédocriminalité dont la sortie a été initialement annulée par Disney.

Le film a créé la surprise au box-office mondial l’été dernier, avec 250 millions de dollars de recettes. Une performance quelque peu humiliante pour Disney, qui subissait en même temps l’échec commercial de son cinquième Indiana Jones.

Inspiré du combat d’un agent américain contre un petit réseau de trafic, Le son de la liberté s’est taillé une réputation sulfureuse, en raison de son discours très religieux sur la pédophilie et de son succès auprès des milieux complotistes, qui le brandissaient comme un étendard.

Mais pour M. Harmon, le phénomène révèle avant tout l’incapacité d’Hollywood à comprendre les « guerres culturelles » qui fracturent l’Amérique.

« Écouter le client »

Angel Studios a acquis le film via son modèle d’abonnement, dans lequel les abonnés votent sur les œuvres que la maison de production doit produire ou distribuer.

« Ce sont juste les bases de l’entrepreneuriat », explique le dirigeant. « Écoutez le client et agissez. »

À ses débuts, la société s’appelait VidAngel et promettait aux familles l’accès aux productions hollywoodiennes, censurées avec « des seins, du sang et des gros mots ».

Mais des litiges pour atteinte aux droits d’auteur la poussent à une refonte : la structure opte pour la production d’œuvres originales et choisit un nouveau nom.

Angel Studios a fait des thèmes chrétiens sa marque de fabrique. Son objectif affiché est de produire des histoires qui « amplifient la lumière », à l’image de la série L’élu sur la vie de Jésus-Christ.

Mais l’entreprise est controversée depuis le succès de Le son de la liberté.

Son modèle, qui permettait aux fans d’acheter des billets à des inconnus pour diffuser le message du film, a été accusé de gonfler artificiellement ses chiffres au box-office.

Les critiques se sont demandé comment la société avait réellement utilisé l’argent, ce qui a conduit Angel Studios à divulguer des détails sur les coûts et les bénéfices du film.

Salué par le mouvement QAnon, qui croit à l’existence d’un complot pédosataniste mis en œuvre par les élites américaines, le film a été accusé de colporter un message dangereux.

Il a également été critiqué pour ses exagérations sur la réalité du trafic de mineurs, représenté à travers une infiltration romancée de la mafia colombienne.

“Tout le monde l’a soudainement présenté comme un film de droite, alors qu’en réalité il n’y a rien qui penche bien”, rétorque M. Harmon.

« Très pro-vie »

Angel Studios mise désormais sur son prochain film, Sound of Hope : L’histoire de Possum Trot. Une œuvre structurée par un message militant.

Le long métrage, dont la sortie est prévue le week-end du 4 juillet – fête nationale américaine – est basé sur l’histoire vraie d’une petite ville du Texas, où 22 familles ont décidé d’adopter des enfants à risque pour compenser le manque d’accueil. familles dans les années 90.

Le film est « très, très pro-vie », résume M. Harmon, sans aborder directement la question de l’avortement.

Un message qui ne manquera pas de résonner, en pleine campagne présidentielle fortement marquée par les débats sur l’avortement.

Le studio travaille également sur un film d’animation sur le roi David pour l’année prochaine, et affirme vouloir « rivaliser avec Disney au plus haut niveau » dans ce domaine.

Car M. Harmon n’a pas de mots assez durs pour critiquer ce qu’il considère comme le « wokisme » du géant du divertissement, qui a notamment introduit des thématiques LGBT dans ses récentes séries. Star Wars : L’Acolyte.

La firme aux grandes oreilles s’est « discréditée » aux yeux des Américains, déplore-t-il. Selon lui, elle incarne un Hollywood qui « privilégie la politique au détriment du storytelling ».

 
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