Âge de la ménopause et premières règles

Âge de la ménopause et premières règles
Âge de la ménopause et premières règles

(Montréal) Les niveaux sanguins d’acides gras tels que les oméga-3 et les oméga-6 jouent un rôle dans l’âge des premières règles et de la ménopause, selon une étude dirigée par le Dr.D Despoina Manousaki, endocrinologue et chercheuse au CHU Sainte-Justine.

Catherine Desautels

- Canadienne

Cette découverte pourrait avoir un effet bénéfique pour les femmes ayant une puberté précoce ou une ménopause.

Le DD Manousaki et son équipe soutiennent l’hypothèse selon laquelle les suppléments d’oméga-3 et d’oméga-6 pourraient protéger celles qui sont plus à risque d’être ménopausées à un jeune âge.

L’âge moyen de la ménopause est de 50 ans. On parle de ménopause précoce à partir de 45 ans et de ménopause précoce avant 40 ans, explique D.D Manousaki.

Pour valider les bénéfices des acides gras dans ce contexte, des études cliniques sont cependant nécessaires. “Nous ne pouvons pas conclure cela sur la base de nos données, mais ce sont sûrement des preuves supplémentaires qui soutiennent ce type d’études qui sont essentielles avant de pouvoir conclure qu’en fait une supplémentation en oméga-3 ou en oméga-6 peut avoir un effet bénéfique”, » a indiqué le chercheur.

Ses résultats pourraient faire avancer les choses. « Par exemple, si une société pharmaceutique devait investir dans un essai clinique randomisé, nous devons avoir la preuve que cet essai randomisé apportera les résultats escomptés », explique-t-elle. De futurs essais cliniques pourraient s’appuyer sur son étude.

Si les sociétés pharmaceutiques s’intéressent davantage au rôle des acides gras, cela pourrait changer la vie de millions de femmes dans le monde. En validant ces bénéfices sur la ménopause, les femmes auraient accès à une intervention peu coûteuse améliorant leur santé.

Les effets de l’obésité

Les résultats du DD Manousaki et son équipe s’appuient sur l’analyse d’une base de données comprenant des centaines de milliers de femmes. Ces cohortes issues d’une collaboration internationale ont pu fournir des informations génétiques et des données cliniques.

“Notre objectif était d’identifier des métabolites, c’est-à-dire des substances qui sont des produits du métabolisme et qui circulent dans le sang, sur la longévité de la capacité reproductive des femmes, qui est définie par l’âge des premières règles, ce qu’on appelle l’âge menstruel, et l’âge de la ménopause », décrit DD Manousaki.

Elle a également étudié l’impact de l’obésité sur la puberté et la ménopause. “Nous avons fait cela parce que nous savons que le surpoids prédispose à une puberté précoce chez les filles (et) des études ont établi un lien entre l’obésité et la ménopause précoce”, explique le chercheur.

Concernant l’âge des premières règles, elle a découvert un effet probable du surpoids qui expliquerait le lien entre ce métabolite et l’âge du ménage. “Ces acides aminés pourraient retarder l’âge des premières règles”, dit-elle. En même temps, […] puisqu’il y a un effet d’obésité que l’on retrouve dans cette association, je dirais que nous avons moins de preuves qu’une supplémentation sur les petites filles pourrait les protéger contre une puberté précoce. »

L’âge moyen des premières règles chez les filles est de 12,5 ans, mais un âge compris entre 10 et 15 ans peut être considéré comme normal.

Il existe d’autres facteurs qui influencent l’âge des premières règles et de la ménopause, notamment la génétique. Les filles dont les membres de la famille ont eu une puberté précoce y sont également prédisposées, et il en va de même pour la ménopause.

Certaines maladies ou médicaments peuvent également interférer avec le processus physiologique. La nutrition, l’exercice physique et d’autres habitudes de vie ont également un impact. D’autres facteurs comme les perturbateurs endocriniens ou d’autres substances présentes dans le plastique, les aliments et l’environnement en général peuvent avoir un effet sur l’âge de la puberté des filles et des garçons.

Il existe de plus en plus de preuves selon lesquelles la ménopause ou les grossesses précoces ont des effets néfastes sur la santé, a déclaré D.D Manousaki. Par exemple, les risques de développer des problèmes psychologiques, des problèmes de croissance, des maladies cardiométaboliques ou certains types de cancer sont accrus.

« Ces connaissances renforcent l’importance de mener des études pour tester l’efficacité de certaines interventions pour modifier la longévité reproductive des femmes », conclut la chercheuse.

Le contenu sur la santé de - Canadienne est financé grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. - Canadienne est seule responsable des choix éditoriaux.

 
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