le groupe Kyo donne deux concerts au Théâtre de la Mer à Sète les 19 et 20 juin

le groupe Kyo donne deux concerts au Théâtre de la Mer à Sète les 19 et 20 juin
le groupe Kyo donne deux concerts au Théâtre de la Mer à Sète les 19 et 20 juin

Pour célébrer les 20 ans de « Chemin », son 2e album au succès phénoménal, le groupe Kyo est en tournée depuis l’année dernière. Avant ses deux dates au Théâtre de la Mer, à Sète, les 19 et 20 juin, son chanteur Benoît Poher revient sur ce disque, et sur leur son unique, à la fois énergique et émotionnel.

Avec le recul, comment trouvez-vous cet album « Le chemin » ?

A l’occasion de sa réédition, on s’y est vraiment replongé… Bien sûr, on joue les morceaux depuis des années, en tournée, on les a réarrangés plein de fois, mais réécouter les versions originales était très particulier, assez émouvant. Pour sa réédition, nous avons souhaité réaliser un bel objet pour les premiers fans, avec des inédits. Nous avons ajouté des reprises en duo pour ajouter de la fraîcheur artistique. Mais l’impact sur le public de cette réédition a dépassé nos espérances. On savait que The Path avait été important pour une génération, lors de sa sortie en 2003, mais tout a pris des proportions inattendues : il suffisait de faire un single pour fêter ses 20 ans avant de passer à l’album suivant… mais on s’est retrouvé faire cette tournée pour le public.

Avez-vous compris les raisons de son succès phénoménal ?

Nous avons regardé parce que c’est toujours intriguant… Mais pour une grande partie, le succès reste inexplicable. On fait une proposition artistique au moment précis où les gens le veulent, c’est quelque chose d’absolument impossible à maîtriser. C’est une réunion. Ce qui peut être frustrant pour le reste de votre carrière. Je me souviens d’une interview avec Robert Smith, de The Cure, dans laquelle il disait qu’ils avaient toujours l’impression de faire leur meilleur album quand quelque chose de nouveau sortait (ce qui est normal, on s’améliore, on a de l’expérience) et pourtant dans le cœur de les fans, rien ne vaut La tête sur la porte Ou Embrasse-moi, embrasse-moi, embrasse-moi… C’est ce qui arrive quand on rencontre vraiment le public, quand on touche une génération…

Alors je ne sais pas comment l’expliquer mais je sais que s’il y a des gens qui nous écoutent encore aujourd’hui c’est parce qu’on les a touchés étant adolescents. Lorsqu’on m’interroge sur l’album de l’île déserte, je sais que je ne choisirai jamais un album que j’ai adoré récemment, mais forcément celui que j’ai écouté trois millions de fois quand j’avais entre 15 et 20 ans. Lorsque nous sommes adolescents, la musique nous touche plus que jamais, elle nous identifie, nous rapproche, nous console, nous aide à nous construire. Si nous sommes encore là, vingt plus tard, c’est sans doute parce qu’il y a des gens pour qui Le Chemin est leur route vers l’île déserte.

Le fait qu’à la réécoute, on se rend compte que le son de Le Chemin a plus que bien vieilli, il est carrément actuel, très pop, mais avec de gros riffs, de gros kicks à la batterie…

C’est une histoire de cycles, j’imagine : en musique, les modes reviennent, même en milieu urbain il y a de plus en plus de guitares. Pour le son en lui-même de Le Chemin, il faut saluer le producteur François Delabrière qui a eu une influence majeure dans la définition du son de Kyo : un mélange de mélodies pop, de chanson française et de codes empruntés à tout ce que l’on écoutait ; indie, rock, métal… Normalement, quand quelque chose marche, les labels essaient toujours de trouver des artistes similaires mais avec Kyo, ça n’est pas arrivé, je ne vois rien qui lui ressemble. Si nous avions eu la chance de revenir après notre pause (qui a duré plus de huit ans – c’est long !), lors de la sortie de l’album L’équilibre (on n’a pas été malin d’ailleurs : est-ce qu’on se souviendra de nous ?), c’est aussi dû au fait qu’il n’y avait pas vraiment d’artistes dans le même esprit….

Ce mélange d’énergie et de sensibilité, qui est l’ADN de Kyo, est justement ce qui caractérise la nouvelle génération née après l’an 2000 !

Ce n’est pas faux. Si l’on prend un artiste comme Nuit incolore avec qui nous avons collaboré sur une reprise de Je cours. Entre lui et nous, c’était super fluide, la connexion s’est faite facilement, et on a co-écrit la chanson Rendez-vous qui apparaît sur son album. Les jeunes d’aujourd’hui ont effectivement cette sensibilité, ce côté superficiel, qu’on avait à l’époque.

Ce qu’on vous reprochait parfois, c’était trop de ceci, pas assez de cela…

Quand on était plus jeunes on y était sensible mais avec l’expérience, on s’en fiche, même si j’entends les critiques. Mais nous n’allons pas nous renier, nous sommes ainsi. Nous sommes des gars assez sensibles. Ce n’est pas toujours facile, en fait, de trouver son équilibre quand on est comme ça, mais bon… Quand je vois ce que j’écris pour le prochain album, ok, le champ lexical a évolué, beaucoup de choses ont changé, mais la sensibilité est toujours là. C’est hors de notre contrôle, c’est comme ça que nous sommes, point final.

Que pouvez-vous nous dire sur le prochain album ?

Nous étions censés le sortir beaucoup plus tôt mais nous sommes en tournée. Le côté positif est que nous disposons de plus de temps pour le peaufiner. Nous sommes bien avancés. Nous devrions retourner en studio en septembre pour sortir l’album à la veille de l’Accor Arena de Paris, ce que nous devons faire le 7 juin 2025. D’ici là, nous aurons de très nombreuses chansons. On est vraiment excités, et je vais parler comme Robert Smith : j’ai vraiment l’impression que ça va être un beau disque, je suis meilleur que jamais pour traduire dans mes paroles ce que je veux dire. J’ai très hâte de partager ses nouvelles chansons avec le public… et j’espère qu’ils seront d’accord avec moi !

Que vous réservez pour vos concerts au Théâtre de la Mer ?

Nous ferons d’abord Le chemin au complet, dans l’ordre. Ce n’est pas un concept qu’on a inventé, plein de groupes ont déjà fait des tournées anniversaire d’album, je l’ai vu, j’ai trouvé ça génial. Il n’y a pas d’effet de surprise, c’est sûr, mais une émotion particulière, liée à l’attente. Dans une deuxième partie, nous jouons des morceaux de notre répertoire dont nous savons qu’ils provoquent toujours un grand écho, un grand coup de pied… Au Théâtre de la Mer, ça va être génial. Nous y avons joué il y a vingt et un ans pour la tournée Le chemin, exactement. On ne se souvient pas de toutes les dates mais celle-là, oui, comme si c’était hier ! Ce lieu ! De plus, deux nuits, c’est classe. Nous aurons le temps de nager. D’ailleurs, lors d’un rendez-vous récemment, j’ai commis une erreur de débutant… après plus de vingt carrières : j’ai oublié mon maillot de bain. Cette fois, cela n’arrivera pas !

 
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