hégémonie de Domecq, un débat qui divise les aficionados

hégémonie de Domecq, un débat qui divise les aficionados
hégémonie de Domecq, un débat qui divise les aficionados

Encore une fois, la Feria de Pentecôte n’est composée que de cartels avec les taureaux bien-aimés des figuras. Un gage de qualité et un impératif pour attirer les stars, ce que regrettent de nombreux passionnés.

Juan Pedro Domecq, Garcigrande, Victoriano del Rio, Virgen Maria. Ce sont les fers qui fouleront le sable de Nîmes pour les quatre corridas de la Feria de Pentecôte. Si les cartels de 2024 ont été unanimement salués par les clubs taurins de la ville et si la dernière pierre de l’amphithéâtre devrait trouver preneur pour les deux premiers cartels, les seules critiques entendues concernent une nouvelle Feria 100% Domecq dans l’arène française. plus prestigieux.

La cible du public de passage

Un choix assumé par Simon Casas qui se définit comme un producteur de spectacles et, pour remplir les arènes, la présence des acteurs les plus prestigieux s’impose car le public s’est transformé au fil du temps. Le cercle des aficionados s’est rétréci et un public de passage constitue la majorité et veut voir une star qu’elle s’appelle Roca Rey, Ponce ou Castella.

Le nombre d’aficionados d’antan dans la Région est facile à calculer. Il s’agit de la jauge de Céret, soit environ 3 500 spectateurs. Il correspond à des entrées payantes lorsqu’une rude corrida est annoncée avec des spécialistes du genre à Nîmes, Arles et Béziers. Regrettable? Évidemment. Mais il faudra un travail en profondeur de la part des professionnels et des clubs taurins pour sensibiliser ce public épisodique à assimiler que la tauromachie est un art aux multiples facettes. Au-delà de ça, l’émotion provoquée par Roca Rey, la finesse de Ponce ou la personnalité de Castella !

Multifacettes

Les critiques se sont concentrées sur Simon Casas mais ses défenseurs peuvent avancer deux arguments. Si la Pentecôte est réservée aux toros chers aux figuras, les Vendanges mettront à l’honneur la Buendia de La Quinta et la Margé, branche Domecq plus exigeante. Ils rappelleront aussi que la tauromachie n’aura d’avenir que si les arènes se remplissent face aux offensives anti-taurines. Mais la première scène française peut-elle continuer à programmer une seule expression d’un art aussi riche ? Éliminons d’abord les clichés des opposants à Domecq. Seraient-ils moins dangereux pour les toreros ? Une ineptie car aucune statistique ne prouve qu’il y a moins de blessés contre ces taureaux que contre le Miura ou le Victorino Martin.

Un torero qui veut triompher ne peut pas se contenter d’un torero défensif face aux soi-disant ganaderias coriaces. Les cornes vont au millimètre et le « mauvais Domecq » peut se révéler redoutable comme en témoigne la redoutable corrida Victoriano del Rio en octobre dernier à Madrid. Vous échangez ce fer sur la cuisse du toro avec Palha ou Miura, et tous les aficion de Toro auraient applaudi à deux mains pour saluer les exigences du bétail. Ils seraient aussi moins courageux avec un brochet ? C’est certes vrai pour le Domecq légèrement encastré mais les toros de Fuente Ymbro, Jandilla ou Victoriano del Rio font régulièrement preuve d’une férocité exemplaire sous le fer. Souvent supérieur aux élevages dits toristes où il y a parfois de nombreuses rencontres avec le cheval sans que l’animal soit réellement utilisé. Le sujet est ailleurs. La première arène française doit montrer l’étendue de cet art aux multiples facettes. Le jazz, le rock, la variété et le rap sont différentes expressions de la culture musicale. Tout comme l’abstrait, le cubisme, l’impressionnisme et l’expressionnisme en peinture.

Entre toreros et toreros

On peut donc regretter que Nîmes ne présente qu’un seul style de tauromachie et que les aficionados se divisent en deux pour la Pentecôte : les toreros du Gard, les toreros de Vic-Fezensac. Cela n’est pas répréhensible en soi car chaque domaine a sa propre identité. L’effet pervers de cette hégémonie du Domecq, imposée par des figuras pour leur qualité et leur régularité, est la disparition progressive de nombreux élevages qui constituent une perte irréversible du patrimoine génétique. La sensibilisation est essentielle. Les stars doivent faire l’effort de s’annoncer face à d’autres types de taureaux comme le fait régulièrement Daniel Luque.

Et les entreprises peuvent annoncer des fers d’autres fontes tolérées par les figuras comme la Buendia de La Quinta, les Nuñez d’Alcurrucen, les Lisardo-Sanchez du Puerto de San Lorenzo et Valdefresno ou les branches plus enchâssées du Domecq comme les « rabosos » d’El Pilar et Pedraza de Yeltes ou, encore, de Santiago Domecq et Margé et de ne pas se limiter à une poignée de ganaderias. Le public le moins passionné doit comprendre que la tauromachie n’est pas un spectacle dont le résultat est garanti d’avance.

 
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