Le musée du Louvre retrouve « La Liberté guidant le peuple » après de longs travaux de restauration

Le musée du Louvre retrouve « La Liberté guidant le peuple » après de longs travaux de restauration
Le musée du Louvre retrouve « La Liberté guidant le peuple » après de longs travaux de restauration

Au fil des années, huit couches de vernis ont été appliquées sur le tableau pour rehausser les couleurs avant de les noyer dans une masse jaune terne. La toile mythique a désormais retrouvé ses couleurs d’origine.

L’un des joyaux de l’histoire de l’art français. Après plus de six mois de restauration, le public du Louvre retrouvera dès ce jeudi 2 mai les vraies couleurs d’une icône mondiale de la peinture : La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix, jauni par des décennies de couches de vernis et de crasse. Le tableau mythique a été accroché mardi 30 avril.

«Nous sommes la première génération qui va redécouvrir la couleur de Delacroix», se réjouit Sébastien Allard, directeur du département des peintures au Louvre.

Saleté et poussière

Le tableau qui, hors du Louvre, n’a pu être admiré qu’à sa succursale de Lens (Nord) et au Japon en 1999, représente une allégorie de la Liberté : une femme seins nus brandissant la cocarde bleu-blanc-rouge sur une barricade en pleine insurgés, au coeur de Paris, réalisé par Eugène Delacroix en 1830.

Le tableau « La Liberté guidant le peuple » après sa restauration, musée du Louvre, avril 2024 – Dimitar DILKOFF / AFP

« Avec ces couches de vernis la robe semblait toute jaune et on ne se rendait pas compte de toutes les nuances et touches posées sur un fond beaucoup plus clair. C’était une redécouverte, on le voyait à travers l’imagerie scientifique, on l’appréhendait, mais quand c’est nous qui le faisons, c’est extraordinaire de s’en rendre compte, dit Bénédicte Trémolières, la restauratrice, à BFMTV.

Car, au fil du temps, huit couches de vernis ont été appliquées sur le tableau pour rehausser les couleurs avant de les noyer dans une masse jaune terne, dans laquelle étaient également emprisonnées saletés et poussières, selon lui.

La dernière grande restauration datait de 1949. Elle a été réalisée dans le cadre d’une campagne lancée en 2019 pour les grands formats du XIXème siècle.

“Révélation”

Et c’est une « révélation », confirme Sébastien Allard : des gris, des noirs, des bruns et des blancs illuminent à nouveau la toile, de la fumée blanche sort des armes et de la poussière s’élève au-dessus des barricades, le ciel bleu se dessine au-dessus des tours de Notre-Dame dans le fond comme tous les détails d’une histoire pleine de violence et d’exaltation.

Le tableau « La Liberté guidant le peuple » après sa restauration, musée du Louvre, avril 2024 – Dimitar DILKOFF / AFP

« Delacroix cachait partout des petites touches de couleurs bleu-blanc-rouge parsemées de manière subtile comme en écho au drapeau et qui n’étaient plus du tout perceptibles », ajoute une autre restauratrice, Laurence Mugniot, montrant « la pupille bleue avec une touche de rouge ». » d’un personnage ou le « costume de garde suisse ».

Comme d’autres grands formats, l’immense toile (2,60 m de haut sur 3,25 m de large sans le cadre) n’a pu être transportée jusqu’à l’atelier du centre de recherche et de restauration. Musées de France (C2RMF).

Pour évaluer l’ampleur du travail, les spécialistes se sont appuyés sur “des archives et des photos anciennes” et ont procédé à “des analyses minutieuses de la toile, passées aux infrarouges, aux rayons X et aux ultraviolets”, a expliqué à l’AFP Côme Fabre, conservateur au département peintures de le Louvre, responsable du XIXe siècle.

Après Delacroix

Les restaurateurs ont ensuite procédé à des « tests » sur d’infimes parties du tableau. Equipés de loupes binoculaires et de microscopes, « ils ont notamment découvert que certaines altérations, dont une marque brune sur la robe de Liberty, avaient été ajoutées après Delacroix et qu’elles pouvaient donc être supprimées », révèle-t-il.

La ministre de la Culture Rachida Dati devant le tableau « La Liberté guidant le peuple » après sa restauration, Musée du Louvre, avril 2024 – Dimitar DILKOFF / AFP

Le tableau est arrivé au Louvre en 1874. Il a toujours appartenu à l’État qui l’a acheté lors de sa première exposition publique en 1831.

S’il représente la révolution de juillet 1830, de nombreuses significations lui ont été données : « la Révolution, Marianne, la République française, la France en général, abondamment répétées sur les affiches, lors de la Libération de Paris en 1944, sur les billets de banque ou timbres », explique-t-il.

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