Pour le droit d’exister

Pour le droit d’exister
Pour le droit d’exister

Pour le droit d’exister

Marius Diserens – Consultant équité, diversité, inclusion, élu Vert à Nyon

Publié aujourd’hui à 6h37

La Constitution est claire sur le principe de l’équité juridique puisqu’elle s’ouvre par la phrase suivante : « Les cantons et le peuple suisses […] déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité. Pourquoi alors la victoire de l’exceptionnel Nemo, personnage non binaire, à l’Eurovision, suscite-t-elle à la fois la colère et les éloges de la population, qui, comme d’habitude sur ces questions, est déchirée ?

Mettre ce sujet à l’agenda politique fait sens puisque nous venons de célébrer, le 17 mai, la Journée internationale contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie. Cette dernière forme de discrimination qui non seulement n’est pas répréhensible pénalement, mais prend des proportions folles avec la propagation de discours transphobes, fondés sur la désinformation et des faits non scientifiques.

Les personnes trans et non binaires doivent pouvoir bénéficier d’une reconnaissance sociétale et juridique. Cela n’enlèvera rien aux personnes qui s’identifient à un genre binaire, qui resterait la norme. Il ne s’agit pas d’effacer les identités, mais d’élargir le champ des possibles, de dépasser le binaire pour que tous ceux qui vivent en Suisse puissent le faire en harmonie. Prétendre que la population n’est pas prête est le signe que nous considérons les droits comme des privilèges, et que notre humanité commune n’est pas une condition suffisante pour pouvoir en bénéficier.

Il n’y a rien de plus hypocrite que les arguments conservateurs se réclamant « respectueux des personnes trans et non binaires » mais dont les auteurs continuent de briller par leur « erreur de genre » presque intentionnelle, et exigent qu’ils tombent dans une identité de genre binaire pour « satisfaire la majorité ». .» Tout cela couronné par l’angoisse de ne pas savoir si ces personnes seraient soumises au service militaire.

Débat de fond

Avant de s’intéresser à leurs devoirs, il faut s’intéresser à leurs droits fondamentaux, qui ne sont pour l’essentiel pas garantis. Une personne trans/non binaire a cinq fois plus de risques de tenter de se suicider, et 20% de cette population, qui se compte en dizaines de milliers en Suisse, est au chômage contre 3% de la population cisgenre. . Un rapport du Conseil fédéral sur la santé des personnes LGBTI a reconnu que les barrières aux soins et l’errance médicale étaient exacerbées au sein de cette population, notamment en raison d’un manque flagrant de formation des professionnels de la santé. Pour ne citer que la partie visible de l’iceberg.

Notre rôle en tant que politiques est d’apporter à la population des informations factuelles et scientifiques sur les réalités des personnes concernées, afin qu’elle puisse se forger une opinion éclairée. Un débat de fond est nécessaire, sur les modalités de reconnaissance juridique des personnes non binaires, sur l’ajout d’un troisième genre à l’état civil ou l’effacement total de la mention du genre, mais pas sur leur droit à exister.

Avez-vous trouvé une erreur ? Merci de nous le signaler.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Plus de PrEP, mais pas de baisse de la non-protection
NEXT Le taux de vaccination en Israël est l’un des plus élevés au monde. – .