ce que l’on sait de ces airbags dangereux provoquant des accidents mortels

ce que l’on sait de ces airbags dangereux provoquant des accidents mortels
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Par

Briac Trébert

Publié le

15 mai 2024 à 18h11

Veuillez « arrêter immédiatement » de conduire votre véhicule. De nombreux propriétaires de C3 et DS3 viennent de recevoir un courrier de Citroën leur ordonnant d’emmener leur voiture au garage.

Le constructeur automobile français évoque un « problème d’airbag pouvant provoquer des blessures graves, voire la mort ». En cause : les produits de la marque japonaise Takata et un problème, pas vraiment nouveau, deairbags défectueux…mais toujours en circulation.

Un équipementier japonais qui a depuis fait faillite

Depuis des années, ces airbags, qui peuvent exploser au visage des conducteurs, font l’objet de rappels dans le monde entier.

A l’origine, un défaut constaté sur les airbags de l’équipementier japonais Takata (en faillite depuis), capables d’exploser en projetant des fragments métalliques, qui avait été mis au jour par les autorités américaines en… 2014, provoquant déjà d’importantes campagnes de rappel à travers le pays. le monde auprès de plusieurs fabricants.

Car ces airbags seraient impliqués dans plusieurs accidents, parfois mortels, notamment aux Antilles et à la Réunion, détaille France Télévision outre-mer. Le climat de ces territoires d’outre-mer augmenterait considérablement les risques d’explosion, explique la chaîne, citant une question de la députée de La Réunion, Karine Lebon, qui avait interrogé Clément Beaune, alors ministre des Transports, à ce sujet en avril 2023.

Elle a ensuite insisté sur le retard pris par les concessionnaires pour lancer les campagnes de rappel.

En France, de nombreuses personnes conduisent encore des véhicules équipés de ces airbags et sont donc mises en danger au quotidien. Il s’avère également que, même après la médiatisation du problème en 2014, les constructeurs automobiles ont continué à commercialiser des véhicules équipés de ces airbags jusqu’en 2017.

La députée Karine Lebon dans une question au gouvernement en avril 2023

Suzuki, Mercedes Benz, Volkswagen, Toyota, BMW, Ford, Mazda…

Car ce scandale remonte à plus de dix ans, et pourtant, ces airbags défectueux de l’équipementier Takata font encore des morts et des blessés, a insisté le député, évoquant plusieurs accidents en Guadeloupe ou encore à La Réunion.

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En mai 2023, le gouvernement répondait au député que les véhicules équipés d’airbags défectueux de la marque Takata avaient effectivement fait l’objet de nombreuses campagnes de rappel de la part de Citroën, mais aussi Suzuki, Mercedes Benz, Volkswagen, Toyota, BMW, Ford, Mazda, Nissan Jaguar, Land Rover et même Honda.

Et déjà mis en avant ces Citroën C3 expliquant que le constructeur Stellantis (groupe issu de la fusion des groupes Groupe PSA et Fiat Chrysler) avait lancé en septembre 2020 un rappel de véhicules dont les airbags Takata avaient été identifiés comme défectueux.

Cette opération de rappel concernait les véhicules Citroën C3, C4, DS3, DS4 et DS5. Sur ces véhicules, le rappel consistait au remplacement de l’airbag conducteur sur C3, DS3, C4, DS4, DS5 et du module airbag passager sur C3 et DS3 uniquement.

Stellantis a alors priorisé les véhicules circulant dans les zones géographiques « où les conditions météorologiques favorisent l’apparition du problème, notamment pour la France : Guyane, Guadeloupe, Martinique, Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie », a détaillé le gouvernement, précisant que ce rappel s’est avéré très laborieux.

En mai 2023, Clément Beaune demande néanmoins à ses services « de relancer tous les constructeurs concernés en les invitant à mener une nouvelle campagne d’information, par courrier, téléphone et envoi de messages électroniques ».

Les véhicules concernés par le rappel sont des véhicules immatriculés il y a plusieurs années, qui peuvent avoir changé plusieurs fois de propriétaire, parfois de pays, ou qui ne sont plus en circulation. Le constructeur a donc parfois du mal à contacter les propriétaires. Et les propriétaires de véhicules contactés n’ont pas amené les véhicules chez le concessionnaire pour faire réaliser l’opération…

Le gouvernement, en mai 2023

Une dose de nitrate d’ammonium dans le processus de gonflement

Dès 2014, les autorités américaines révélaient que certains airbags produits par le japonais Takata n’offraient pas toutes les garanties de sécurité. Après le rappel de plusieurs millions de véhicules dans le monde, l’équipementier japonais a payé une amende d’un milliard de dollars aux États-Unis… avant de déposer le bilan.

En 2017, devant un tribunal du Michigan, l’équipementier japonais avait reconnu avoir, entre 2000 et 2015, dissimulé l’existence d’un défaut majeur dans les agents de gonflage de ses airbags, susceptibles d’exploser de manière inopinée en projetant des fragments sur le conducteur ou le passager.

Selon les experts, la rupture éventuellement violente de certains airbags de l’équipementier est liée notamment à l’utilisation, dans le processus de gonflage, d’une dose de nitrate d’ammonium. Selon des études réalisées après différents accidents, les capsules, abritant le système de gonflage, ne seraient pas suffisamment capables d’isoler le nitrate d’ammonium de l’humidité extérieure, notamment lorsque les véhicules sont soumis à des modifications importantes. de température.

En explosant violemment après un impact minime, voire sans raison apparente, les airbags sont doublement dangereux : non seulement ils font perdre le contrôle du véhicule au conducteur, mais le choc est tel qu’il peut propulser des pièces métalliques dans l’habitacle.

La faillite de l’équipementier automobile japonais Takata, qui a laissé derrière lui des milliards d’euros de dettes, a constitué la faillite la plus retentissante d’un industriel dans l’histoire du Japon d’après-guerre.

Information judiciaire ouverte en France

Dans les années 1970, Takata propose des sièges auto pour enfants, puis en 1987 le groupe se positionne sur les airbags qu’il produit dans un premier temps pour Honda Motor avant de les revendre à d’autres constructeurs.

Honda, premier client de l’équipementier, a lancé un rappel d’airbags en 2008, mais il a fallu attendre 2014 pour que l’affaire éclate au grand jour lorsque l’Agence américaine de sécurité routière (NHTSA) est saisie du dossier après une série d’incidents.

Dix ans plus tard, des informations judiciaires sont désormais ouvertes en Guadeloupe notamment pour « homicides involontaires » et « blessures involontaires avec ITT inférieure et supérieure à trois mois selon les cas, commis par inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité par une personne ». ou par personne morale ».

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