L’écrivain Zadig Hamroune est revenu à Caen pour chasser ses démons

L’écrivain Zadig Hamroune est revenu à Caen pour chasser ses démons
L’écrivain Zadig Hamroune est revenu à Caen pour chasser ses démons

Par

Christophe Jacquet

Publié le

24 mai 2024 à 18h36

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Zadig Hamroune bien qu’ayant (re)fait Caen (Calvados) son port d’attache, il semble voyager tout le temps. Entre Paris, Rome, l’Argentine, la campagne normande. L’écrivain, 43 ansePrix ​​Littéraire de la Ville de Caen, invité du salon du livre Époque ce samedi 25 et dimanche 26 mai 2024, n’est jamais là où on l’attend. Là où ses origines sociales pourraient l’assigner.

Représenté en « singe savant », enfant, à Hérouville

Pour quoi ? L’auteur de La nuit barbare (Éditions Emmanuelle Collas) tranche la question après une heure d’entretien, caché chez lui dans un quartier historique de Caen, toujours en décalage horaire. « J’ai toujours eu l’impression de ne pas avoir ma place. »

Dépaysé, enfant, dans le quartier Montmorency d’Hérouville Saint-Clair – « l’enclave ouvrière de Saviem ». Ce fils d’émigrés algériens« analphabètes mais pas incultes », lointains héritiers de « la noblesse berbère », se sentaient « un peu mis à l’écart », « un peu exhibés comme un singe savant ».

Tout ça parce queil savait lire dès la maternellequ’il a commencé à écrire des poèmes « à peine 6 ans » et s’est plongé dans les sœurs Brontë et Flaubert au collège ?

Libre de vivre à Paris

Dépaysé à l’adolescence, malgré un « passage décisif » au collège expérimental (CLE), plus haut à Hérouville. « Je n’étais pas dans ma communauté », dit-il, assis sur son canapé, entre les tableaux d’amis artistes.

J’avais une sorte d’instinct de survie. Si je ne quittais pas cette famille, j’allais me faire manger.

Zadig Hamroune, écrivain caennais

Doux départ irrépressibleà 17 ans, à Paris être « libre de vivre ce que je voulais » : l’homosexualité (ce qui l’a amené à militer pour Act Up et Le Refuge), le goût de la peinture, du théâtre, de l’opéra, etc.

Avec dans ses bagages, un premier roman, envoyé au Seuil et à la figure tutélaire de l’époque, Philippe Sollers. « Il m’a dit : tu as du style et du talent. Cela sera encore plus difficile à reconnaître. » Peu importe pour Zadig Hamroune : « Être publié n’était pas mon souci à l’époque. Je voulais être enseignant. »

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«J’ai payé ma dette à l’école»

Pas à sa place, après 40 ans, dans l’Éducation nationale. Lui, qui se considère comme « un enfant de l’école de la République », a enseigné l’anglais pendant 15 ans dans une ZEP, par « choix ».

Avec sa propre méthode. « Je suis partie du monde des étudiants et je suis allée vers des choses qu’ils ne connaissaient pas. J’essayais de partager mes passions, mais le système est fermé aux idées nouvelles. »

Est-ce la crise de la quarantaine ? Zadig Hamroune claque la porte de la classe. « J’ai eu l’impression d’avoir rendu à l’école ce qu’elle m’avait donné, d’avoir payé ma dette. »

Il se livre à l’écriture. « Cela a demandé beaucoup de travail et de temps. » Par hasard, il peut confier à « un ami éditeur » le texte qui deviendra son premier roman publié, Le pain de l’exil, dans une maison satellite à Gallimard, La Table Ronde. C’est là que l’auteur novice a eu un « coup de foudre amical » avec Françoise de Maulde, sa relectrice et confidente.

C’est en effet une constante dans le parcours zigzag, peuplé de fantômes, de Zadig Hamroune. «J’ai toujours trouvé sur mon chemin des gens qui m’ont poussé. » De sa sœur aînée qui « a mis le pied dans la porte » en lui prêtant Madame Bovary à la productrice de France Inter, Zoé Varier, via cette voisine associée de lettres, qui a « détecté [son] goût pour la poésie.

Retour à Caen « sur les lieux d’un traumatisme refoulé »

L’écrivain voyageur se sentait d’autant plus seul, en pleine crise sanitaire. « Je ne supportais plus Paris. ” Il le devait retourner à Caen pour chasser ses démons. Avec son dernier roman, La nuit barbare, il s’oriente « vraiment vers l’autofiction ». Pour le créer, il a dû « retour sur les lieux du traumatisme refoulé depuis 40 ans » :

Ce roman, c’est mon enfance.

Zadig Hamroune, écrivain caennais

Et, à 57 ans, alors qu’il semble enfin avoir fait la paix, Zadig Hamroune fourmille de projets. Même entrer en politique le chatouille.

Pratique. Zadig Hamroune au festival du livre Époque de Caen (Calvados) : grande conférence samedi 25 mai, à 14 heures, à l’auditorium du Conservatoire, rue du Carel ; table ronde sur « l’éloge de la liberté » dimanche 26 mai, à 11h30, au même endroit. ENTRÉE LIBRE.

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