Le taux de la nouvelle obligation d’État est supérieur aux taux de la plupart des livrets d’épargne

Le taux de la nouvelle obligation d’État est supérieur aux taux de la plupart des livrets d’épargne
Le taux de la nouvelle obligation d’État est supérieur aux taux de la plupart des livrets d’épargne

Quels sont les niveaux de taux

Les prochaines obligations d’État porteront un taux d’intérêt brut de 3,20% sur un an (2,24% net compte tenu du précompte mobilier de 30%) et de 2,80% brut sur huit ans (1,96% net). Elles seront émises le 4 juin. Pour ces obligations d’État, le prix d’émission est fixé à 100 %. L’Agence de la dette a donc pris sa marge habituelle par rapport aux conditions de marché. En effet, le rendement des obligations linéaires (les Olo sont les obligations émises par l’Etat belge) oscille actuellement autour de 3,45% pour la maturité d’un an et autour de 2,90% à 8 ans.

Si on le compare à des produits concurrents comme le livret d’épargne, le rendement de la future obligation d’État est (nettement) plus attractif. Sur son compte classique, KBC propose à peine 0,90% (dont 0,45% de bonus de fidélité). BNPP Fortis se montre un peu plus généreux en accordant 1,75% (dont 1,25% de bonus de fidélité). ING est la seule grande banque du pays à proposer très légèrement plus avec 2,25% (bonus de fidélité de 1,75%).

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Pour de nombreux épargnants qui souhaiteraient liquider leur livret d’épargne pour investir dans le nouveau bon de l’Etat, la perte de la prime de fidélité (versée au bout d’un an) ne compensera cependant pas la différence en termes de taux.

Autre produit concurrent : le terme compte. Mais comme la plupart des banques n’affichent pas leurs taux, difficile de se faire une idée. Même si l’on peut imaginer qu’ils veilleront tous, comme dans un passé récent, à offrir des conditions leur permettant d’éviter une sortie de capitaux.

Les épargnants peuvent également acheter des obligations à un an sur le marché secondaire, qui offrent des taux plus élevés que les obligations d’État. Mais cela nécessite un peu de technicité et de disposer d’un compte titres.

Il y a donc de fortes chances que l’émission ne rencontre un certain succès qu’auprès des épargnants disposant de liquidités disponibles. On sera bien loin des 22 milliards de l’émission de septembre, qui, rappelons-le, bénéficiaient d’un prélèvement à la Source réduit à 15 %.

Les banques pourraient-elles encore réagir ?

L’énorme succès des obligations d’État à un an émises en septembre dernier avait déjà poussé les banques à revoir leur stratégie en matière de produits d’épargne. Ils ont été contraints, comme nous l’avons dit, d’ajuster leurs conditions en matière de comptes à terme. Ils ont également (légèrement) augmenté les taux des comptes d’épargne et surtout des primes de fidélité. Et très récemment, Belfius, suivi de près par BNP Paribas Fortis, a relancé les bons de caisse, proposant un taux brut de 3% sur un an.

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Le bon de caisse est un produit très similaire à celui du compte à terme à la grande différence qu’il est plus transparent. De plus, le tarif est le même pour tous les clients contrairement au compte à terme où les gros montants sont mieux rémunérés.

En remettant le titre de caisse dans les rayons, Belfius et BNPP ont sans doute voulu tester l’appétit de leurs clients. Et visiblement, il est là. Cela augure bien pour septembre où il faudra tenter de capter une partie des 22 milliards de bons de l’État.

A noter également que la petite banque en ligne MeDirect souhaite profiter du bon d’État pour se faire connaître. Pour la deuxième fois, elle offre à ses clients existants et nouveaux un bonus de 0,20% sur le montant souscrit.

Faut-il investir maintenant ?

La réponse à cette question dépendra de la politique monétaire qui sera suivie par la Banque centrale européenne (BCE). Il y a de fortes chances qu’il décide de baisser les taux d’intérêt lors de sa prochaine réunion en juin. Ce qui pourrait entraîner une nouvelle baisse des taux à court terme. Sachant que nous sommes actuellement dans une situation de courbe inversée où les taux longs sont inférieurs aux taux courts.

Si les taux à court terme baissent, celui du prochain emprunt d’État à un an qui sera lancé en septembre suivra la tendance.

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Une telle situation pourrait conduire les banques à revoir leurs conditions. “On pourrait assister aux premières baisses de taux sur les livrets d’épargne au troisième trimestre 2024. Dans un tel scénario, le client a intérêt à privilégier les comptes avec des bonus de fidélité élevés puisque le niveau des bonus se cristallise sur un an.estime Alain Moreau, le PDG de la banque en ligne MeDirect.

Une baisse des taux à court terme pourrait également inciter les épargnants à privilégier les investissements à plus long terme. Et à cet égard, certaines offres se démarquent, à commencer par celle d’Ethias, qui propose jusqu’à 3,20% sur son produit branche 21. « Ce nouveau produit présente actuellement un rendement supérieur à tout ce qui est comparable sur le marché belge »souligne l’assureur belge dans son communiqué.

 
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