Un virus responsable du diabète de type 1 ? – .

Un virus responsable du diabète de type 1 ? – .
Un virus responsable du diabète de type 1 ? – .

Une équipe de chercheurs de l’hôpital Cochin et de l’Inserm a publié une étude montrant le lien entre le diabète de type 1 et l’infection par le virus Coxsackie B.

Pourquoi la découverte du lien entre ce virus et cette maladie est-elle si importante ?

Diabète

Le diabète de type 1 touche plus de 8 millions de personnes dans le monde, avec une augmentation de 70 % en trois ans. Elle affecte les patients dès l’enfance et est permanente. L’organisme commence à produire des anticorps pour détruire une partie de lui-même : c’est ce qu’on appelle une maladie auto-immune (l’immunité se retourne contre l’organisme au lieu de s’attaquer aux microbes venus de l’extérieur). La partie de lui-même que le corps veut détruire est le pancréas, au milieu de notre abdomen.

Le rôle du pancréas est de produire un certain nombre d’hormones, notamment l’insuline, une hormone qui circule dans notre sang et permet au sucre que nous avons ingéré de pénétrer dans nos cellules. C’est grâce à ce sucre que la cellule produit son énergie pour fonctionner : c’est son carburant.

Conséquences

Si nos anticorps détruisent la partie du pancréas qui produit l’insuline, deux choses se produisent. Le sucre ne peut pas pénétrer dans les cellules, qui sont obligées de brûler les graisses corporelles pour produire de l’énergie. Ce faisant, ils libèrent des corps cétoniques qui provoquent une acidification du sang, pouvant entraîner des vomissements, des douleurs abdominales ou un coma. Et le sucre s’accumule dans le sang, puis finit par « déborder » en étant éliminé dans les urines ; cela provoque un déséquilibre dans l’hydratation et la concentration de nombreux éléments dans le sang.

C’est souvent grâce à l’association de ces signes que l’on découvre la maladie : envie de boire plus, envie d’uriner plus, envie de manger plus, et pourtant perte de poids.

Traitement

Le diabète est traité en injectant chaque jour de l’insuline dans l’organisme à intervalles réguliers de diverses manières pour compléter le pancréas déficient. Cette maladie est permanente, et les patients devront mesurer leur glycémie régulièrement tout au long de leur vie en se piquant le bout des doigts et adapter leurs injections d’insuline.

Retour à l’étude

L’équipe Cochin vient de montrer que la destruction des cellules pancréatiques est la conséquence d’une infection par le virus coxsackie B (CVB). Cette dernière est très courante, puisque plus de 90 % de la population l’a déjà attrapée ; ses symptômes ressemblent à ceux de la grippe.

Il se cache spécifiquement dans les cellules du pancréas et les détruit en douceur. Chez certains patients dont les défenses immunitaires sont moins efficaces, l’infection à CVB se prolonge et provoque une réaction immunitaire, non pas contre le virus, mais contre le pancréas. Et cela déclenche donc le diabète.

Connaître ce mécanisme permet de surveiller et de mieux soigner les patients à risque de diabète, mais aussi d’envisager la fabrication d’un vaccin pour protéger la population de ce virus et réduire la maladie. Cela démontre enfin le lien entre certaines infections virales et certaines maladies auto-immunes. Pour lutter contre ces dernières, nous pourrons agir sur les causes, avant même qu’elles n’apparaissent.

Dr Anne-Sophie Biclet

Nouvelles n°177 – 29 mai 2024

 
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