BHP revient à la charge et demande plus de temps pour parfaire sa proposition

BHP revient à la charge et demande plus de temps pour parfaire sa proposition
BHP revient à la charge et demande plus de temps pour parfaire sa proposition

Le géant minier australien ne compte pas baisser les bras. Après avoir vu deux de ses offres de rachat de son rival britannique Anglo American refusées, BHP tient à réitérer et a demandé mercredi aux régulateurs un délai supplémentaire pour préparer une offre de rachat révisée.

BHP estime qu’une nouvelle prolongation du délai est nécessaire pour permettre la poursuite des travaux sur sa proposition. », a-t-il déclaré dans un communiqué à la Bourse australienne, ce mercredi, jour de la date limite de dépôt des offres.

Conformément aux règles britanniques en matière de rachat, BHP avait jusqu’au 29 mai pour parvenir à un accord, demander une prolongation ou se retirer.

Une fusion entre deux des plus grandes sociétés minières mondiales bouleverserait le secteur et aurait des conséquences considérables sur les marchés des matières premières et la transition énergétique mondiale.

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Deux offres rejetées

Début mai, BHP a vu son offre rejetée alors qu’il avait mis sur la table 34 milliards de livres (près de 40 milliards d’euros), soit trois milliards de livres de plus que son offre initiale d’achat d’Anglo American. Et le géant a même relevé la semaine dernière son offre à 38,6 milliards de livres (45,4 milliards d’euros). Mais la nouvelle offre » continue de sous-évaluer considérablement Anglo American et ses perspectives d’avenir », a immédiatement répondu l’entreprise visée, son conseil d’administration l’ayant rejeté à l’unanimité.

Comme lors de sa première offre, présentée le 16 avril, BHP n’envisageait pas de reprendre deux filiales sud-africaines d’Anglo American, l’activité platine et celle du minerai de fer, qui feraient l’objet d’une scission avant la finalisation de l’opération. Ce qui n’a pas plu au groupe britannique. Termes ” très peu attractifs pour les actionnaires d’Anglo American, compte tenu de l’incertitude et de la complexité qu’ils impliquent avec des risques d’exécution importants », a ajouté l’entreprise.

La somme proposée par BHP a donc été jugée trop faible compte tenu de la difficulté de scinder le groupe avant de finaliser le rachat. Une tâche qu’Anglo American entend désormais mener seule avec l’accélération de sa stratégie de simplification.

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Inquiétudes sur les actifs sud-africains

D’autant que le partage des actifs d’Anglo American en Afrique du Sud est politiquement sensible et a notamment suscité l’opposition de Pretoria à l’heure des élections de mercredi. À noter, Anglo American avait déjà annoncé en début d’année son intention de supprimer des milliers d’emplois dans son activité platine en Afrique du Sud.

BHP a donc présenté mercredi une série de mesures visant à apaiser ces inquiétudes, en s’engageant notamment à maintenir les effectifs d’Anglo American à Johannesburg. ” BHP estime que les mesures proposées offrent une protection substantielle contre les risques aux actionnaires d’Anglo American. », indique l’entreprise dans son communiqué.

Devenir le premier producteur mondial de cuivre

Si le géant australien est si attaché à cet accord, c’est parce que les enjeux sont importants pour lui. Cette acquisition donnerait naissance au premier producteur mondial de cuivre, métal clé de la transition énergétique, permettant de nombreux usages industriels, comme la composition des batteries des véhicules électriques.

Pour Joshua Mahony, analyste chez Scope Markets interrogé par l’AFP, ce deuxième rejet signale que « aucune transaction ne se fera à rabais “, en particulier si ” un autre prétendant s’en mêle « .

De plus, ” BHP n’a pas caché qu’il cible particulièrement les actifs de cuivre d’Anglo American et le fait que nous ayons atteint vendredi un plus haut depuis deux ans montre que nous devrons agir rapidement avant de voir » Le prix de ces actifs va encore augmenter, ajoute-t-il. En effet, le prix du cuivre est en forte hausse depuis un an (+22%), et Anglo American, comme les experts du marché, s’attendent à ce que le métal rouge poursuive cette tendance.

De plus, le géant australien, l’une des plus grandes sociétés minières au monde, a récemment connu une baisse de ses bénéfices suite à la chute des prix mondiaux du nickel et aux indemnisations versées après une catastrophe minière en 2015 au Brésil.

 
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