Le Nouvel Empire”, blockbuster solide mais peu innovant – rts.ch

Le Nouvel Empire”, blockbuster solide mais peu innovant – rts.ch
Le Nouvel Empire”, blockbuster solide mais peu innovant – rts.ch

Après la première pentalogie de la Planète des singes, débutée en 1968, un remake de Tim Burton, voici le quatrième volet d’une nouvelle saga débutée en 2011. Le blockbuster « La Planète des singes : Le Nouvel Empire » tire un peu sur la corde, mais fait résonner le roman de Pierre Boule avec notre époque.

Racisme. Écologie. Danger nucléaire. Anti-spécisme. Cohabitation entre primates et êtres humains. Depuis près de soixante ans, le renversement de l’évolution imaginé par l’écrivain Pierre Boule ne cesse de nourrir les questions contemporaines. Et ce n’est pas Disney, propriétaire de la franchise « La Planète des singes », qui se gardera de continuer à l’exploiter à fond.

L’excellente actualisation de la saga, débutée en 2011 avec « Les Origines », prolongée avec « La Confrontation » et ponctuée par « Suprématie », retrouve ici un quatrième volet qui a tous les allures d’un épisode opportuniste, tremplin pour de futures itérations évidentes. . Pourtant, le résultat est loin d’être indigne.

Nous sommes en 2328. Des siècles après la mort de César, figure messianique et chef fédérateur du soulèvement des singes contre les humains, Noa vit en paix avec son clan dont chaque membre est lié à un aigle. Jusqu’au jour où un autre clan de primates, bien plus guerrier, dirigé par le dictatorial Proximus, asservit le peuple de Noa et cherche à exploiter les connaissances d’un jeune humain qui jouera un rôle essentiel dans cette guerre pour le pouvoir.

La nature a repris ses droits

Sans sacrifier ses personnages sur l’autel du pur spectacle, pourtant assez étonnant, “Le Nouvel Empire” débute par une plongée assez étonnante dans une nature qui a repris ses droits, la faune corrompant les gratte-ciel des villes en ruine. L’humain semble n’être qu’un écho lointain et se contente ici d’une présence minimale, l’accent du film étant ici heureusement mis sur les primates.

Si le film prolonge sans grande nouveauté les questions posées dans les épisodes précédents, concernant la cohabitation entre singes et humains, les luttes internes au sein du peuple simien, il développe néanmoins une réflexion plus singulière sur le patrimoine et le passé.

D’un côté, Noa, le héros de ce film aux allures de récit initiatique, vit dans l’oubli inconscient du passé de ses ancêtres, comme enveloppé dans une bulle idéale mais illusoire. Sa prise de conscience progressive du statut ancien des singes sur terre constitue l’une des pistes narratives les plus passionnantes de cette suite, notamment dans une scène merveilleuse où Noa découvre des images de singes enfermés dans des grottes dans un livre pour enfants. cages de zoo.

>> Le débat cinéma Vertigo :

Cinéma débat : « La Planète des singes : Le Nouvel Empire » de Wes Ball / Vertigo / 8 min. / hier à 11h19

Un blockbuster tenu

Méchant désigné mais trompeur du « Nouvel Empire », le tyrannique Proximus pervertit quant à lui les valeurs fédératrices de César tout en prétendant les perpétuer, détournant un message de paix au profit d’un dogmatisme religieux qui ne vise que le pouvoir. Finalement, la jeune humaine aux intentions plus que vagues se révèle finalement bien moins innocente qu’elle n’y paraît, brandissant un discours ultra-conservateur sur l’appartenance supposée de la planète à l’espèce humaine.

On décèle dans cette manière un retour constant aux origines, à un passé qui évolue finalement très peu, à la fois un aveu de faiblesse de ce « Nouvel Empire » qui n’est nouveau que dans son titre, autant qu’un livre plus captivant. » et pessimiste, sur notre incapacité à définir les contours d’un monde véritablement différent et renouvelé. En l’état, et malgré une présentation plus fonctionnelle qu’imaginative, « La Planète des singes : Le Nouvel Empire » s’affirme comme un blockbuster solide, cohérent et pertinent.

Rafael Wolf/olhor

« La Planète des singes : Le Nouvel Empire » de Wes Ball, avec Freya Allan, Kevin Durand, William H. Macy. A voir dans les cinémas francophones depuis le 8 mai 2024.

 
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