« Les technologies numériques continuent de tirer les demandes de brevet », assure Yann Ménière, de l’Office européen des brevets

« Les technologies numériques continuent de tirer les demandes de brevet », assure Yann Ménière, de l’Office européen des brevets
« Les technologies numériques continuent de tirer les demandes de brevet », assure Yann Ménière, de l’Office européen des brevets


La nouvelle usine – En 2023, l’OEB a reçu 199.275 demandes de brevet, soit 2,9% de plus qu’en 2022. Comment expliquez-vous cette croissance ?


Yann Ménière – Cette tendance est à l’œuvre depuis des décennies, avec de brèves interruptions lors de la Covid-19 et de la crise de 2008. Il témoigne d’un investissement soutenu dans la recherche et démontre que l’innovation est plus que jamais un moteur de l’innovation. ‘économie. Cette croissance est portée par des tendances qui ne sont pas nouvelles, mais qui s’accentuent, à savoir l’émergence des pays asiatiques, notamment la Corée du Sud (+21%) et la Chine (+8,8%).

Quels sont les secteurs les plus dynamiques ?

Technologies numériques [semi-conducteurs, télécoms, informatique, ndlr] continuent de tirer la croissance (+8,6%), tandis que le secteur des machines et technologies électriques [batteries, et énergies renouvelables, ndlr] poursuit sa forte hausse (+12,2%). Il convient de noter qu’il s’agit de domaines de spécialité de la Chine et de la Corée du Sud. En revanche, le transport, qui génère traditionnellement de nombreuses demandes de brevet, est confronté à une stagnation. Cela s’explique par un changement des priorités de R&D, les constructeurs réduisant leurs investissements dans la recherche sur les moteurs thermiques au profit des batteries et du numérique, dans le cadre de la transition énergétique.

Dans quels secteurs la France se démarque-t-elle ?

Nous avons été très actifs cette année dans l’informatique (+18,2%). Ce n’est pas un domaine d’excellence traditionnel français, c’est donc plutôt une bonne nouvelle. Cette hausse est portée en partie par des spécialistes comme Dassault Systèmes et Thales, mais aussi par d’autres industries qui utilisent les technologies numériques pour améliorer leurs outils de production et leurs produits. Valeo, qui se démarque tant dans les transports que dans les technologies électriques et numériques, est en tête, signe d’une reconversion réussie. Il est suivi par Safran, symbole de l’excellence française dans le domaine aéronautique et par le CEA.


Vous lisez un article de L’Usine Nouvelle 3730 – mai 2024
Lire le résumé

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Un constructeur chinois envisage de se développer en Europe avec une voiture qui se recharge en 3 minutes
NEXT Les nouvelles énergies en Bourse, le bon moment ? – .