L’ancien assistant parlementaire de Fitzgibbon courtise désormais le ministère de l’Économie

Accorder»,prêt»,Un investissement équitable»…l’ancienne adjointe parlementaire du ministre de l’Économie, MarieChantal Chassé, vient de s’inscrire comme lobbyiste pour obtenir des fonds publics de son ancien ministère pour une entreprise d’innovation.

« J’ai très vite voulu être transparente et éthique et [j’ai] a déclaré le début des procédures, en toute transparence», insiste dans un entretien avec Journal, MarieChantal Chassé, l’ancienne assistante parlementaire du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

«Il y a eu des contacts avec le gouvernement et rien d’autre», ajoute celle qui fut aussi brièvement ministre de l’Environnement, au début du premier mandat de la CAQ en 2018.

L’entreprise qui fait appel à elle est Innovobot, c’est « une plateforme d’innovation et d’investissement, fondée sur le principe qu’il existe une meilleure façon d’encourager l’innovation qui réponde aux grands défis sociaux, industriels et environnementaux.

MarieChantal Chassé dit partager les valeurs de l’entreprise, qui veut mettre l’accent sur l’innovation collaborative pour le bien-être de la société. Selon le Registre des lobbyistes, elle devrait recevoir moins de 10 000 $ pour ses services.

Bureaux d’Innovobot à Montréal.

Photo Ben Pelosse

Règles respectées

Selon Lobbyisme Québec, l’ex-homme politique respecte les règles d’après-mandat puisque l’interdiction de deux ans des activités de lobbying ne s’applique qu’aux députés autorisés à siéger au Conseil des ministres.

« Mmoi Chassé a déclaré une charge publique de députée du 29 octobre 2018 au 24 octobre 2022. Nos recherches indiquent qu’elle a également été adjointe parlementaire du ministre de l’Économie et de l’Innovation, du 16 septembre 2020 au 28 août 2022. Ainsi, n’est donc pas couvert par les autres règles d’après-mandat selon la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbying », confirme Stéphanie Isabel, porte-parole de Lobbyisme Québec.

Comme tous les députés, souligne l’organisme de surveillance du lobbying, il lui est toutefois interdit de :

  • divulguer des informations confidentielles et donner des conseils fondés sur des informations non accessibles au public et obtenues au cours de [ses] les fonctions;
  • tirer un avantage indu de la fonction précédemment exercée ou d’agir en relation avec une procédure, une négociation ou une opération particulière à laquelle il a participé dans le cadre de [ses] les fonctions.
« Mandat d’accompagnement »

Chez Innovobot, on précise également que le « mandat de soutien » de MarieChantal Chassé « est actuellement en cours de négociation ».

« Ce mandat n’a pas encore débuté, mais par souci de transparence, l’activité a déjà été inscrite au registre », indique sa directrice marketing Isabelle Petitbon.

Selon Michel Magnan, professeur à l’École de gestion John Molson de l’Université Concordia, il n’y a pas d’enjeu éthique puisque l’ancienne élue avait pris une bonne pause avant d’exercer ses nouvelles activités de lobbyiste.

« Il y a des problèmes lorsque les gens sont encore au pouvoir et négocient. Ici, on peut raisonnablement penser qu’elle ne négociait pas», analyse le titulaire de la chaire de gouvernance d’entreprise Stephen A. Jarislowsky.

Fourni par le Registre des lobbyistes du Québec


Fourni par le Registre des lobbyistes du Québec

Montant inconnu

Quel montant sera demandé ? Il est trop tôt pour le savoir, répond M.moi Chasse.

« Nous avons lancé un fonds de 40 millions de dollars. C’est notre premier fonds. Nous avons récolté un peu plus de dix millions de dollars. Nous discutons avec des investisseurs privés, des family offices, des investisseurs institutionnels », explique Isabelle Petitbon d’Innovobot, qui a été lancé avec de l’argent entièrement privé.


MarieChantal Chassé est propriétaire de la firme MC2Vision inc. avec lequel elle mène des activités de lobbying pour Innovobot.

Isabelle Petitbon d’Innovobot

Photo fournie par INNOVOBOT

« Pour le fonds Résonance, il est clair pour moi qu’il doit atteindre 25 millions de dollars d’argent privé pour que nous puissions entamer des discussions sérieuses. [avec le public]», conclut MarieChantal Chassé.

INNOVOBOT EN BREF

Fondation : 2018

Employés : 35

Président : Mario Venditti

Actionnaires : Mario Venditti, Danny Grant et Richard Markoff

Financement:

– Première clôture : 14 millions de dollars

Source : Innovobot

Avez-vous des informations à nous partager sur cette histoire ?

Écrivez-nous au ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Maroc Telecom dévoile ses nouvelles solutions au GITEX Africa
NEXT les plus de 50 ans ont du mal à rester sur le marché du travail