La mort du chorégraphe Dominique Dupuy

La mort du chorégraphe Dominique Dupuy
La mort du chorégraphe Dominique Dupuy
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Dominique Dupuy, dans le spectacle « Le Regard par-dessus le col », au Théâtre national de Chaillot, à Paris, le 24 avril 2007. LAURENT PHILIPPE/ DIVERGENCE

Son esprit pénétrant, sa vibration profonde entourait chaque rencontre, même fugace, avec Dominique Dupuy d’une tension électrique. Libre et aventureux, l’artiste et chorégraphe, leader de la danse moderne et contemporaine, aussi présent sur le devant de la scène qu’activiste dans les bureaux des institutions, est décédé mercredi 1euh May chez lui à Paris. Un an et demi après la disparition, en septembre 2022, de Françoise Dupuy, son épouse et complice de création, cet homme au fort tempérament s’est éteint.

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Dominique Dupuy est né Jean-Dominique Dupuy le 31 octobre 1930 à Paris. Curieux, gourmand, fonceur, ayant appris le ballet, l’acrobatie et le théâtre, il travaille avec le chorégraphe allemand résidant en France Jean Weidt (1904-1988) à la fin des années 1940 pour la pièce Cellule, où il rencontre la femme qu’il va épouser. En 2005, au Théâtre de Chaillot, à Paris, il rend hommage à Weidt et à la danse allemande expressive dans le spectacle ADMqui a pris la superbe Des vieux, des vieux fers, conçu en 1929 par Weidt.

Ce soin affectueux apporté à l’histoire et à sa transmission draine toute la vie de Dominique Dupuy. De sa première compagnie, Françoise et Dominique, qui joua dans les cabarets dès les années 1950, aux Ballets Modernes de Paris, fondés en 1955, du festival des Baux-de-Provence, qu’il créa en 1962, au ministère de la Culture, où Inspecteur de la danse de 1989 à 1991, Dominique Dupuy revisite sans cesse son travail sur le métier.

Un programmeur pointu

Dans le livre Une danse au travail, de Dominique et Françoise Dupuy (Coédition Centre National de Danse – Scène Nationale de La Roche-sur-Yon, 2001), la pionnière américaine Anna Halprin (1920-2021) souligne le rôle du couple dans l’introduction : « Leur détermination, depuis les années 1940, à faire évoluer l’art de la danse (…) témoin[e] de leur vraie nature d’artistes iconoclastes. Pour relever ce défi de longue haleine, celui d’agir à contre-courant culturel, ils ont dû se dépasser et assumer de nombreux rôles. (…) Ils sont devenus artistes, éducateurs, enseignants, écrivains, metteurs en scène, chorégraphes, organisateurs, hommes politiques et militants. »

Programmateur passionné, Dominique Dupuy présente pour la première fois le chorégraphe américain Merce Cunningham (1919-2009) en 1962 au Théâtre de l’Est à Paris. Enseignant, il crée en 1969 le centre de formation des Rencontres Internationales de Danse Contemporaine (RIDC) et donne des cours notamment au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers. C’est là que la chorégraphe Amala Dianor travaille avec lui en 2001. « Pour moi qui venais du hip-hop et dont le mouvement était démonstratif et musclé, il m’a appris à trouver une autre densité dans le geste, à déplacer l’air, comme il disait, avec la même intensité physique mais avec une conscience complète de ce qui est. être mis au travail »résume Dianor.

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