pourquoi l’Académie de médecine et l’OMS veulent modifier sa formule

pourquoi l’Académie de médecine et l’OMS veulent modifier sa formule
pourquoi l’Académie de médecine et l’OMS veulent modifier sa formule

Dans une communication datée du mardi 21 mai, l’Académie de médecine fait sienne une recommandation de l’Organisation mondiale de la santé sur le vaccin contre la grippe. Elle plaide pour un changement de formule reflétant l’évolution du virus.

Vers une petite révolution dans les vaccins contre la grippe. Ce mardi 21 mai, l’Académie de médecine a affiché son soutien à une recommandation émise par l’Organisation mondiale de la santé, concernant une modification de la composition du produit pharmaceutique.

L’Académie espère que, « dès la prochaine campagne de vaccination », des vaccins dits « trivalents » seront injectés aux patients. Mais de quoi parle-t-on ?

Si l’on parle couramment de vaccin « grippe », les produits pharmaceutiques commercialisés en France protègent en réalité contre quatre souches du virus : une souche A/(H1N1), une souche A/(H3N2) et deux souches B. (Victoria et Yamagata). C’est pour cela qu’on parle de vaccins dits « quadrivalents ».

Une souche étouffée par les gestes barrière

Le changement : les prochains vaccins ne seront plus dirigés contre la souche Yamagata, dont la prise en compte était demandée par l’OMS depuis 2012. La raison est simple : “Ce virus a disparu de la planète”, comme l’explique à BFMTV.com Bruno Lina, professeur de virologie au CHU de Lyon.

À l’hiver 2020, alors que le monde luttait contre la pandémie de Covid-19, les mesures sanitaires ont contribué à effondrer la circulation du virus de la grippe. Confinement, masques, couvre-feu… Les mesures ont endigué le nombre de cas cet hiver-là, et ont permis l’éradication apparente de la souche en question.

« Depuis 2020, la surveillance mondiale n’a détecté qu’une cinquantaine de cas de virus, dont la plupart étaient dus à des vaccinations utilisant des vaccins vivants », précise Bruno Lina, soulignant que ces vaccins « vivants » destinés aux enfants ne sont pas utilisés en France.

Depuis que la souche a disparu, il n’est plus nécessaire de s’en protéger. « Ce n’est pas un pas en arrière. Nous adaptons la composition des vaccins à la circulation des virus pour être au plus près des besoins », insiste-t-il.

Contraintes réglementaires

Même si l’OMS a émis sa recommandation il y a plusieurs mois, le changement ne devrait pas se faire du jour au lendemain. Pour commercialiser cette nouvelle formule, les laboratoires pharmaceutiques devront déposer des dossiers auprès des autorités réglementaires.

Dans le cas de la France, il faudra obtenir l’accord de l’Agence européenne des médicaments (EMA) et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Mais l’application de ce changement à partir d’octobre semble compliquée et il faudrait donc attendre la campagne suivante. Aux États-Unis, ce changement est déjà applicable.

En attendant la résolution des problèmes administratifs, le vaccin actuel n’est pas remis en question. Il reste efficace, sûr et nécessaire, notamment pour les plus vulnérables. Mais un changement devra encore avoir lieu dans les années à venir.

“Avec un peu de malchance, on pourrait imaginer que le virus recommencerait à circuler alors qu’il avait disparu, car on aurait continué à utiliser le vaccin vivant”, prévient le virologue. Même avec une faible probabilité : mieux vaut prévenir que guérir.

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