« Le squelette de Madame Morales », une comédie noire teintée de surréalisme et d’humour britannique

« Le squelette de Madame Morales », une comédie noire teintée de surréalisme et d’humour britannique
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Pablo Morales (Arturo de Cordova) dans « Le squelette de Madame Morales », de Rogelio A. Gonzalez. LES FILMS CAMÉLIA

Poursuivant l’exploration des classiques mexicains, les salles de répertoire exhument cette semaine, en version restaurée, Le squelette de Madame Morales, une pépite de comédie noire qui brille de son mauvais esprit. Son réalisateur, Rogelio A. Gonzalez (1922-1984), peu représenté en France, était un prolifique artisan d’atelier, médecin de formation décédé à 62 ans dans un accident de voiture, à la mémoire duquel sont attachés près de soixante-dix films en tout genre. . Sans doute peut-on mieux situer le film à travers son scénariste Luis Alcoriza (1918-1992), exilé de la guerre civile espagnole comme son compatriote Luis Buñuel (1900-1983), pour qui il a écrit plusieurs films majeurs pendant leur retraite mexicaine. , y compris Los Olvidados (1950), El (Tourments1953) ou encore L’ange exterminateur (1962). L’esprit du surréalisme plane effectivement sur Le squelette de Madame Moralesà laquelle s’ajoute une autre influence, un humour macabre typiquement britannique, Alcoriza s’inspirant d’une nouvelle de l’écrivain d’horreur gallois Arthur Machen (1863-1947).

Sur une petite place d’un quartier calme de Mexico, le docteur Pablo Morales se livre à des activités de taxidermiste, au grand dam de son épouse Gloria, une musaraigne estropiée vouée aux bonnes œuvres. Entre eux, la vie conjugale se transformait en guerre de tranchées : lui se délectant de ses petits plaisirs personnels, elle s’efforçant de les empirer scrupuleusement pour lui ; il éprouve parfois un désir pervers pour sa femme, elle le refuse obstinément. Gloria n’hésite pas à faire passer son mari pour une brute, et elle-même pour une martyre, aux yeux de la petite congrégation bigote qu’elle fréquente. Au bar du coin, devant ses amis ivres, le médecin évoque à son tour la possibilité du crime parfait et les moyens d’échapper à la justice. Petit à petit, la pulsion de mort qui les séparait finit par gagner du terrain, et ne tarda pas à s’exprimer.

Le squelette de Madame Morales présente ainsi une variation grinçante sur l’enfer conjugal, en passant par la satire de l’institution conjugale comme fondement de la déchéance bourgeoise. Le décor principal du film est la grande maison sombre qui sert de prison au couple, dont Rogelio A. Gonzalez explore les perspectives en plongée et en contre-plongée, dans un noir et blanc penchant vers l’expressionnisme. Mari et femme campent dans leur espace réservé : Pablo dans son atelier à l’entresol, où repose une inquiétante faune d’animaux empaillés ; Gloria dans la chambre à l’étage, dont elle a évoqué le statut d’alcôve avec d’incroyables bibelots religieux.

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