La Scène Nationale de La Rochelle paralysée par une grève des techniciens intermittents

La Scène Nationale de La Rochelle paralysée par une grève des techniciens intermittents
La Scène Nationale de La Rochelle paralysée par une grève des techniciens intermittents

LLe public a été informé par email et SMS : les spectacles prévus le mercredi 6 décembre au soir et le jeudi 7 décembre par La Coursive sont annulés. Ni la Comédie Française attendue dans « Tartuffe ou l’hypocrite », ni les Tréteaux de France et leur « Théorème du pissenlit » ne monteront donc sur scène. Et la représentation finale de l’œuvre de Molière prévue vendredi est incertaine. La direction de la Scène nationale a pris cette décision en raison du mouvement de grève lancé par l’ensemble des 30 techniciens intermittents sur lesquels repose l’organisation technique des spectacles. Un mouvement soutenu par la CGT, dont les représentants des syndicats locaux et départementaux étaient présents ce mercredi sur la grande scène aux côtés de la déléguée du personnel de La Coursive, Laurence Gomez.

La question se heurte à l’augmentation de salaire que ces personnels demandent à la direction. “Depuis novembre 2020, les taux horaires n’ont pas évolué alors qu’ils auraient dû augmenter de 1,5% par an soit 4,35% au total, conformément à la pratique consistant à nous faire bénéficier de l’accord “entreprise du 9 février 2006”, précise un communiqué rédigé dans la matinée de mercredi. Ces personnels soulignent en outre que « la direction a choisi de réduire son équipe technique à trois managers permanents » ; il y en avait “une dizaine jusque-là”, ajoute Laurence Gomez.

Des exigences réduites

Ils demandent que ce point et demi de valorisation soit appliqué aux salaires horaires bruts, dont le montant actuel précise le délégué du personnel : « 12,94 € pour un technicien ; 15,41 € pour un manager et 16,61 € pour un manager principal.


Laurence Gomez, déléguée du personnel de la Scène nationale.

Photo PB

“Nous comprenons la déception du public ajoute le communiqué, cependant notre souhait n’étant pas d’empêcher les deux spectacles de jouer cette semaine, nous avons baissé nos demandes afin de trouver un accord : demande refusée par la direction qui a préféré annuler les représentations d’elle-même. »

La Coursive ne peut pas se contenter de l’argent qu’elle n’a pas »


Franck Becker : « La Coursive ne peut pas se contenter de l’argent qu’elle n’a pas ».

Photo Xavier Léoty

Le directeur fait une lecture comptable de la situation. “On ne peut pas demander à La Coursive de faire plus avec l’argent qu’elle n’a pas”, commente Franck Becker qui argumente sur la baisse générale des dotations et l’explosion des coûts – énergétiques notamment -, fondements d’une équation insoluble. « Le contexte s’applique à la Coursive comme à la majorité des théâtres publics aujourd’hui », poursuit-il. Depuis dix à quinze ans, nous enregistrons une baisse de nos financements publics. La subvention du ministère de la Culture est à peu près la même, celle de l’Agglomération de La Rochelle n’est plus indexée depuis 2022, le Département et la Région ont baissé la leur. »

Concernant la pratique à La Rochelle d’étendre aux intermittents le bénéfice d’une revalorisation annuelle des taux horaires dont bénéficient les salariés permanents par convention, le directeur, contrairement aux délégués CGT, explique en substance qu’une pratique n’est pas une évidence et son bénéfice peut être levé sans dénonciation préalable. Il ajoute que l’éventuelle annulation des six représentations de la semaine affectera 3.820 spectateurs et constituera pour La Coursive un manque à gagner de près de 88.000 euros et une perte globale de 180.000 euros au vu des facturations auxquelles font face la Comédie française et la Les Tréteaux de France ne lâcheront rien.

 
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