Jean-René Hissard, héraut des indomptables, expose à la Bakery Art Gallery

« Je peins parce que j’aime les jardins familiaux. » Cette affirmation, tirée des contre-plaques du catalogue consacré à Jean-René Hissard (« Pourquoi je peins », Éditions du Zarpataedo), est entourée d’autres affirmations qui explorent, sur le même schéma, les motivations parfois folles, légères , graves, caustiques ou iconoclastes, mais toujours sincères, qui animent ce peintre.

« Je peins parce que j’aime les jardins familiaux. » Cette affirmation, tirée des contre-plaques du catalogue consacré à Jean-René Hissard (« Pourquoi je peins », Éditions du Zarpataedo), est entourée d’autres affirmations qui explorent, sur le même schéma, les motivations parfois folles, légères , graves, caustiques ou iconoclastes, mais toujours sincères, qui animent ce peintre.

Né en 1943, Jean-René Hissard étudie les lettres avant de passer le concours d’entrée à l’École des Beaux-Arts de Paris. « J’y suis allé un après-midi, j’ai compris que ça ne me convenait pas. Je n’y ai plus jamais remis les pieds, sauf en 68. » Il continue à peindre et commence à montrer son travail, à la Biennale de Paris et au Salon de la Jeune Peinture.

“Ce qui m’a fasciné, c’est de voir que des gens considérés comme tout à fait ordinaires étaient capables de produire des choses extrêmement élaborées”

« Au début des années 70, il fallait que je trouve autre chose à côté », se souvient l’artiste. C’est ainsi qu’il décroche un poste à Belfort dans un centre d’action culturelle. « J’ai animé des ateliers d’expression. J’ai aidé les participants à trouver des moyens d’exprimer quelque chose de personnel. » Passionné par cette mission, Jean-René Hissard découvre ces parcelles en périphérie de la ville mêlant constructions improvisées et jardins maraîchers : les jardins familiaux. « Ce qui m’a fasciné, c’est la façon dont des gens considérés comme tout à fait ordinaires étaient capables de produire des choses extrêmement élaborées. »


” Le survivant “.

Clothilde Béchou

Rencontré

Déterminante, cette épiphanie donne lieu à des rencontres avec les occupants de ces parterres audacieux. Les photos prises et les enregistrements d’entretiens feront l’objet d’une exposition. Elle préfigure celle qu’il exposera pour « Les Singuliers de l’art », présentés au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1978 après sa visite à l’écomusée Creusot Montceau où l’utopie initiale de ces « musées sans collection, sans visiteurs mais avec des habitants » recoupe sa rencontre avec les anciennes villes minières de la région. Ce même intérêt pour les pratiques amateurs le conduit en banlieue parisienne (Mantes-la-Jolie, Fresnes, Saint-Denis).


“Paris, c’est fini.”

Clothilde Béchou

L’autre inspiration

« Dans mon travail de peintre, j’ai deux sources d’inspiration, explique Jean-René Hissard. A cet « art populaire » découvert au gré de ses pérégrinations, cet héritage inventif et vivifiant qui s’écarte des normes et de la standardisation galopante, s’ajoute une autre influence : celle des grands peintres d’antan. Principalement jusqu’à Courbet et son « enterrement à Ornans » : le premier à représenter des gens ordinaires dans des dimensions monumentales (d’habitude réservées aux genres nobles). Ces influences nourrissent une création picturale et graphique dont un riche ensemble est exposé au BAG à Bordeaux. Affilié à la Bad Painting (littéralement « mauvaise peinture »), il est figuratif, volontiers baroque, séditieux, intégrant matières hétérogènes, empâtements excessifs et charges chromatiques. Une ode à ce « populaire » indomptable.

« Jean-René Hissard – Peintures pour le peuple », jusqu’au 18 mai, BAG Bakery Art Gallery, 44, rue Saint-François, à Bordeaux. Du mardi au samedi de 11h à 19h Gratuit. boulangerieartgallery.com

 
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