“Ôss”, la fantastique croisière dansante de Marlene Monteiro Freitas – rts.ch – .

“Ôss”, la fantastique croisière dansante de Marlene Monteiro Freitas – rts.ch – .
“Ôss”, la fantastique croisière dansante de Marlene Monteiro Freitas – rts.ch – .

Au théâtre de Vidy-Lausanne les 25 et 26 mai, la chorégraphe cap-verdienne Marlene Monteiro Freitas présente sa dernière création intitulée « Ôss », avec la troupe d’artistes handicapés Dançando com a diferença. Une révélation.

« Ôss » se traduit par « Oh ! » A prononcer la bouche grande ouverte en signe d’étonnement et d’enthousiasme. Devant nous, il se passe quelque chose d’incroyable, jamais ou rarement vu et on peut légitimement s’exclamer « Oss !

Seule ou à la tête de sa compagnie, la danseuse et chorégraphe Marlene Monteiro Freitas n’est pas du genre douce ou sage et tranquille. Dans son cas, c’est un poltergeist dada-vaudou-carnavalesque-créole-surréaliste qui agite et bouscule ses créations, qui semblent n’avoir d’autres limites que celles, mécaniques, de notre corps. Récemment venue à l’ADC de Genève et Vidy-Lausanne avec deux batteurs époustouflants, elle incarne sur scène une armée de personnages qui semblent tout droit sortis des tableaux de Jérôme Bosch. On l’appelait « Guintche ». Une guinche de Saint-Guy assurément, délicieusement orgiaque et extravertie.

Cadres et clichés qui explosent

La voici de retour avec « Ôss », même esprit, d’autres interprètes. Marlene Monteiro Freitas reste en coulisses et ce sont les neuf artistes de la compagnie Dançando com a diferença qui animent la scène. Un premier point commun avec leur chorégraphe : l’insularité et le langage. La troupe est originaire de Madère, cette cousine volcanique lusophone de l’archipel cap-verdien. Un deuxième point commun : l’envie de faire exploser les cadres et les clichés.

Les neuf interprètes de cette compagnie sont handicapés. Toutes sortes de handicaps, plus ou moins visibles ou impactants lorsqu’il s’agit de créer un spectacle de danse. Il peut s’agir par exemple de jambes manquantes, du syndrome de Down ou de muscles incontrôlables. Précisons, et c’est un point important, que ces artistes sont avant tout des professionnels, tous rompus au rythme des créations chorégraphiques et des tournées. Alors qu’elle joue dans « Ôss », la compagnie Dançando com a diferença vient de collaborer dans ce même théâtre de Vidy-Lausanne avec La Ribot pour créer « Happy Island ».

Le Dançando avec une troupe diferença dans le spectacle « Ôss ». [Laurent Philippe/divergence-imag – Laurent Philippe]

Force et fragilité de notre corps

Que nous dit « Ôss » ? Il s’agit de la force et de la fragilité de notre corps et de notre esprit. On a l’impression de monter à bord d’un paquebot de croisière avec son équipage tout de blanc vêtu et ses rituels quotidiens, de la cloche du déjeuner au ballet des stewards. Sur ce navire, il y a aussi une infirmerie où tous les maux sont soignés et une salle de spectacle où chacun peut lâcher les chiens. Et comme dans une célèbre série télévisée américaine, il y a bien sûr des histoires d’amour à bord. Cette interprétation en vaut une autre. Proposée à Marlene Monteiro Freitas, elle a reçu un éclat de rire pour validation.

Au Festival Theaterspektakel de Zurich, où « Ôss » a joué l’automne dernier, le public a d’abord été stupéfait par cette proposition extraordinaire, avant d’offrir une standing ovation à l’ensemble de la troupe. Oui, cette création est définitivement « oh ! ».

Thierry Sartoretti/ld

« Ôss » de Marlene Monteiro Freitas, avec la troupe Dançando com a diferença, Théâtre Vidy-Lausanne (VD), les 25 et 26 mai 2024.

 
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