« Nous n’avons jamais été aussi proches du lancement »

« Nous n’avons jamais été aussi proches du lancement »
« Nous n’avons jamais été aussi proches du lancement »

France – Selon le rapport de l’Organisation européenne contre le cancer publié le 13 mai, la France est en retard en matière de prévention et de dépistage du cancer du poumon par rapport à ses voisins européens.[1]. Mais cela pourrait changer prochainement : un appel d’offres pour la mise en place d’un essai clinique, préalable au déploiement d’un programme organisé de dépistage du cancer du poumon, devrait être lancé dans le courant du mois de juin.

Les décisions budgétaires en cours de finalisation

Souvent diagnostiqué à un stade tardif, le cancer du poumon est la tumeur maligne la plus mortelle en France, causant plus de 33 000 décès chaque année. En 2023, 52 777 nouveaux cas ont été estimés. Contrairement aux cancers colorectal, du sein et du col de l’utérus, il ne fait jusqu’à présent pas l’objet d’un programme de dépistage organisé en France.

Mais cela pourrait changer dans les années à venir. En fait, le Haute Autorité de Santé (HAS) a recommandé en 2022 l’engagement par l’Institut national du cancer (INCa) d’un programme pilote et la mise en place d’études complémentaires préalables à un tel programme.

“Actuellement, nous n’avons jamais été aussi proches de start-up”, assure le Pr Sébastien Couraud, chef du service de pneumologie à l’hôpital Lyon Sud. « Avec l’INCa, nous avons finalisé la rédaction d’un argumentaire scientifique qui permettra de lancer un appel d’offres dans les prochains jours. Les arbitrages budgétaires sont en train d’être finalisés, car le projet coûte cher, mais dès qu’ils seront terminés, l’appel d’offres pourra être publié. Les candidats auront ensuite jusqu’en septembre pour soumettre leurs projets.

Démarrage prévu début 2025

« C’est un appel d’offres qui sera national. L’idée sera de proposer un essai clinique impliquant des humains (RIPH). Ce n’était pas notre demande car cela complique les choses, mais elle a été arbitrée par l’ANSM. L’essai visera à établir les conditions d’un dépistage organisé. L’expérimentation pilote devrait démarrer début 2025 et durer 5 ans », explique-t-il.

Ce pilote devrait permettre à terme de couvrir l’ensemble de la France en centres de dépistage et permettre de dépister le public cible. « Nous estimons la population cible entre 3 et 4 millions de personnes. Il s’agit de personnes âgées de 50 à 75 ans, fumeuses depuis plus de 20 paquets-années (1 paquet-année = un paquet par jour pendant un an), soit plus de 15 cigarettes par jour depuis plus de 25 ans, soit plus de 10 par jour. depuis plus de 30 ans. A terme, nous estimons que les économies en coûts directs annuels (hospitalisation notamment) seraient de 4 millions d’euros par an. Le coût annuel du dépistage a été estimé à environ 225 millions d’euros », précise le pneumologue.

Sur les traces d’autres pays européens

Pour lui, les obstacles qui subsistaient pour le lancement de cette projection commencent à être levés. « La barrière scientifique n’existe plus, car le dépistage du cancer du poumon a un impact sur la mortalité globale, cela a été démontré dans une étude randomisée, ce qui est très rare. L’autre obstacle de principe est lié au fait que les autres dépistages fonctionnent peu en France, avec seulement 50 % de participation pour le cancer du sein et 32 ​​% pour le cancer du côlon. Cela pourrait décourager certains de vouloir relancer un nouveau front, mais le cancer du poumon reste la première cause de mortalité par cancer en France, donc l’intérêt est certain”, estime-t-il.

Actuellement, d’autres pays européens comme la Croatie, la Pologne et la République tchèque ont déjà mis en œuvre des programmes nationaux. « De plus, l’Angleterre a lancé un programme en juin 2023 et lancé un million d’invitations. Cela leur a déjà permis de détecter environ 3 000 cancers. Et l’Allemagne vient de voter pour un projet allant dans ce sens. La France n’est pas en avance, mais nous ne sommes pas encore les derniers”, assure-t-il.

Stratégie « Aller à »

Mob’Ilyad, un camion ambulant pour le dépistage du cancer du poumon

En Auvergne-Rhône-Alpes, un camion proposant un dépistage du cancer du poumon devrait prochainement sillonner les routes à la rencontre des populations vulnérables. « Il s’agit d’une démarche « d’aller vers » la population, pour lui apporter une intervention de santé publique. L’idée est de lever les obstacles à la vulnérabilité sociale, mais pas seulement. Il y a aussi des notions de gain de temps et d’opportunité pour le public », explique le professeur Couraud.

Ce camion comprendra non seulement un scanner à faible dose, mais également un spiromètre et proposera une consultation avec un tabacologue ainsi qu’une infirmière formée en promotion de la santé, qui pourra prendre la tension artérielle et peser le participant. «Nous pourrons regarder l’état des coronaires, évaluer l’emphysème ou encore le risque de BPCO», explique le professeur Couraud. « Nous mènerons une véritable action de prévention mondiale. » Financé par la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Agence régionale de santé, l’Union européenne, le laboratoire Astra Zeneca et le groupe Adene, le camion coûtera entre 1,6 et 1,9 millions d’euros. Il est actuellement en attente de fabrication et est attendu pour le premier trimestre 2025.

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