Le métro de Montréal va-t-il s’effondrer ? – .

La question posée dans mon titre est catastrophique, et la réponse courte est : non. Le métro de Montréal tiendra le coup, du moins à court terme.


Publié à 1h32

Mis à jour à 5h00

Mais les pannes se multiplient, c’est indéniable. Et l’état de cette gigantesque infrastructure, dans ses profondeurs, loin des yeux des usagers, se dégrade à grande vitesse.

Beaucoup plus rapide qu’on pourrait le croire.

Fissures et déformations du béton, gabarits des rails, murs qui se détachent des tunnels, infiltrations : ça craque partout. Le système est vieux et tous les maux apparaissent en même temps.

Les chiffres et les photos que j’ai obtenus, contenus dans un rapport envoyé en avril à la ministre des Transports Geneviève Guilbault, sont effrayants. Le métro demeure sécuritaire, insiste la Société de transport de Montréal (STM), mais tout cela pourrait mal tourner sans un réinvestissement majeur dans le « maintien des actifs ».

Un réseau vieillissant

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    Des exemples de situations « critiques », parmi des dizaines

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    Des exemples de situations « critiques », parmi des dizaines

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Au cours des cinq dernières années, le nombre de signalements d’actifs en « état critique » a plus que doublé, apprend-on. Il y en avait une centaine en 2022 nécessitant des réparations urgentes, dans un délai maximum de 12 à 24 mois.

Les cas « problématiques », qui doivent être réparés dans un délai de deux à cinq ans, ont également doublé durant cette période, pour atteindre près de 300.

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Les équipes de la STM gèrent les situations les plus urgentes. Mais en attendant, les demandes de réparation « non résolues » s’accumulent. Ils sont passés de 83 il y a cinq ans à 2 757 l’an dernier !

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Cette dégradation se traduit par des interruptions de service. Près de 160 ont été causées par une « casse » l’an dernier, sans compter toutes les pannes d’origine humaine (portes braquées, bagarres, inconfort…). C’est beaucoup et ça augmente.

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J’ai parlé cette semaine à la directrice générale de la STM, Marie-Claude Léonard. Son organisation marche actuellement sur une ligne très mince.

Comme un funambule essayant de garder son équilibre sur un fil.

La STM doit s’assurer que le métro demeure sécuritaire, et c’est le cas, m’a répété Mmoi Léonard. Mais elle veut aussi alerter Québec – principal bailleur de fonds pour l’entretien et l’exploitation du réseau – que la situation pourrait rapidement devenir intenable.

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PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES -

Marie-Claude Léonard, directrice générale de la STM

Il est faux de dire que le métro est en bonne santé. Le métro a presque 60 ans, il nécessite donc forcément des investissements. Notre préoccupation est de dire que si nous continuons à ce rythme d’investissement, quelque chose finira par arriver…

Marie-Claude Léonard, directrice générale de la STM

Des « choses » ont déjà failli se produire, il n’y a pas si longtemps.

En avril 2023, la ligne verte a été fermée pendant plusieurs heures après l’apparition de fissures dans la voûte du tunnel du métro entre les stations Berri-UQAM et Saint-Laurent. Cet arrêt a créé une véritable agitation, voire un véritable chaos, pour 90 000 usagers.

Lire « Métro de Montréal : des fissures dans la toiture forcent la fermeture de la ligne verte »

La STM a déployé une armée d’experts pour effectuer toutes sortes de tests, avant de rouvrir la ligne le lendemain matin. Une surveillance étroite des installations s’est avérée efficace.

Le pire a été évité. Cette fois. Mais des situations comme celle-ci – ou pire encore, comme des fermetures à long terme – pourraient se reproduire. C’est même plausible.

«Le cri du cœur tout au long de tout cela, c’est qu’il faut avoir une enveloppe de maintien des actifs qui répond aux besoins», affirme le directeur général.

Vous en avez peut-être marre d’en entendre parler, mais ce que je vous dis aujourd’hui nous ramène à une question centrale : celle du financement des transports en commun.

Question éternelle. Serpent à plusieurs têtes.

Les entreprises de transport sont toujours en discussions avec Québec pour s’entendre sur un financement récurrent – ​​et suffisant – pour l’exploitation des réseaux. Il manque des centaines de millions de personnes et cette première partie n’est pas résolue.

Les sommes destinées au maintien des actifs, par exemple la modernisation des anciennes rames de métro MR-73, proviennent d’autres sources gouvernementales. Ils sont inclus dans le Plan québécois des infrastructures (PQI). Et le dernier en date, dévoilé en mars en même temps que le budget provincial, a déçu la STM. Un mot faible pour résumer l’inquiétude actuelle.

En effet, les sommes inscrites au dernier PQI ne correspondent plus à 41 % de ce qui était disponible en 2013, calcule la STM. Le déficit de maintien des actifs s’élève à 6 milliards de dollars, et le temps presse.

Plus nous attendons, plus la situation empire et plus cela coûte cher. La STM ne sait toujours pas quels montants lui seront alloués à court, moyen et long terme pour plusieurs de ses programmes de mise à niveau. Le flou est génial.

Et oui : la STM cherche toujours des moyens de réduire sa structure de coûts élevée, largement critiquée par Québec. Des économies récurrentes de 85 millions ont été trouvées dans les budgets, et l’objectif de 100 millions demeure, confirme Marie-Claude Léonard.

C’est un exercice nécessaire. Cette dose d’autodiscipline budgétaire renforcera, à mon avis, le plaidoyer de la STM auprès du gouvernement Legault.

Une rencontre est prévue ce vendredi entre la ministre Geneviève Guilbault et les villes du Grand Montréal pour discuter du financement de l’exploitation des réseaux de transport collectif. Résultat attendu d’ici quelques semaines ou mois.

Concernant le maintien des actifs de la STM, Québec assure qu’il réagira, comme il l’a fait par le passé. Restez à l’écoute.

Quoi qu’il en soit, nous devons espérer que nos décideurs tireront les leçons des erreurs du passé.

Car quand on regarde l’état de nombreuses infrastructures publiques – écoles, hôpitaux, routes, viaducs – le sous-financement n’a jamais donné lieu à autre chose que des factures exorbitantes de réparations d’urgence. les pots cassés.

 
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