Cela va faire la une des journaux. La nuit, les musées sous un autre jour

Cela va faire la une des journaux. La nuit, les musées sous un autre jour
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Musée d’histoire naturelle, New York. Il fait nuit noire. Pas un son. Jusqu’à ce que, tout à coup, le squelette d’un tyrannosaure commence à rôder dans les couloirs, le pharaon Ahkmenrah ouvre les yeux et les objets exposés prennent vie. Rassurez-vous, rien de tout cela n’est vraiment arrivé, c’est juste le film Nuit au musée, de Shawn Levy, avec Ben Stiller. Mais qui ne s’est jamais imaginé dans une telle situation ? Coincé entre les murs d’un magnifique musée, en totale liberté, alors que le soleil s’est couché et que la lune l’a remplacé.

La nuit rend-elle les œuvres encore plus mystérieuses ? Ou plus beau ? Dans sa thèse Une expérience unique : visiter un musée la nuitla doctorante Floriane Germain rappelle que « la nuit est un stimulus qui agit sur les sens (à travers les perceptions), mais aussi sur les représentations (tant sociales que mentales). Les visites nocturnes se nourrissent de ces représentations issues de la nuit.

Exit la lumière artificielle. La nuit, nos sens sont en éveil. On (re)découvre le musée sous un angle plus intimiste. Et notre imagination vagabonde. D’ailleurs, les éditions Stock avaient lancé la nouvelle collection «Ma nuit au musée», dans lequel différents auteurs passaient la nuit dans un musée de leur choix, à la recherche d’émotions et de sensations. Il en ressort une création littéraire plutôt surprenante.

Mais peut-on vraiment imaginer ce que l’on ressentirait, enfermé toute une nuit dans un musée au milieu de toutes ces œuvres et de tous ces objets qui ont leur vie, leur histoire ? “Cela dépend aussi de l’ampleur de l’artiste et de son art.” pense Garance Lefèvre, vendeuse au Musée national Picasso-Paris qui s’occupe notamment des privatisations du soir. « Se retrouver seul la nuit avec un Minotaure de Picasso, ou avec un Kandinsky coloré, ça change tout ! »

« L’espace musée »comme le définit Floriane Germain, joue aussi. « Le musée, c’est une immensité, il y a beaucoup d’œuvres, beaucoup d’espace, acquiesce Garance Lefèvre. C’est tellement gros. Alors à titre personnel, si j’étais coincé seul la nuit dans un musée, je prendrais les œuvres comme des personnes à part entière et j’aurais l’impression qu’elles me regardent, alors que des millions de personnes les regardent habituellement. »

Les expériences nocturnes se multiplient partout

Reste qu’avant de se retrouver seul face à Mona Lisa, il faudra se contenter de balades avec d’autres personnes à nos côtés. Partout dans le monde, les expériences nocturnes – et surtout insolites – se multiplient. À Londres, à l’automne prochain, le Natural History Museum proposera des soirées pyjama et des balades tranquilles dans les galeries, tandis que les plus VIP ont déjà droit à un lit de camp à côté d’un stégosaure. Celui de Cardiff organise des soirées pour les passionnés de paléontologie avec des visites guidées aux flambeaux. À l’Intrepid Museum de New York, vous pourrez également dormir dans un porte-avions de la Seconde Guerre mondiale.

En France, certains acceptent désormais également les visiteurs à la tombée de la nuit, et pas seulement lors de la Nuit des Musées. On se souvient par exemple de février 2020, lorsque le Louvre à Paris accueillait le public de 21h30 à… 8h30 pour l’exposition Léonard de Vinci ! Une réussite totale. De quoi faire réfléchir Mathilde Serrell dans son podcast La théoriesur France Culture qui émettait l’hypothèse que ces nuits au musée ne devaient plus être l’exception, mais la règle. « Entrer au contact des œuvres dans ce climat si particulier est en soi une immersion telle que les musées tentent de plus en plus de la développer. Pourquoi ne pas généraliser davantage ces expériences ? »

> Nuit des Musées, dans toute la France, samedi 18 mai.

Coup d’oeil

Bizarre, vous avez dit bizarre ? Aux quatre coins du monde, il existe des musées insolites, voire vraiment étranges ! L’un d’eux, qui reçoit des milliers de visiteurs chaque année, se trouve à Reykjavik, en Islande. Le musée phallologique islandais est assez unique, puisqu’il est dédié à l’étude… des pénis. Qu’il s’agisse d’attributs de mammifères terrestres ou marins (voire même d’humains), il présente ses spécimens dans des pots de formol ou accrochés au mur et au plafond.

De l’autre côté du globe, au Japon, on est plus sage : le Momofuku Ando Instant Noodle Museum retrace ce chapitre de la gastronomie japonaise en dévoilant des paquets de nouilles instantanées du monde entier.

Il existe également le Museum of Death à Los Angeles (avec une collection d’objets et de vêtements ayant appartenu à des tueurs en série), le Museum of Bad Art à Boston (uniquement consacré à l’art raté), le Museum of Broken Relations en Croatie (objets de couples séparés) ou le Musée du Cheveux en Turquie.

 
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