La « Belle vie » de Santrinos Raphaël – RFI Musique

La « Belle vie » de Santrinos Raphaël – RFI Musique
La « Belle vie » de Santrinos Raphaël – RFI Musique

RFI Musique : Compte tenu du titre de votre album, nous souhaitons savoir d’emblée quelle est votre définition d’un Belle vie ?

Santrinos Raphaël : À mon avis, la meilleure vie que l’on puisse avoir est de pouvoir profiter du peu que l’on a, de vivre dans le présent et de ne se comparer à personne, car parfois on pense que les autres ont une vie plus belle que la nôtre. Alors qu’en réalité, ces gens donneraient tout pour être à notre place. Et donc, c’est un peu la philosophie de l’album.

On s’en rend compte quand on écoute la chanson Belle vie, qui est la deuxième piste de cet album de 15 pistes. Vous n’aviez pas peur que certains titres soients’échapper à l’attention du public ? Puisque la musique se consomme très vite aujourd’hui…

La réalité aujourd’hui est que j’opère sur deux marchés. Il y a d’abord notre marché local, c’est le marché national. Ensuite, il y a le marché international. Ma cible diffère lorsque je sors un projet majeur comme un nouvel album. Ce ne sont pas les mêmes consommateurs. Il faut donc que tout le monde puisse s’identifier à ma musique. Au moins dans ce projet. Pour trouver ce juste milieu, il ne faut pas hésiter à faire bien plus. Personnellement, je préfère condenser mes chansons en albums car les titres individuels ne sont pas forcément comptés alors que les albums restent dans le temps et sont là. Après, cela dépend de chaque personne. Mais pour moi, ma stratégie a toujours été la sortie d’albums. Et le troisième album a été bien accueilli et tout se passe très bien.

C’est à cause de cette réalité des deux marchés que votre album Belle vie contient six collaborations avec des artistes internationaux ?

Oui, effectivement et cela explique ce que je viens de dire un peu plus haut. Il y a Goulam des Comores, Lil Jay Bingerack de Côte d’Ivoire, Hiro du Congo et même Emma’a du Gabon. Et il y a aussi des artistes nationaux comme Sethlo et King Mensah. Chaque collaboration est un morceau fort qui mérite d’être clippé. Mais pour l’instant, je continue de promouvoir le titre Belle vie dont le clip est sorti en avril. Sinon, il y a Do Ré Mi avec Lil Jay qui vient de sortir. Et à cause de nos horaires différents, c’est difficile de tout organiser. Mais je veux terminer la vidéo avec Hiro pour que le clip sorte début juin.

On peut considérer Belle vie comme l’album de la maturité alors ?

Totalement! Le thème est également différent. Dans le premier album Crois en moi, c’était le début de ma carrière, alors j’ai demandé à tous ceux qui écoutaient ma musique de croire en mon étoile. Et ils ont cru en moi. Ensuite, sur le deuxième album, Crise cardiaquec’est l’album sur lequel on retrouve La maladie d’amour, Camarade et bien d’autres titres qui ont confirmé mon succès populaire auprès du public. J’ai décidé de partager ma philosophie, ma façon de voir la vie, la façon dont je pense que chacun devrait le faire pour avoir la paix intérieure et mieux comprendre les choses. Dans le troisième album, j’ai pris le temps de discuter avec mon entourage et j’ai compris que le bonheur a une définition qui varie d’une personne à l’autre. Les gens ne sont pas toujours heureux malgré les apparences et il n’y a pas d’erreur possible. Alors tu vois que cet album Belle vie, c’est dire aux gens que le vrai bonheur consiste à profiter de notre vie quotidienne. Tout simplement.

Et votre public a grandi avec vous ?

Oui, mon public a compris que je ne pouvais pas chanter les chansons tout le temps. “Je t’aime Je t’aime !” (des rires). Il faut aussi apporter quelque chose pour la vie. Belle vie est un album qui parle aussi de résilience. Au-delà de l’amour, c’est un témoignage de vie. Je m’inspire de mon environnement social, de ma famille et de mes expériences. Cela permet aux gens de s’identifier plus facilement à mes chansons. Ils ont l’impression que je raconte leur histoire et cela touche beaucoup de monde.

C’est un projet pour lequel vous avez énormément donné de vous-même. Comment s’est passé l’enregistrement et la création des chansons ?

Nous avons donc enregistré la première partie de l’album à Lomé. J’ai quand même pris le temps de contacter d’autres arrangeurs et compositeurs que ceux avec qui je travaille habituellement. Nous avons fait un séminaire à Paris pendant trois semaines où j’ai travaillé avec Biggie Joe et Aznar. Mon équipe et moi investissons un peu plus d’argent pour avoir des produits de qualité et d’autres styles améliorés qui répondent aux normes internationales de l’album. C’est aussi lors de mon séjour à Paris que j’ai enregistré le vedettes avec Goulam et Hiro.

Et aujourd’hui, àeEn numérique, avez-vous choisi de sortir votre album sur CD physique ?

C’est un choix stratégique, car il y a toujours des gens qui aiment avoir des collections de CD parce qu’ils ont le plaisir de toucher la musique, en tant que produit. Ils le gardent et ils l’aiment. Et puis cela permet d’organiser des séances de dédicaces ou encore de gagner des albums en ligne. Tout cela permet de construire un véritable système de communication autour de la sortie. Nous avons également fabriqué des clés USB, car tout le monde n’a pas d’appareil pour lire des disques.

Et le label Belifornia Records, votre nouveau projet d’entrepreneur ?

Le nom du label est Belifornia. Je me suis simplement inspiré du quartier dans lequel j’ai grandi à Lomé, Belfort. Melo Records est la société qui distribue notre musique. Elle est basée au Canada. Depuis 2023, je suis autoproducteur. J’ai donc décidé de créer mon label. Aujourd’hui, la vision que j’ai, c’est de pouvoir apporter quelque chose de plus à l’industrie musicale togolaise : c’est d’encourager les jeunes, de développer notre industrie grâce à nos expériences et aux contacts que nous avons. Le premier album du label est de moi, car je suis aussi le premier artiste. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’autoproduction n’est pas du tout facile car en même temps, il faut gérer. Vous êtes le directeur du label, non seulement de vos projets, mais aussi de l’entreprise. Cela demande beaucoup, beaucoup d’investissement. Mais c’est bien aussi car cela me permet de me former, de pouvoir gérer l’entreprise et de développer plus facilement les talents que je vais signer. En même temps, cela me permet de mettre en pratique ce que j’ai appris à l’école, car même si j’ai terminé mes années de master [en commerce international option marketing-communication, NDLR], j’ai encore ma soutenance prochainement pour obtenir mon diplôme. C’est un défi que j’aime relever.

Santrinos Raphaël Belle vie (Records de Biélorussie) 2025

Facebook/Instagram/YouTube

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

NEXT Valady. Jean Couet-Guichot et Gaya Wisniewski, deux artistes en résidence dans la région