Un cinéaste albigeois au Festival de Cannes

Un cinéaste albigeois au Festival de Cannes
Un cinéaste albigeois au Festival de Cannes

l’essentiel
La 77e édition du Festival de Cannes a débuté mardi soir. Parmi les films en compétition en première sélection cannoise, « Miséricorde » du réalisateur albigeois Alain Guiraudie, habitué depuis des années à gravir les marches du Palais des festivals.

« Combien de fois ai-je été sélectionné par le festival de Cannes. Diable. Je ne sais plus. Si je me souviens bien, c’est trois en sélection officielle et trois dans les autres catégories. Eh bien, je pense», sourit le réalisateur Alain Guiraudie. On pense au « King of Escape », à l’excellent « L’Étranger du lac » « Stay Vertical ». Cette année encore, il a l’honneur de voir son film « Miséricorde » tourné dans le Sud Aveyron, sélectionné dans la catégorie « Cannes Première » face aux frères Larrieu ou Léos Carrax.

« Déçu de ne pas être en sélection officielle »

« Honnêtement, je suis déçu de ne pas être en sélection officielle. S’il y a un de mes films qui mérite d’être là, c’est bien celui-là. Il a la puissance nécessaire, le talent des acteurs, l’intensité, la beauté des images. C’est comme ça. La concurrence est rude. Il faut avouer que cette année, la sélection française est assez bling-bling.

« Cannes est le plus grand marché du monde »

Est-ce important qu’un réalisateur soit sélectionné à Cannes ? « Évidemment, surtout quand ça passe bien avec les critiques. La visibilité est énorme même si aujourd’hui, les Américains semblent préférer la fête de Venise. Quoi qu’il en soit, tout le monde du cinéma est concentré dans 800 mètres autour du Palais des Festivals. Je l’ai vu avec “L’Étranger du Lac” qui s’est vendu très vite en Europe et aux Etats-Unis et a attiré un large public en salles.
« Il faut rester modeste. Nous n’avions que 150 000 spectateurs. J’avoue que je ne m’attendais pas à faire autant de choses avec des hommes nus pendant tout le film. Mais c’était rentable car cela coûtait peu d’argent. »
Que pense-t-il de ce festival qui oscille entre paillettes et mise en avant du cinéma d’art et d’essai ?
« Je trouve, comme la société dans son ensemble, que le côté paillettes prend le dessus. Admettons tous que Cannes reste un fantastique tremplin pour le cinéma d’auteur. Sans lui, il serait bien plus difficile de faire connaître notre travail. »

Son film est projeté le lundi de Pentecôte

Quand aura lieu la projection de « Miséricorde » ? « Ce lundi de Pentecôte, nous allons gravir les marches du palais des festivals avec l’équipe. Mais mon film ne sera pas présenté dans la grande salle qui compte 2 500 places et qui accueille uniquement la compétition officielle. Nous serons dans la salle Debussy de 1 000 places. Vous comprenez la différence. »

« Être présent dans ces grands festivals est essentiel pour se faire connaître »

Autre grand connaisseur du cinéma, Jean-Pierre Gardelli, gérant d’Imagin’cinémas de Gaillac. Il est associé à Vincent Paul-Boncour dans deux sociétés de distribution, qui ont vu certains de leurs films sélectionnés à Cannes et aux Oscars. « Il est essentiel d’être sélectionné dans les grands festivals ou les cérémonies de récompenses internationales. Il y a tellement de films qui sortent chaque année qu’il faut se démarquer pour se faire connaître et ouvrir les portes des sociétés de distribution », reconnaît-il.

« On l’a vu avec Alabama Monroe, sélectionné pour l’Oscar, qui a fait une très belle carrière. » Surtout, lorsqu’on produit un film, il est essentiel de le vendre à l’étranger pour en tirer profit. Et rien ne vaut le festival de Cannes où tout le monde est présent. Regardez le parcours de « Anatomie d’une chute », récompensé à Cannes et aux Oscars. »

Et le quotidien des salles obscures ? « Écoute, ça se passe plutôt bien. Les chiffres sont bons, boostés par une production française, « Un petit truc en plus. » Honnêtement, on ne va pas se plaindre. »

 
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