inquiétude après la pluie dans les Pyrénées-Orientales

inquiétude après la pluie dans les Pyrénées-Orientales
inquiétude après la pluie dans les Pyrénées-Orientales

Le moustique adore l’eau, on le sait ! Et comme il a beaucoup plu fin avril dans les Pyrénées-Orientales, l’Agence régionale de santé a relancé sa campagne de prévention. Le moustique tigre touche les 13 départements de la région Occitanie et il est devenu un problème « priorité de santé publique » car il peut transmettre des virus comme la dengue, le chikungunya ou le zika. Vingt-trois cas de dengue indigène (personnes n’ayant pas voyagé dans les pays tropicaux) ont été enregistrés l’an dernier dans trois foyers : Perpignan, Montpellier et Gagnières dans le Gard. Cela représente la moitié des cas de dengue non importés enregistrés en France en 2023.

Pour vous donner tous les bons conseils, André Palau, le responsable de l’agence EID (Entente Interdépartementale de Lutte contre les Moustiques) dans les Pyrénées-Orientales était l’invité de France Bleu Roussillon ce vendredi matin.

France Bleu Roussillon : Les conditions météorologiques sont-elles réellement idéales pour la prolifération des moustiques ?

André Palau : Oui, notamment pour le moustique classique que nous traitons depuis le début de l’année. Ces moustiques prospèrent autour des étangs. Nous avons déjà traité 1 200 hectares autour des étangs de Salses-le-Château, de l’étang de Canet-en-Roussillon ou du Bourdigou à Torreilles. Les larves sont déjà là et nous avons 700 hectares supplémentaires à traiter au plus vite. Nous attendons d’avoir des conditions optimales. On ne peut pas le faire au-delà de 20 km/h en tramontane, car on utilise des avions et des hélicoptères.

Comment se déroule le traitement ?

Pour les moustiques classiques, nous utilisons un insecticide biologique, que nous répandons sur les larves un produit appelé Bti ou Bacillus thuringiensis israelensisne. C’est le seul insecticide autorisé depuis 2007. On en utilise au maximum 2,5 litres par hectare, on le mélange avec de l’eau. Nous avons jusqu’à 80% d’efficacité.

Est-ce plus difficile certaines années ?

Il y a des années où le niveau de l’eau est bas et où le couvert végétal est très élevé, ce qui empêche cette bouillie insecticide de toucher l’eau pour que les larves puissent l’ingérer. Et puis cela dépend des conditions climatiques.

Concernant le moustique tigre, installé dans les Pyrénées-Orientales il y a dix ans, il peut transmettre des maladies tropicales comme la dengue, le chikungunya ou le zika. Sont-ils également en plein développement ?

Oui. Et contrairement au moustique des marais, le moustique tigre ne bougera que très peu de son lieu de naissance, il parcourt environ 150 mètres. Alors si vous agissez, vous et vos voisins aurez moins de nuisances.

Vos traitements fonctionnent-ils sur les moustiques tigres ?

Le problème est que le moustique tigre se développe la plupart du temps dans les habitations privées. Nous traitons le domaine public, notamment les eaux pluviales. Chacun doit donc prendre les bonnes mesures. Nous avons créé un site Internet qui récapitule tous les bons gestes, notamment en période de sécheresse. Par exemple, si vous disposez d’un récupérateur d’eau dans votre jardin, celui-ci constitue un véritable nid à larves de moustiques tigres.

Alors faut-il les vider ?

Soit vous utilisez votre eau pour arroser votre jardin. Soit, si vous le rangez, le couvercle doit être complètement fermé. Quant aux soucoupes sous les pots de fleurs, vous pouvez y mettre du sable humide, ce qui profitera à la plante sans que les moustiques femelles puissent y pondre.

Selon vous, ce moustique tigre représente-t-il un réel danger pour la santé ?

C’est vrai qu’il faut adopter de bonnes habitudes, comme en Outre-mer. Et si nous parvenons à réduire la population de ce moustique nuisible, il y aura forcément moins de chances qu’il transmette des maladies.

 
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