“Furiosa.” Une saga Mad Max” ou l’épuisement des ressources d’une série

“Furiosa.” Une saga Mad Max” ou l’épuisement des ressources d’une série
“Furiosa.” Une saga Mad Max” ou l’épuisement des ressources d’une série
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Démentus (Chris Hemsworth) dans « Furiosa. Une saga Mad Max », de George Miller. WARNER BROS.

SÉLECTION OFFICIELLE – HORS COMPÉTITION

Malgré un titre bizarre, on est très heureux de retrouver au Festival de Cannes le nouvel épisode de l’épopée frénétique du futur octogénaire australien George Miller. La saga futuriste – qui annonçait l’épuisement des ressources de la planète et le retour du chaos pour se les approprier – fut inaugurée avec un succès fulgurant, en 1979, par Mad Max, film d’action postapocalyptique et ultraviolent bricolé dans les profondeurs des zones arides australiennes.

Lire le rapport : Article réservé à nos abonnés Bienvenue dans l’outback australien, au pays de Mad Max

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Qui aurait cru que cet hommage rustique au monde métaphysique Point limite zéro (1971), de Richard Sarafian (1930-2013), diamant brut du Nouvel Hollywood, était-il promis à une telle gloire commerciale ? Arrêté en 1985 avec Au-delà du Dôme du Tonnerrele cycle s’est régénéré en 2015 avec Route de la fureurle plus gros succès de la série, déjà révélé en avant-première à Cannes avec un enthousiasme fébrile et bon enfant.

Il y a lieu de penser qu’outre ses qualités propres, le film doit aussi cet accueil chaleureux, d’une part aux trente années d’absence de la saga (la nostalgie est un excellent carburant du désir cinématographique), d’autre part à la lassitude du spectacle déréalisant offert sur les écrans par le monopole des super-héros.

Par rapport à ce retour gagnant – dont la maîtrise reste dans les mémoires, pas moins que le charisme valkyriesque de Charlize Theron dans le rôle de l’Impératrice Furiosa –, force est de constater que Furiosa ça manque un peu d’arguments à faire valoir, une fois sorti du chapelet de courses-poursuites folles qui composent chaque opus de la série. Cette histoire est chronologiquement antérieure à celle mise en scène par Route de la fureur éclipse ainsi la figure de Mad Max (incarné dans ce film par Tom Hardy) et fait de la jeunesse de Furiosa, personnage qui se révélera assez fantomatique, le centre de cette nouvelle intrigue.

Lire l’entretien avec George Miller (en 2015) : Article réservé à nos abonnés “Mon cinéma est organique, primitif, viscéral”

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Kidnappée enfant par le bien nommé Dementus (Chris Hemsworth) et sa clique de motards barbares, qui ont assassiné sa mère, l’héroïne va rejoindre, à l’issue d’une négociation de paix entre ces deux puissances rivales, l’armée des martyrs d’Immortan Joe, le morbide leader avec le masque d’acier découvert dans Route de la fureur. Aidée par un étranger séduisant (Tom Burke) qui lui offre sa protection, Furiosa va à la fois se libérer du pouvoir d’Immortan et trouver Dementus pour se venger de lui.

Un faux film de formation

Le problème, c’est qu’on ne sait pas vraiment ici ni à quel saint ni à quel démon se consacrer. Anya Taylor-Joy, qui remplace Charlize Theron, incarne une jeune héroïne en formation, emmitouflée et muette, qui ne demande pas d’attention. Immortan Joe, qui trouve un nouvel interprète en Lachy Hulme, pourrait en vérité être incarné par Eric Judor dont on n’y verrait que du feu. Tom Burke n’a pas assez de scènes pour nous attacher à son élégance.

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