Aide aux médias canadiens | Le choix de Google fait sensation

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Aide aux médias canadiens | Le choix de Google fait sensation

La redistribution des 100 millions annoncés par Google aux médias canadiens devrait être coordonnée par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), et non par un organisme nouvellement fondé choisi par le géant des moteurs de recherche, comme cela a été annoncé le 7 juin, estime un collectif d’éditeurs canadiens qui prétend représenter plus de 95 % de l’industrie.


Publié à 1h34

Mis à jour à 7h00

Le groupe est dirigé par Médias d’information Canada, qui compte à lui seul plus de 550 médias canadiens, allant des publications communautaires aux grands médias comme La presse et le Globe et Mail.

Lisez la déclaration des éditeurs de médias du Canada

Le collectif demande entre autres au CRTC de s’assurer que l’organisme choisi pour la redistribution des 100 millions n’est pas en conflit d’intérêts. Les médias d’information du Canada, reconnaît immédiatement son PDG Paul Deegan, étaient en lice pour devenir l’organisation appelée à redistribuer les fonds de Google.

Finalement, c’est un autre organisme à but non lucratif, le Collectif du journalisme canadien, fondé à cet effet en mai dernier et qui regroupe principalement des médias indépendants et communautaires, qui a été retenu.

1500 médias en lice

Depuis des mois, le choix de cette organisation fait couler beaucoup d’encre, notamment au Canada anglais, les petits médias disant notamment craindre de voir l’enveloppe de 100 millions monopolisée par les plus gros.

M. Deegan refuse de dénoncer explicitement le choix du Collectif du journalisme canadien. “Nous avons demandé à Google, ils ont choisi quelqu’un d’autre […] Ce que nous demandons au CRTC, c’est de garantir l’intégrité du processus et de s’assurer que les lois et les règlements sont respectés. »

Loi sur les informations en ligne, issue du projet de loi C-18, a été adoptée en juin 2023 et est entrée en vigueur en décembre de la même année. Il oblige les géants du Web à payer des redevances aux médias canadiens. Alors que Meta réagissait en supprimant tous les contenus médiatiques de ses plateformes Facebook et Instagram, Google a annoncé en novembre le versement d’un montant de 100 millions indexés chaque année. Une partie des modalités de paiement a été définie via règlement par Ottawa en décembre dernier : un maximum de 37 millions, dont 7 millions à CBC/Radio-Canada, a été imposé aux télédiffuseurs. Les 63 millions restants seront redistribués par l’organisme choisi par Google, parmi les quelque 1 500 médias ayant demandé une compensation.

Un deuxième contrôle

Cette liste, qui La presse a pu consulter, est très hétérogène, allant des grands médias connus aux petites publications spécialisées comme La vie à Toronto ou des magazines comme Châtelaine. Cependant, le Loi sur les informations en ligne définit les entreprises de presse éligibles et exclut spécifiquement les médias consacrés « principalement à [à] un sujet donné, comme des actualités spécifiques à une industrie particulière, des sports, des loisirs, des arts, un style de vie ou un divertissement.

«Le collectif choisi devra vérifier lui-même cette éligibilité», explique M. Deegan.

Ce que nous disons, c’est qu’il faut une deuxième vérification du CRTC, indépendante de cet organisme.

Paul Deegan, PDG de Médias d’information Canada

Il n’a pas été possible d’obtenir une entrevue avec un responsable du Collectif du journalisme canadien (CCJ). Par courriel, une porte-parole, Gabrielle Brassard-Lecours, a indiqué que l’organisme travaillerait « avec les intervenants et les parties intéressées afin de répartir les fonds de manière équitable et conformément aux Loi sur les informations en ligne et les règlements du CRTC. Mmoi Brassard-Lecours, journaliste indépendant québécois qui a notamment cofondé les publications Ricochet et Pivot Québec, rappelle également que le CRTC a annoncé sur son site Internet une consultation publique sur la question.

«Une fois que l’Agence [sic] a terminé ses travaux, nous procéderons à un processus officiel et global de mobilisation des parties prenantes », indique le courriel.

Selon le site Internet du CCJ, son conseil d’administration est composé de 15 personnes, provenant notamment de médias comme Pivot et The Resolve ou d’organismes comme la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec. La « présidente du comité directeur » est Erin Millar, PDG de la société Indiegraf, qui propose une série d’outils d’édition et de publicité pour les petits médias.

À la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), le président Éric-Pierre Champagne assure qu’il « comprend les préoccupations de chacun ». «Les petits médias avaient peur d’être oubliés, ils avaient peur que le grand consortium médiatique soit choisi : ce n’est pas ce qui s’est passé […] D’un autre côté, ils veulent s’assurer qu’il n’y aura pas de surreprésentation des petits médias. Les règles doivent être claires. »

Il estime que ce n’est pas à Google de définir ces règles. « Nous leur permettons de choisir avec qui ils vont négocier ; c’est un problème. Peut-être qu’à long terme, une fois les fonds distribués, tout le monde sera content. Mais le gouvernement doit continuer à suivre cette situation de très près et à veiller à ce que l’esprit et la lettre de la loi soient respectés. »

 
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