Yann Arthus-Bertrand installe son atelier itinérant à Saint-Brieuc

Yann Arthus-Bertrand installe son atelier itinérant à Saint-Brieuc
Yann Arthus-Bertrand installe son atelier itinérant à Saint-Brieuc

Yann Arthus-Bertrand, parlez-nous de votre projet « Les Français et ceux qui vivent en France ». Que recherchez-vous à travers ce travail photographique auprès de la population ?

C’est un projet lancé il y a une trentaine d’années pour L’Express mais qui a démarré doucement. Après avoir pris entre 200 et 300 photos pour ce journal, j’ai mis ce projet entre parenthèses, tout en le gardant dans un coin de ma tête. Entre-temps, j’ai réalisé « La Terre vue du ciel », des émissions de télévision, des films.
Puis il y a deux ans, j’ai eu envie de revenir à la photographie. J’ai rencontré Hervé Le Bras, démographe de renom, et j’ai décidé d’aller au bout de ce travail. J’aime ces projets qui nous dépassent. Nous sommes un peu prétentieux, voire mégalo (il rit). Mais l’idée est de photographier les Français. Nous en avons déjà photographié 17 000 à travers la France dans ces studios mobiles. Une grande exposition est prévue fin 2025 à Paris et dans les villes où nous nous sommes arrêtés. L’idée est de donner du corps aux chiffres de l’Insee, de faire le point sur la France aujourd’hui, en photos et en texte.

J’aime photographier la France régionale, il y a un optimisme, un sourire. Des gens qui n’ont aucun cynisme. Qui arrivent heureux, entourés d’amour et qui ont envie d’être photographiés. Dans le studio, il y a une sorte d’ambiance incroyable. Aujourd’hui, j’ai l’impression de préférer photographier les gens plutôt que les paysages. Cela me touche davantage, me procure plus d’émotion. Et contrairement aux paysages, ils m’envoient des commentaires. Ils m’envoient de l’amour et je leur en donne.

Pourquoi avoir choisi de vous arrêter à Saint-Brieuc ?

Parce qu’il y a la pêche, parce que j’aime les Côtes-d’Armor, où j’ai une maison familiale. Je voulais la Bretagne. On aurait pu aller à Brest, ou à Rennes, mais j’ai décidé que ce serait Saint-Brieuc.

Avez-vous d’autres projets en cours ?

(Il rit) Oui, j’en ai beaucoup. Je prépare un film qui s’appelle « La France, une histoire d’amour », pour lequel nous avons rencontré du monde. J’ai également créé une réserve « rewild » de 30 hectares près de chez moi dans laquelle on laisse la nature sans action humaine et on observe comment elle s’adapte au changement climatique. Et puis j’ai deux ou trois films en cours, dont un qui parle de la violence que l’homme inflige à la vie sur terre. Je parle de pesticides comme le Hamas parce que, pour moi, c’est une violence contre la vie. Ce qui est un peu compliqué car, évidemment, ce n’est pas très facile de mélanger agriculture et guerre.

 
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