LE POINT HEBDOMADAIRE-Sur les marchés, les PMI à l’épreuve des tensions commerciales et géopolitiques

LE POINT HEBDOMADAIRE-Sur les marchés, les PMI à l’épreuve des tensions commerciales et géopolitiques
LE POINT HEBDOMADAIRE-Sur les marchés, les PMI à l’épreuve des tensions commerciales et géopolitiques

20 mai (Reuters) – Les marchés veulent croire à une amélioration des perspectives économiques mondiales malgré les tensions commerciales croissantes susceptibles de freiner l’activité, alors que les chiffres mensuels PMI seront bientôt publiés.

La réunion des ministres des Finances du G7 sur fond d’offensive stratégique russe en Ukraine, la publication des résultats de Nvidia, la relance des introductions en bourse à Londres et les décisions de politique monétaire de la banque centrale de Nouvelle-Zélande sont les autres préoccupations majeures des investisseurs.

Aperçu des perspectives du marché dans les prochains jours :

1/ DES NUAGES À L’HORIZON POUR PMI

Les chiffres d’activité du mois de mai dans les grandes zones économiques, qui seront publiés dans les prochains jours, devraient renforcer l’optimisme quant aux perspectives mondiales.

Une lente reprise dans la zone euro semble s’amorcer après six trimestres consécutifs de stagnation, voire de contraction, au vu des données du produit intérieur brut publiées mercredi dernier dans le bloc, qui s’est établi à +0,3% sur la période janvier-mars. .

Dans le même temps, les pressions inflationnistes diminuent selon le dernier rapport sur les prix à la consommation (IPC) aux Etats-Unis.

La Chine, de son côté, a enregistré une croissance plus rapide que prévu au premier trimestre.

Les indices PMI mondiaux attendus la semaine prochaine devraient donc rester du côté positif séparant la barre des 50.

Cependant, les nouveaux droits de douane imposés par le président américain Joe Biden sur les importations chinoises, allant des batteries de véhicules électriques aux puces informatiques, constituent une menace pour les perspectives du commerce et de la croissance mondiaux. La Chine a promis des mesures de représailles contre la politique douanière de Washington.

Les fabricants allemands, la plus grande économie d’Europe, sont déjà confrontés à des ajustements du commerce mondial et de la géopolitique. L’aggravation des tensions commerciales, à quelques mois de l’élection du prochain président américain, pourrait les pénaliser davantage. Ces tensions pourraient également compromettre la reprise en Chine et relancer l’inflation aux États-Unis.

2/ NVIDIA EN VEDETTE

Les résultats trimestriels de Nvidia, qui seront publiés mercredi prochain, pourraient donner le ton aux marchés boursiers américains et se répercuter sur les entreprises exposées à l’intelligence artificielle (IA), un domaine prometteur à l’origine d’une partie des actions de rallye.

Le géant des semi-conducteurs, principal bénéficiaire de l’engouement pour l’IA, devrait annoncer une hausse significative de son chiffre d’affaires et de son bénéfice pour le premier trimestre de son exercice annuel.

Les revenus devraient atteindre 24,8 milliards de dollars, contre 7,2 milliards de dollars un an plus tôt, tandis que le bénéfice par action devrait passer de 1,09 à 5,57 dollars, selon les données du LSEG.

Mais pour que le cours de l’action, qui s’est envolé de plus de 90% depuis le début de l’année, poursuive sur sa pente ascendante, il faudra sans doute que Nvidia réponde aux attentes élevées placées à son égard. Le titre a également plus que triplé en 2023, faisant de Nvidia la troisième plus grande capitalisation boursière américaine.

3/ LONDRES VEUT SÉDUIRE LORS DE L’IPO

Les études montrant un affaiblissement de la bourse londonienne se multiplient : selon Dealogic, Londres n’accueille depuis le début de l’année que 1% des introductions en bourse (IPO) en Europe en termes de volume.

Mais la situation pourrait s’améliorer dans un avenir proche, plusieurs grands noms étant cités comme candidats potentiels à une cotation à Londres.

La marque de mode chinoise Shein accélère ses préparatifs en vue d’une éventuelle introduction en bourse sur le marché britannique. Ce montant, évalué à 66 milliards de dollars, pourrait être le plus important de l’histoire du marché londonien. Une introduction en bourse de la société diamantaire De Beers est également attendue à Londres.

4/ PESSIMISME DE LA BANQUE DE NOUVELLE-ZÉLANDE

La Banque centrale de Nouvelle-Zélande (RBNZ) a été la première grande institution monétaire à assouplir sa politique monétaire au début de la pandémie de COVID-19, puis la première à l’augmenter par la suite.

Mercredi, elle devrait laisser ses taux directeurs inchangés pour la septième réunion consécutive. Mais une inflation persistante combinée à un affaiblissement de l’économie devrait conduire la banque centrale à maintenir la posture qu’elle a adoptée il y a un an, à savoir « surveiller, s’inquiéter et attendre ».

Les marchés s’attendent à ce que la RBNZ réduise ses taux seulement en octobre, bien après la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait assouplir sa politique monétaire en juin. La première réduction des coûts d’emprunt de la Banque d’Angleterre (BoE) est attendue en août et celle de la Réserve fédérale américaine (Fed) en septembre. La Suisse et la Suède ont commencé à réduire leurs taux directeurs.

La RBNZ elle-même ne prévoit pas de baisse des taux d’intérêt avant l’année prochaine.

5/ ACTIFS RUSSES GELÉS

Les ministres des Finances des pays du G7 se réuniront les 24 et 25 mai en Italie, pays qui assure la présidence tournante du groupe des sept grandes démocraties. Ils devraient à cette occasion soutenir un projet de l’Union européenne visant à utiliser une partie des avoirs russes gelés pour contribuer à l’effort de guerre de l’Ukraine contre la Russie.

Le probable déblocage de fonds supplémentaires intervient à un moment critique pour l’Ukraine, qui fait face à une nouvelle offensive russe dans la région de Kharkiv, à l’est du pays, même si l’OTAN estime que Moscou n’est pas incapable de réaliser une percée stratégique dans la région.

Le G7 a gelé quelque 300 milliards de dollars d’actifs financiers peu après l’invasion de l’Ukraine par son voisin en février 2022. Depuis lors, un débat a commencé sur l’opportunité d’utiliser ces fonds pour aider l’Ukraine. Alors que Washington a proposé de saisir tous les actifs, l’Europe s’y oppose pour l’instant, invoquant des risques pour l’euro et un potentiel conflit juridique.

(Écrit par Kevin Buckland à Tokyo, Lewis Krauskopf à New York et Anousha Sakoui, Dhara Ranasinghe et Karin Strohecker à Londres ; graphiques par Pasit Kongkunakornkul, Kripa Jayaram, Sumanta Sen, Prinz Magtulis et Riddhima Talwani ; compilé par Karin Strohecker ; version française Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)

 
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