“Nous prendrons l’argent!” Licenciés il y a quinze ans, les ex-salariés de Laroche-Peltier gagnent 2,3 millions d’euros aux prud’hommes

“Nous prendrons l’argent!” Licenciés il y a quinze ans, les ex-salariés de Laroche-Peltier gagnent 2,3 millions d’euros aux prud’hommes
“Nous prendrons l’argent!” Licenciés il y a quinze ans, les ex-salariés de Laroche-Peltier gagnent 2,3 millions d’euros aux prud’hommes

Ils ont gagné leur cause ! 87 anciens salariés d’un transporteur des Deux-Sévrien, liquidé en 2009, viennent d’obtenir des dommages et intérêts importants auprès des prud’hommes de Niort.

2 millions 300 mille euros, c’est l’enveloppe totale. Mais c’est la somme de la situation individuelle de chaque salarié. Les conseillers prud’homaux ont sorti leur calculette et ont évalué le préjudice de chacun, en fonction de leur ancienneté dans l’entreprise.

Répartis par salarié, les montants varient entre 9 700 euros et plus de 60 000 milliers d’euros.

Le président de l’association des anciens salariés de Laroche-Peltier, Raphaël Ventrone, toujours chauffeur routier, ne connaît pas encore précisément le montant accordé à son dossier, mais le soulagement ne fait aucun doute !

Je suis très heureux ! Nous prendrons l’argent ! C’est bientôt la retraite pour moi après 44 ans sur la route, il est temps d’arrêter, on va voyager avec ces sous !

Secrétaire de cette même association, Bernard Girardeau est satisfait de savoir que «tout le monde aura quelque chose« . Mais il ne cède pas à la joie : «Nous avons vu tant de reports… Jusqu’à ce que le mois d’appel soit passé…»

Et qui ne va pas payer surtout… Les patrons qui ont mené l’entreprise à sa chute n’auront pas à mettre la main à la poche. Reconnus coupables d’un détournement de 850 000 euros sur dix ans, Michèle Laroche et son mari Jean-Claude Pouydebat sont insolvables et échappent aux conséquences financières d’une faillite.

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Le couple Pouydebat lors d’une audience liée à la faillite de leur entreprise de transports Laroche-Peltier

© France Télévisions

Il y a deux débiteurs de ces sommes : le représentant légal qui a exécuté le plan social, jugé insuffisant par le Conseil des prud’hommes, et l’AGS : le régime de garantie des salaires. Il s’agit d’un fonds public financé par les cotisations patronales obligatoires pour tous les employeurs.

Ces deux structures disposent d’un mois pour faire appel du jugement. Mais pour Maître Cécile Parès, avocate des salariés, l’hypothèse est peu probable : «Il s’agit pour eux d’un risque important, d’autant que le liquidateur n’a procédé à aucune recherche d’employeur pour les salariés lors du plan social. Souvent, j’ai vu les montants doubler en appel ! Et je pense que la Cour d’appel n’apprécierait pas que cette affaire traîne encore deux ans et pourrait se venger dans les sommes accordées…

Il faut dire que la justice a été particulièrement lente à conclure ce dossier, en raison des multiples audiences pénales liées aux différents litiges entourant la faillite du transporteur des Deux-Sévrien, survenue en juin 2009. Toutefois, le Conseil des prud’hommes avait choisi d’attendre le résolution des différentes procédures en cours avant d’examiner cet aspect social.

Entre-temps, sept des plaignants sont décédés. Leurs bénéficiaires recevront à leur place les dommages et intérêts accordés.

C’est à eux que pense en premier Bernard Girardeau, le secrétaire des anciens salariés… »Le montant est une chose… Gagner votre cause est un plaisir. Mais comme c’est triste d’avoir attendu quinze ans.

 
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