Le cancer du poumon reste plus élevé dans la région que dans le reste de la province

La Santé publique du Saguenay–Lac-Saint-Jean a tenu mercredi une séance d’information technique sur le portrait du cancer du poumon dans la région, semblable à celle qu’elle avait organisée l’an dernier sur le portrait du cancer. en général. Le cancer du poumon est le cancer le plus répandu. Il représente 18 % des cas, tous cancers confondus, mais 30 % de tous les décès par cancer.

«On estime qu’une personne sur 14 sera un jour atteinte d’un cancer du poumon au Québec», mentionne le Dr Martin Fortin, médecin-conseil en santé publique, qui a participé à la réalisation du portrait.

Doublement des cancers du poumon

Dans la région, le nombre de cancers a doublé en près de 30 ans, passant d’une moyenne annuelle de 218 cas pour la période de 1986 à 1990, à une moyenne de 413 cas entre 2016 et 2020. Parmi ces 413 cas, on enregistre, en moyenne, 249 décès annuels. Ces taux s’expliquent notamment par le vieillissement de la population, plus marqué au Saguenay–Lac-Saint-Jean que dans les autres régions.

C’est pourquoi les scientifiques préfèrent calculer le taux d’incidence standardisé, qui prendra en compte le nombre de cancers du poumon selon la tranche d’âge, et permettra ainsi de comparer avec d’autres régions. On remarque alors que le taux de cancer selon le groupe d’âge a tendance à diminuer depuis les années 1980 dans la région, pour atteindre le taux provincial, mais demeure tout de même plus élevé que dans les autres régions.

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Docteur Martin Fortin, médecin-conseil à la Santé publique. (Sophie Lavoie/Le Quotidien)

Par contre, le taux de mortalité standardisé a diminué au Saguenay pour la période la plus récente. Bien que le cancer du poumon survienne généralement chez les adultes de plus de 40 ans, ce sont les personnes âgées de 70 ans et plus qui représentent les taux d’incidence et de mortalité les plus élevés de la région. Les réseaux locaux de santé (RLS) de Jonquière et du Domaine-du-Roy affichent des taux nettement plus élevés que le reste du Québec.

Le Dr Martin Fortin souligne également que le taux d’incidence standardisé chez les femmes a augmenté, contrairement à celui des hommes qui connaît une tendance à la baisse. Malgré tout, ce taux de cancer par tranche d’âge chez les femmes reste inférieur à celui des hommes.

« Le taux de tabagisme était beaucoup plus élevé chez les hommes que chez les femmes, et les hommes ont commencé à arrêter avant les femmes. On a eu un retard chez les femmes à commencer à arrêter de fumer, elles sont plus nombreuses que les hommes et vieillissent », explique-t-il.

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(Sophie Lavoie/Le Quotidien)

Facteurs de risque

« On estime que 86 % des cancers du poumon sont imputables à des facteurs modifiables. »

— Dr Martin Fortin

Il existe différents facteurs de risque qui peuvent provoquer le cancer du poumon, à commencer par le premier en ligne, grand champion : le tabagisme, qui représente à lui seul près de 72 % des cas, même si le nombre de fumeurs adultes est passé de 30 % dans les années 2000 à 16 %. en 2018.

Grâce aux changements apportés aux politiques de santé, aux interventions de la Santé publique et de divers médecins et infirmières, le tabagisme est en baisse constante au cours des dernières années.

« Quand on parle du risque de cancer du poumon lié au tabac, il faut parler de période de latence ; il faut plusieurs années d’exposition pour éventuellement développer un cancer du poumon. Ce que nous mesurons aujourd’hui est le résultat de ce qui s’est passé il y a 20, 30 ou 40 ans.

— Dr Martin Fortin

L’exposition au radon est décrite comme étant le deuxième facteur, après le tabac, responsable de 7 % des cancers du poumon. La pollution atmosphérique et la mauvaise qualité de l’air seraient également des facteurs aggravants.

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La Santé publique régionale a présenté mercredi un portrait du cancer du poumon. De gauche à droite : Dr Martin Fortin, Dr Donald Aubin et Dr Jean-François Betala, médecin spécialisé en santé communautaire. (Sophie Lavoie/Le Quotidien)

La sédentarité (jusqu’à 11 %) et une alimentation pauvre en fruits et légumes (entre 2 et 6 %) peuvent également influencer l’émergence du cancer du poumon.

Enfin, certains travailleurs sont exposés sur leur lieu de travail à des substances telles que l’amiante, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les gaz d’échappement des moteurs diesel, la silice cristalline, le nickel, le chrome, le radon et la fumée secondaire. Le Dr Fortin estime que ces expositions professionnelles représentent 45 cas au Saguenay, soit 2 % du nombre total de cancers du poumon dans la région.

Ces facteurs de risque liés aux habitudes de vie sont dits modifiables, mais il existe également d’autres facteurs de risque non modifiables, comme des antécédents familiaux, des mutations génétiques, un système immunitaire déficient, une origine ethnique ou une autre maladie pulmonaire antérieure.

Mais les inégalités socio-économiques peuvent également entrer en jeu. En effet, les chercheurs ont découvert un gradient qui désavantage les personnes à faible revenu ou peu instruites.

Vapotage et cannabis

>>>Les effets du vapotage sur le cancer du poumon ne sont pas encore connus, mais pourraient réserver des surprises à l’avenir.>>>

Les effets du vapotage sur le cancer du poumon ne sont pas encore connus, mais pourraient réserver des surprises à l’avenir. (Les archives)

Les effets à long terme du vapotage n’ont pas encore été étudiés. Selon les scientifiques, il est possible que l’effet cancérigène soit moindre que pour les cigarettes, car la composition chimique est différente, mais cela reste encore à démontrer. Même constat pour le cannabis.

« Nous savons que lorsque nous passons des cigarettes au vapotage, nous sommes plus susceptibles de revenir aux cigarettes et nous savons qu’il existe de nombreux éléments communs dans les produits de combustion entre les cigarettes et le vapotage. Le risque de cancer pourrait diminuer avec le vapotage, mais il se pourrait aussi qu’il ne change pas non plus. Il faudra plusieurs années avant de voir des résultats», affirme le Dr Fortin.

Pour continuer à réduire le nombre de cas de cancer, nous devons poursuivre la lutte contre le tabagisme, améliorer la sécurité alimentaire, développer les infrastructures pour les déplacements actifs, promouvoir encore davantage l’activité physique et les loisirs, réduire les inégalités sociales de santé et adopter des politiques pour une meilleure qualité de l’air. pour réduire les risques pour la santé.

 
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