Armes de service | Les contrôleurs routiers déplorent le silence radio du Québec

Armes de service | Les contrôleurs routiers déplorent le silence radio du Québec
Armes de service | Les contrôleurs routiers déplorent le silence radio du Québec

Deux mois après une entente conclue avec le gouvernement, qui a reporté les poursuites judiciaires, les contrôleurs routiers déplorent la lenteur du Québec à confirmer qu’ils seront désormais armés. Le syndicat qui les représente appelle à accélérer les discussions, alors que la profession devient « de plus en plus dangereuse ».


Publié à 00h50

Mis à jour à 5h00

Ce qu’il faut savoir

Les contrôleurs routiers du Québec réclament d’être armés face à la multiplication des événements dangereux.

Les plaidoiries à ce sujet ont été récemment reportées, Québec ayant fait miroiter une éventuelle entente.

Depuis, c’est le silence radio du gouvernement, déplore le syndicat des contrôleurs.

«C’est assez irritant, ce qui se passe», a déclaré le président de la Fraternité des gendarmes routiers du Québec (FCCRQ), Jean-Claude Daignault, en entrevue avec -.

En avril dernier, des plaidoiries devaient avoir lieu devant le Tribunal administratif du travail (TAT) afin de trancher sur la possibilité d’armer les contrôleurs routiers, qui déplorent d’être confrontés à des événements plus violents, souvent liés au crime organisé, dans le cadre de leurs devoirs.

Or, selon nos informations, ces plaidoiries n’ont finalement jamais eu lieu, puisque le gouvernement a demandé un report du dossier à fin mars, faisant miroiter la possibilité d’un accord à l’amiable pour que les contrôleurs soient équipés d’une arme à feu de service.

« Il y avait la possibilité d’un accord rapide. Au départ, cela nous paraissait une démarche très positive, mais depuis, les choses n’avancent plus, nous n’avons plus de contact. Nous avons demandé des rencontres, mais c’est comme si le gouvernement ne voulait pas trop en parler», affirme le dirigeant syndical.

Un message contradictoire ?

Selon certaines sources, les membres du gouvernement auraient agi trop rapidement sur ce dossier. Malgré des signaux initialement positifs, Québec serait aujourd’hui plutôt réticent à aller de l’avant en raison du message contradictoire qu’il pourrait envoyer pour armer davantage les fonctionnaires, au moment où la lutte contre la violence armée bat son plein à Montréal.

De nombreuses autres questions devraient également être éclaircies avant de conclure un accord, notamment le coût de l’armement de tous les contrôleurs routiers, mais aussi la nécessité d’élargir leur programme de formation à l’École nationale de police (ENP) pour y parvenir.

“Ce n’est pas sexy politiquement, je suis d’accord, mais j’ai des membres qui ont peur de ne pas rentrer chez eux le soir», rétorque à ce sujet le président de la FCCRQ, qui a déjà mandaté ses avocats pour demander des audiences au TAT dans les plus brefs délais. Si l’impasse n’est pas résolue d’ici là, de nouvelles audiences sont prévues les 9, 10 et 11 septembre.

Depuis des mois, les Frères musulmans réclament que leurs membres soient armés. « Dans le cadre de notre travail, nous sommes en contact avec des groupes criminels, mais nous ne sommes pas équipés pour cela. À vrai dire, j’ai beaucoup de gens qui ferment les yeux sur les contrôles, parce qu’ils veulent rentrer à la maison à la fin de la journée. Nous sommes impuissants face à cela», soutenait M. Daignault en février dernier.

Selon lui, «aucun policier au Québec ne ferait notre travail s’il n’était pas armé». En moyenne, les contrôleurs routiers réalisent entre 80 000 et 100 000 interceptions par an, de jour comme de nuit. Ultimement, c’est le cabinet du premier ministre François Legault «qui pourrait nous permettre de passer à l’étape finale», estime M. Daignault.

« Dossier délicat »

Au gouvernement, nous restons pour le moment très prudents sur cette question, réitérant que cette affaire reste « judiciarisée ».

« C’est une question délicate et importante. Nous savons qu’il s’agit d’une demande de longue date, qui doit être analysée avec attention. Les canaux de communication avec les contrôleurs routiers sont et resteront ouverts. L’affaire est toujours devant les tribunaux, nous limiterons donc nos commentaires», a déclaré l’attaché de presse du premier ministre, Ewan Sauves.

De son côté, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), dont relèvent les contrôleurs routiers, a indiqué qu’elle ne ferait aucun commentaire, « le processus étant toujours en cours devant le Tribunal administratif du travail ».

L’industrie du camionnage restera attentive aux évolutions. «Je laisse les autorités compétentes évaluer cette approche au regard d’une entreprise qui, je le reconnais, a évolué et représente peut-être plus de risques qu’avant», affirme le PDG de l’entreprise. Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux.

En février, - avait rapporté qu’une interception de routine des inspecteurs routiers avait permis la découverte de deux véhicules volés, à Laval, qui se dirigeaient vers le port de Montréal. Au cours des derniers mois, plus d’une douzaine d’événements similaires ont eu lieu auprès des contrôleurs routiers, précise M. Daignault, qui rappelle que des saisies d’armes sont également effectuées par ses membres.

 
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