Coralie Fargeat et « The Substance »… le gore assumé

Coralie Fargeat et « The Substance »… le gore assumé
Coralie Fargeat et « The Substance »… le gore assumé

La réalisatrice française est en lice pour la Palme avec son nouveau long métrage américain, « The Substance ». Une histoire de jeunesse récupérée, portée par Demi Moore, à la manière du « féministe body horror ». Portrait.

Coralie Fargeat : « Ce film est le cocktail de tout ce qui m’a séduit lorsque j’ai découvert le cinéma : la liberté, la transgression, la provocation. Pour tout pulvériser. » Photo Jean-François Robert pour Télérama

Par Marie Sauvion

Publié le 20 mai 2024 à 9h00

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Met protection, car à la fin il y a encore pas mal de sang, dont on a l’impression qu’il traverse l’écran”, plaisantait Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, lors de sa conférence de presse en avril dernier, promettant avec La substance de “supposé gore” en compétition. Faut-il s’attendre à des évanouissements dans la grande salle Lumière ? ” Je ne peux pas te le dire “, » dit Coralie Fargeat en souriant, bien décidée à résoudre le mystère autour de son deuxième long métrage après l’énervé vengeance (2018), qui a vu une victime de viol tuer ses agresseurs au moment même où le mouvement #MeToo explosait. En lice sous la bannière américaine – elle a coproduit La substance avec Working Title, filiale d’Universal -, la Française, née à Paris en 1976, annonce cette fois « une horreur corporelle féministe, à la fois divertissante et avec un message qui [lui] me tient à cœur. »

Au centre de cette histoire d’élixir de jouvence et de mutation physique, un fantôme : Demi Moore, 61 ans, la brune chérie des années 90 (Fantôme, proposition indécente), un peu oublié. “Je voulais une icône, confie Coralie Fargeat, une actrice dont le parcours raconte quelque chose en soi. Je ne fais pas de cinéma réaliste, je travaille avec des symboles, c’est pour ça que j’aime ce genre. On crée notre propre univers, nos codes, c’est organique et ça me ressemble car je fais un peu de tout : j’écris, j’édite, je me salis les mains. » Et aux tripes donc, puisque cela ne donne pas exactement du bon goût ou de la broderie anglaise. « En tant que femme, nous devons toujours être délicates, polies, guindées et souriantes. Ce film est un cocktail de tout ce qui m’a séduit lorsque j’ai découvert le cinéma : la liberté, la transgression, la provocation. Pour tout pulvériser. »

Le mot « liberté » revient en boucle. Pour le conserver, elle résiste aux sirènes d’Hollywood, refuse les demandes et les ordres après vengeance. « J’ai laissé passer des trains sans savoir s’ils reviendraient. C’est plus long, plus difficile, donc me retrouver à Cannes, en compétition, je ne pouvais pas rêver mieux. » Un privilège qu’elle partage avec seulement trois autres réalisateurs… « Mon avis sur la question est très clair : oui, il faut une politique volontariste de parité dans les festivals. Oui, des quotas sont nécessaires. Sinon, nous y serons encore dans deux mille ans. » Vaporisez, dit-elle.

La substance, en compétition. Date de sortie inconnue pour l’instant.

 
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