A l’assemblée générale de TotalEnergies, des manifestants pour le climat, de nombreux policiers et une immense banderole de Greenpeace

A l’assemblée générale de TotalEnergies, des manifestants pour le climat, de nombreux policiers et une immense banderole de Greenpeace
A l’assemblée générale de TotalEnergies, des manifestants pour le climat, de nombreux policiers et une immense banderole de Greenpeace
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Des militants de Greenpeace ont déployé une banderole montrant le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, « recherché par la société civile », vendredi 24 mai 2024. ANTONIN UTZ / AFP

TotalEnergies prépare une nouvelle assemblée générale (AG) sous tension, que les manifestants de la cause climatique se verront bousculer vendredi 24 mai, au moment où les actionnaires doivent se prononcer sur les enjeux climatiques et la reconduction du PDG, Patrick. Pouyanné.

Dès 9 heures du matin, soit cinq heures avant le début prévu de l’assemblée générale, des militants de Greenpeace ont déployé, sur un immeuble à quelques centaines de mètres du siège du groupe, une banderole montrant M. Pouyanné «recherché par la société civile».

La police est présente en nombre dans le quartier d’affaires de La Défense, où la quatrième major pétrolière mondiale et première entreprise française en termes de bénéfices, centenaire cette année, tiendra sa grand-messe annuelle. Des portails ont été installés devant l’entrée.

TotalEnergies dit avoir choisi sa tour de 48 étages, plutôt qu’une salle parisienne, pour éviter “immobiliser un quartier de Paris” – comme lors de l’édition 2023, ponctuée d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.

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« Climaticide »

Un an plus tard, la pression n’est pas retombée. Dans la rue ou devant les tribunaux, le groupe reste sous le feu des critiques, les défenseurs du climat l’accusant d’aggraver le réchauffement climatique et de porter atteinte à la biodiversité et aux droits de l’homme, en raison de ses activités dans le gaz et le pétrole.

« Nous dénonçons la stratégie d’expansion de TotalEnergies, qui est toujours orientée vers le développement des fossiles, malgré un discours vert »explique Edina Ifticene, militante contre les énergies fossiles chez Greenpeace.

Un argument partagé par plus de 300 scientifiques, dont des experts mandatés par l’Organisation des Nations Unies (ONU), signataires d’un forum en Le monde se qualifiant comme «climaticide» La stratégie de TotalEnergies.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « TotalEnergies ne réduira pas sa production d’énergies fossiles parce que nous le lui demandons poliment »

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Des organisations ont appelé à bousculer l’AG. Parmi eux, le mouvement Extinction Rebellion, qui réclame “abandon” projets phares en Ouganda-Tanzanie, au Mozambique et en Papouasie-Nouvelle-Guinée et, recommandation de l’Agence internationale de l’énergie, « arrêter tout investissement dans de nouveaux projets fossiles ». Entre “300 et 600” Des manifestants sont attendus, selon une Source policière, qui s’attend à des affrontements entre écologistes et actionnaires.

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Orienté vers ” risque “ troubles à l’ordre public, le préfet de police de Paris a pris un arrêté interdisant les manifestations non déclarées autour de la tour Coupole.

A l’ordre du jour, les actionnaires seront appelés à voter sur la stratégie climat de TotalEnergies, certains investisseurs appelant également à une transition énergétique plus ambitieuse.

Pouyanné regarde vers New York

L’année dernière, chez TotalEnergies, une résolution purement consultative d’actionnaires activistes avait recueilli 30,4% des voix. Il a demandé à l’entreprise d’aligner ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur l’accord de Paris de 2015, afin de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. (le monde est déjà autour de 1,2°C). Cette fois, aucune résolution consultative n’est annoncée.

Une coalition d’actionnaires revendiquant 0,9% du capital a réclamé, en vain, même devant les tribunaux, une résolution non contraignante visant à « mettre fin au cumul des fonctions de président et de directeur général » occupé par Patrick Pouyanné, pour le maintenir au poste unique de directeur général.

Un choix impensable pour le conseil d’administration, attaché au « stabilité stratégique » de l’entreprise qui a réalisé 21,4 milliards de dollars de bénéfices en 2023, après 20,5 milliards de dollars en 2022, et proposera aux actionnaires de reconduire le PDG pour un quatrième mandat.

Le fougueux leader aux commandes depuis dix ans présidera cette réunion sur fond de polémique après ses déclarations sur un éventuel déplacement de la cotation principale du groupe de Paris vers la Bourse de New York, déclenchant l’ire de la classe politique, de Bruno Le Maire à Emmanuel Macron.

Comme pour apaiser les critiques, il a évoqué jeudi dans Le Figaro un « erreur de traduction » : il ne voulait pas parler d’une cotation principale à Wall Street mais d’une transformation en actions classiques de titres déjà négociés sous une forme réservée aux sociétés étrangères. M. Pouyanné souligne le fait que les Américains achètent plus d’actions que les Européens, contraints par les règles d’investissement durable.

Le PDG répète que TotalEnergies est « le groupe pétrolier le plus impliqué dans la transition énergétique ». Un tiers de ses investissements sont consacrés aux énergies bas carbone, dont 95 % d’électricité renouvelable.

Mais, en septembre, le groupe de réflexion Carbon Tracker estimait que ” seul “ La compagnie pétrolière italienne Eni avait des objectifs de réduction des émissions “potentiellement” aligné sur l’Accord de Paris. TotalEnergies arrive deuxième devant Repsol et BP, loin devant le saoudien Aramco et l’américain ExxonMobil.

Le Monde avec l’AFP

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