La Bourse de Paris tourne la page des élections, pas du risque politique – .

La Bourse de Paris tourne la page des élections, pas du risque politique – .
La Bourse de Paris tourne la page des élections, pas du risque politique – .

La réaction de la Bourse de Paris lundi après le second tour des législatives est faible, mais l’impact de la dissolution sur les investisseurs sera durable, préviennent les spécialistes du marché.

Alors que les forces de gauche ont surpris tous les observateurs en arrivant en tête dimanche, la Bourse de Paris s’en est accommodée lundi. Mieux encore, alors que l’indice phare CAC 40 a ouvert en baisse de 0,49%, il a gagné 0,86% à 7.741,35 points peu avant 11h00, juste avant la démission attendue du Premier ministre Gabriel Attal.

La réaction initiale est loin de celle du marché parisien au lendemain de la dissolution (-2,37% à l’ouverture) ou après le premier tour des législatives (+2,59%). Pour les marchés, la vision de l’après-scrutin n’a pas changé dimanche. Entre les deux tours, les observateurs financiers pariaient déjà sur une absence de majorité qui empêcherait le parti arrivé en tête de mettre en œuvre son programme.

Finalement, le Nouveau Front populaire dispose d’environ 180 sièges, le camp présidentiel d’environ 160 et le RN et ses alliés de plus de 140 sièges. C’est bien moins que les 289 sièges nécessaires pour avoir une majorité.

L’immobilité bien vue

Lundi, Andrzej Szczepaniak, de la banque japonaise Nomura, a estimé qu’il était « peu probable que le Nouveau Front populaire », bien qu’ayant « clairement dépassé les attentes », gouverne.

Même constat pour Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF : « Comment gouverner avec une Assemblée nationale aussi fragmentée ? Arithmétiquement parlant, cela paraît très difficile, voire impossible. »

Il parle d’une France « condamnée à l’immobilisme » quand M. Szczepaniak envisage « un Premier ministre technocrate ».

Le soulagement était aussi visible dans les cours des actions des entreprises les plus affectées par le contexte de dissolution : TF1 (+5,31%) et M6 (+3,97%) bondissaient avec la moindre probabilité d’une privatisation de France Télévisions, Eiffage (+2,41%) et Vinci (+1,90%) avec l’espoir qu’une renégociation des concessions autoroutières soit écartée, et les banques (Crédit Agricole +2,09%, Société Générale +1,80%) montaient aussi.

Mais les premières réactions du marché ne donnent pas toujours une image fidèle des mouvements qui suivront et la tendance de lundi pourrait se confirmer (comme dans la semaine suivant la dissolution) ou au contraire s’affaiblir (comme durant l’entre-deux-tours) en fonction des prochains événements politiques.

« La perspective d’un gouvernement de gauche avec un risque budgétaire pourrait effrayer les investisseurs, notamment anglo-saxons », note Christian Parisot, pour le courtier Aurel BGC.

Nouvelle dégradation de la France ?

Les élections législatives sont loin d’être une parenthèse qui se serait refermée dimanche. Le CAC 40 était juste au-dessus des 8.000 points avant la dissolution, il est toujours en baisse de 3,25%. La chute est même de plus de 6% par rapport à son pic absolu, atteint le 10 mai.

Par rapport aux autres marchés européens, la Bourse de Paris a désormais enregistré une baisse significative.

Le constat est similaire sur le marché de la dette : l’écart entre l’emprunt français à 10 ans et son équivalent allemand – la référence en Europe qui sert à évaluer la confiance des investisseurs dans un pays – est désormais de 0,65 point de pourcentage (3,22% contre 2,57%).

C’est certes bien plus bas qu’à la veille du premier tour (autour de 0,85 point de pourcentage), mais toujours bien au-dessus de ses niveaux d’avant la dissolution (moins de 0,50).

Et ces écarts ne sont pas forcément près de se résorber. « La prime de risque française n’a aucune raison de retomber au niveau d’il y a un mois quand le risque politique n’existait pas », estime Bruno Cavalier. Le spectre d’une nouvelle dégradation de la note de la France par les agences de notation est déjà évoqué par certains analystes, comme John Plassard pour Mirabaud.

Pour UBS, « la rigueur budgétaire et le budget 2025 seront au centre des préoccupations des investisseurs », alors que la Commission européenne a ouvert la voie à une procédure pour déficit public excessif en France. « Une réaction immédiate (…) nous paraît toutefois peu probable. (Les agences de notation) attendront probablement des changements concrets de politique budgétaire », estime la banque suisse.

La réaction de la Bourse de Paris lundi après le second tour des législatives est d’une ampleur faible mais l’impact de la dissolution sur les investisseurs sera durable, préviennent les spécialistes du marché. Alors que les forces de gauche ont surpris tous les observateurs en arrivant en première position dimanche, la Bourse de Paris s’en est accommodée lundi. Mieux,…

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Après son attaque, Elon Musk soutient officiellement Donald Trump – .
NEXT BMW va copier Hyundai pour ses voitures de sport électriques – .