le festival de photographie qui attire tous les regards à Montpellier

le festival de photographie qui attire tous les regards à Montpellier
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La 24e édition des Boutographies, le festival de la nouvelle photographie européenne, se tient à Montpellier jusqu’au 26 mai. La sélection officielle du Pavillon Populaire est particulièrement remarquable !

“La caméra est un instrument qui apprend aux gens à voir sans caméra.” Le bel apothegme de l’immense photographe américaine Dorothea Lange trouve chaque année de nouvelles traductions chez Boutographies, à Montpellier. Et c’est encore le cas de la 24e édition du festival de la nouvelle photographie européenne qui se tient jusqu’au 26 mai.

« Les images photographiques présentées ici ont été choisies pour leur capacité particulière à montrer ce qui unit, et parfois sépare, les communautés humaines, les familles, les générations et les individus les uns des autres »souligne l’équipe de Boutos. « Destins collectifs et trajectoires personnelles sont aujourd’hui bousculés par des mouvements tectoniques à l’échelle de la planète entière, et c’est la vocation même de la photographie contemporaine de s’en faire l’écho. »

Tranches de vie

Au Pavillon Populaire, centre d’art photographique de référence à Montpellier qui accueille la sélection officielle des 24e Boutos, ainsi que la carte blanche, le favori et la résidence (il y a de la place), on le vérifie d’emblée avec « Hyper Life » , le projet étonnant de Stéphanie Lacombe. À Saint-Erme, en Champagne Picardie, elle a fixé son attention sur le parking du supermarché local, qu’il a fallu transformer à la fois en centre culturel et en agora post-urbaine, et a capturé toute une humanité… avec l’humanité. Le cadrage est puissant, l’éclairage soigné, les couleurs travaillées et le plan systématiquement accompagné, non pas d’une étiquette, mais d’une légende (il faut bien le dire, sa sécheresse faisant référence au western) intégrée à la composition.

« The Good Life » de Kahleen Missud est un autre régal : elle a construit son exposition en puisant exclusivement dans les archives photographiques de son grand-père maternel, amateur d’aventures locales et de bonne chère entre amis. Des imprimés, des sourires, des bivouacs, des tables, qui parlent de la grandeur de l’humilité ordinaire quand elle est joyeuse et partagée !
Changement d’horizon et de position avec « Bone Foam » de Maria Oliveira. Pour cette série inédite, elle s’est immergée dans l’environnement culturel et naturel, physique et spirituel de sa région natale du Alto Minho, au Portugal. Dans ses images, par le déplacement du cadre, de la lumière, du sujet, mais aussi et surtout par la juxtaposition de ceux-ci, comme par quelque anti-narration symbolique, elle parvient à rendre perceptible l’interconnexion des êtres et des lieux, la le concret et la magie, la mort et la vie…

L’âme du monde

Prix ​​du Jury 2024, « Anima Mundi » de Máté Bartha est plus une installation qu’un accrochage. Le photographe hongrois cherchait en effet à capturer « l’âme du monde », une conception platonicienne d’une force qui imprégnerait la matière, donnant forme et fonction à ses parties et à son tout. Il relie le concept à la ville envisagée comme un organisme qui échapperait à ses créateurs essayant malgré tout de lui donner de l’ordre et du sens. Concrètement, cela se traduit par la saturation des cimaises aux formats carrés, isolant des bouts d’humains et des membres concrets, de la vitalité et de l’entropie, du hasard et de la géométrie. Impression remarquable.

Avec « L’eau vive, la route des glaces », Charles . Son fascinant témoignage écrit qui accompagne l’accrochage, ancre notre regard dans la réalité dont il s’échappe presque immédiatement lorsqu’il surgit dans ses photos. Fort !

Avec « J’ai vu un arbre portant des pierres à la place des pommes et des poires », le photographe-conteur propose une réflexion sur les météorites vues comme des corps migrateurs venus d’ailleurs dont la rencontre produit récit, légende, mythe… Une œuvre en noir et blanc très esthétique qui peut être comparé à celui de Tomoko Nagawaka, « I goûte the Blacklight », dont les plans analogiques d’une fascinante bizarrerie travaillent le flou et le grain pour produire ici un effet de rémanence onirique, là d’impression inconsciente.

Dans les nouvelles

Aux antipodes, dans « …c’est plus facile pour moi comme ça… » (mention spéciale du jury), Giulia Thinnes explore avec honnêteté et sensibilité la question de l’identité de genre et du processus de transition, montrant la complexité des relations familiales, notamment dans le dynamique perturbée avec ses enfants.

Enfin, pour continuer sur des questions on ne peut plus actuelles (et pour conclure, on manque de place alors que les Boutos se déploient dans tous les sens), il faut applaudir les projets documentaires d’Alexandre Bagdassarian qui, avec « La Couleur de la Grenade » , interroge la possibilité d’un lendemain pour l’Arménie, et Adrien Vautier qui, avec « Si tu traverses l’enfer », témoigne du jour sans fin que vit la société civile ukrainienne… Voir le monde sans appareil, disait Dorothea Lange, et changer-le immédiatement ?

A ne pas manquer non plus au premier étage du Pavillon Populaire, la carte blanche offerte à Pierre Liebaert qui s’intéressait aux rites ancestraux, c’est très impressionnant ! Programme complet des expositions sur boutiquegraphies.com
 
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