4 raisons d’aller à Wuppertal si vous aimez Pina Bausch

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Le Schwebebahn, le monorail suspendu à Wuppertal (Allemagne). THOMAS PFLAUM / VISUM

Née en 1940 à Solingen, ville voisine du Rhin, la grande chorégraphe allemande est indissociable de Wuppertal, dont elle a fait connaître le nom dans le monde entier avec sa compagnie, le Tanztheater. Ce pionnier du théâtre dansé fait un détour par New York et Essen, dans la Ruhr, avant de s’installer définitivement sur les bords de la Wupper, en 1973, pour créer des pièces inoubliables : Café Müller avec une mélancolie intense sur deux airs de Purcell, Nelken sur le sol jonché d’œillets, Vollmond où les interprètes dansent sous des trombes d’eau…

Malgré de nombreuses tournées et résidences de création à l’étranger, tout la ramène dans cette ville fondée en 1929 par la fusion des communes d’Elberfeld et de Barmen, à une époque où l’industrie textile était encore florissante. Loin de l’agitation des mégalopoles, « Pina » y trouve des conditions de travail exceptionnelles, s’enfermant des heures durant au Lichtburg, un ancien cinéma devenu salle de répétition. «C’était la ville du quotidien»se souvient Dominique Mercy, une de ses danseuses historiques restée vivre à Wuppertal. « Au début, le ciel était gris, la ville était grise, les vieilles dames aux cheveux teints étaient grises. Il m’a fallu du temps pour m’y habituer. »

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Le réalisateur Arnold Pasquier, qui prépare un documentaire sur Orphée et Eurydicel’une des créations du chorégraphe, confirme : « Comme beaucoup de villes allemandes, Wuppertal a été bombardée et en partie reconstruite après la guerre. La première impression peut être violente, avec l’usine Bayer à l’entrée de la ville. Mais il y a aussi de très jolis quartiers, comme Luisenviertel. » S’éloignant de la gare centrale, ce coin bohème respire son charme avec ses boutiques, restaurants et cafés où l’on a envie de s’attarder.

Monorail « planant »

Avec Pina Bausch, la Schwebebahn est l’autre icône locale. Ce monorail suspendu serpente sur 13,3 kilomètres le long de la vallée, offrant une balade envoûtante au-dessus de la rivière (en allemand, Schweben signifie planer). Imaginé d’abord pour Berlin, il fut inauguré par l’empereur Guillaume II en 1900. On peut également le voir à Alice dans les villes, de Wim Wenders, qui a réalisé un film hommage à son ami décédé prématurément (Pina, 2011). En la prenant comme si vous étiez dans un manège, vous comprendrez mieux la ville, avec ses anciennes usines de briques rouges au bord de l’eau, la maison de Friedrich Engels, grand ami de Karl Marx, au style régional. (fenêtres blanches, volets verts et ardoises aux murs) et les belles villas industrielles que l’on aperçoit sur les collines. Lorsqu’on sort de la cabine, elle vacille à peine (en plus d’un siècle, il n’y a pratiquement pas eu d’accident).

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