Comment lutter contre les bactéries résistantes aux antibiotiques ? – .

Meilleur dosage et dépistage systématique à l’hôpital. Telles sont les recommandations d’un colloque sur les bactéries résistantes aux antibiotiques tenu à la mi-avril à l’Université de Montréal (UdeM). Le point sur les réussites et les préoccupations dans le domaine de la biorésistance.


Publié à 1h36

Mis à jour à 6h00

« Les chiffres des victimes de la résistance aux antibiotiques sont vraiment impressionnants », affirme Yves Longtin, chef de l’unité de prévention et de contrôle des infections à l’Hôpital général juif. « En 2022, dans le Lancette, on estime que le nombre de décès dans le monde s’élève à 1,3 million chaque année. En comparaison, le VIH tue 700 000 personnes et le paludisme 600 000. »

De grands progrès ont été réalisés dans la lutte contre le VIH et le paludisme, note le Dr Longtin. « Il y a vingt ans, ils causaient chacun 1 million de morts. Nous sommes conscients que des efforts considérables doivent être déployés pour lutter contre les microbes multirésistants aux antibiotiques. »

Lors du colloque qui a eu lieu à la mi-avril à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, le Dr.r Longtin a présenté les dernières avancées en matière de dépistage de la résistance aux antibiotiques grâce à des tests de diagnostic.

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PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Le Dr Yves Longtin, chef de l’unité de prévention et de contrôle des infections à l’Hôpital général juif

Nous avons récemment remporté deux succès dans le domaine de la résistance aux antibiotiques grâce au dépistage systématique. Les tarifs de Staphylococcus aureus ceux résistants à la méthicilline (SARM) ont chuté de 70 % entre 2006 et 2022, et ceux des entérocoques résistants à la vancomycine (ERV) ont chuté de 50 % au cours des 10 dernières années. Nous souhaitons appliquer cette approche à une nouvelle menace, les entérobactéries productrices de carbapénémases (CPE).

Le Dr Yves Longtin, chef de l’unité de prévention et de contrôle des infections à l’Hôpital général juif

L’ECP entraîne souvent la nécessité de traiter une infection urinaire par voie intraveineuse plutôt qu’avec des antibiotiques oraux (pilules). Ce type de résistance aux antibiotiques est devenu deux fois plus courant au Canada au cours des dix dernières années, mais demeure beaucoup moins important que le SARM et les ERV. Dans certains pays européens, comme la Grèce et l’Italie, les CPE constituent un problème « énorme » dans les hôpitaux, estime D.r Longtin. Et en Inde, même le traitement ambulatoire des infections urinaires est compromis par l’ECP.

Les CPE produisent des enzymes appelées carbapénémases, qui rendent inefficaces plusieurs antibiotiques, dont les carbapénèmes.

Voyage

Le dépistage systématique ne signifie pas que tous les patients hospitalisés sont testés. « À Montréal, pour le SARM par exemple, les hôpitaux testent tous les patients », explique le Dr.r Longtin. Mais dans certaines régions où la résistance aux antibiotiques est plus rare, on ne peut tester que certains patients, par exemple ceux qui ont récemment voyagé à l’étranger ou ont été hospitalisés, ou qui proviennent d’un CHSLD. »

L’Hôpital général juif a commencé à dépister systématiquement les EPC avant la pandémie, et de plus en plus d’hôpitaux québécois suivent cette approche, affirme le Dr.r Longtin.

Ce dépistage de la résistance aux antibiotiques se fait en laboratoire, après prélèvement de prélèvements nasaux ou anaux avec des écouvillons. Les résultats sont prêts en un ou deux jours.

Isoler les patients porteurs de bactéries résistantes aux antibiotiques mais qui ne présentent aucun symptôme permet d’éviter la propagation de cette bactérie à d’autres patients.

Ne vaudrait-il pas mieux avoir des tests plus rapides pour isoler les patients asymptomatiques à leur arrivée à l’hôpital ? « Nous avons actuellement de bons résultats avec cette approche. Nous pourrions utiliser des tests PCR au chevet du patient pour obtenir un résultat en une ou deux heures, mais cela coûte beaucoup plus cher, 30 à 40 dollars au lieu de 7 à 10 dollars par test. Quand on fait des centaines de milliers de tests par an, ça compte. »

Ne peut-on pas avoir des tests rapides comme ceux distribués par les pharmacies pour le COVID-19 ? « Un test rapide pour le COVID-19 détecte une seule protéine, explique D.r Longtin. Pour la résistance aux antibiotiques, six à dix cibles doivent être détectées. Cela ne peut pas être fait facilement. »

Le Dr Longtin a déjà travaillé sur Clostridium difficile, démontrant en 2016 qu’il était possible de réduire de moitié les infections par cette bactérie en isolant ses porteurs asymptomatiques dès leur arrivée à l’hôpital. «Mais finalement, nous avons réussi à réduire le problème de CONTRE. difficile avec des mesures préventives, alors on ne fait pas de dépistage systématique. » Le nombre annuel de cas est passé de plus de 3 500 à moins de 2 500 au cours des 10 dernières années au Québec.

Dosage

Une autre approche consiste à doser les antibiotiques pour chaque patient. «C’est très répandu en Europe», explique une autre conférencière, Amélie Marsot, de la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal. « L’objectif est d’avoir un dosage suffisamment élevé pour être sûr qu’une infection soit vaincue. »

La résistance aux antibiotiques survient entre autres lorsqu’un traitement n’est pas assez fort ou assez long pour tuer tous les microbes responsables d’une infection. Ceux qui restent sont génétiquement plus susceptibles d’être résistants à l’antibiotique utilisé, et cette génétique résistante aux antibiotiques devient plus courante au sein de cette population de microbes.

Un autre aspect du dosage consiste à suggérer des antibiotiques là où la résistance aux antibiotiques est potentiellement moins problématique, explique le Dr.D Marsot.

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PHOTO PRISE DU SITE DU CHU SAINTE-JUSTINE

Le DD Amélie Marsot, professeure adjointe à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal

Nous voulons éviter d’utiliser un antibiotique à large spectre lorsqu’un antibiotique plus spécifique est disponible.

Le DD Amélie Marsot, professeure adjointe à la faculté de pharmacie de l’UdeM

Un antibiotique à large spectre est efficace contre plusieurs microbes. Cette catégorie d’antibiotiques génère davantage de résistance aux antibiotiques car ils peuvent affecter la génétique d’un plus grand nombre de microbes.

Les dangers des EPC en Italie et en Grèce

Faut-il éviter d’aller à l’hôpital en Italie et en Grèce pour éviter les CPE ? Non, répond au Dr Longtin. « La grande majorité des personnes en bonne santé ne tombent jamais malades à cause de ces CPE. Ils s’en débarrasseront naturellement d’ici six mois à un an. Disons qu’il y a un risque de 10 à 20 % d’acquérir un EPC dans un hôpital en Italie ou en Grèce. Si on n’a qu’un risque de 10 % de tomber malade, on se retrouve avec un risque de 1 % ou 2 % au total. Cela ne vaut pas la peine d’éviter les hôpitaux si vous devez y aller. »

Apprendre encore plus

  • 5400
    Nombre de décès en 2018 au Canada dus à la résistance aux antibiotiques

    Source : Santé Canada

  • 80%
    Proportion de prescriptions d’antibiotiques pour les infections des voies urinaires inappropriées dans les services d’urgence aux États-Unis

    Source : Journal de l’Association médicale américaine

    75%
    Proportion de prescriptions d’antibiotiques pour la pneumonie inappropriées dans les services d’urgence aux États-Unis

    Source : Journal de l’Association médicale américaine

 
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