Le mirage de la baisse des taux s’éloigne (encore !)

La croissance économique ralentit, tandis que l’inflation semble afficher une légère tendance à la hausse.

Après un très bon premier trimestre, le mois d’avril a été l’occasion pour les marchés boursiers de souffler un peu. En effet, au cours des trois premiers mois de l’année, la plupart des classes d’actifs ont terminé en hausse. Les marchés actions se sont particulièrement bien comportés, de nombreux indices battant de nouveaux records historiques.

C’est ainsi qu’au cours de ce quatrième mois de 2024, les valeurs internationales (Indice MSCI Monde Tous Pays, en francs, Source Refinitiv) a concédé une petite partie du terrain gagné les mois précédents (-1,40%, en francs). L’engouement était tel depuis plusieurs mois d’affilée qu’une correction devait forcément intervenir à un moment ou à un autre, et cette fois il s’agissait de la crainte d’un énième report du début de la baisse du taux directeur par la Réserve fédérale américaine. (Fed) qui a en partie servi de prétexte à quelques prises de bénéfices. En effet, de nouvelles statistiques économiques ont douché les espoirs d’une baisse du taux directeur par la Fed lors de sa prochaine réunion de juin. Comme cela a déjà été le cas à plusieurs reprises auparavant, les attentes d’une première baisse des taux ont simplement été repoussées de quelques mois, peut-être en septembre, ou en novembre, ou même plus tard…

Le mois d’avril a débuté avec un nouveau discours de Jerome Powell, le président de la Fed, confirmant qu’il y aurait probablement une baisse des taux au cours de l’année, mais que l’institut devait d’abord s’assurer que le niveau d’inflation se dirige vers les 2% objectif. Pourtant, quelques jours plus tard, la publication de l’inflation américaine du mois de mars n’a visiblement pas pris cette tournure, ressortant à 3,5% sur 12 mois, contre 3,2% pour février. Cela a déçu les marchés qui ont interprété ces données comme la fin définitive de la possibilité d’une première baisse des taux en juin.

La publication fin avril de la première estimation du PIB du quatrième trimestre 2023, jugée décevante notamment parce qu’en baisse par rapport au trimestre précédent, a confirmé le dilemme de la FED. La croissance économique ralentit donc, tandis que l’inflation semble afficher une légère tendance à la hausse, bien qu’encore loin des plus hauts atteints en 2022. Si la tendance se poursuit dans les mois à venir, la Fed sera confrontée à un choix difficile, soit une baisse des taux, soit une baisse des taux d’intérêt. malgré un niveau d’inflation qui n’est pas encore conforme à l’objectif, ou accepter une éventuelle poursuite du ralentissement économique. Si l’on ajoute à cela le fait que les élections américaines approchent à grands pas, les accusations de politisation de la banque centrale risquent de venir des deux côtés de l’échiquier politique, rendant d’autant plus difficile la tâche de Jérôme Powell.

En revanche, fait apparemment surprenant, mais cohérent avec ce qui se passe depuis plusieurs mois déjà, les événements géopolitiques semblent avoir peu d’influence sur les marchés financiers. Les nouvelles tensions au Moyen-Orient, impliquant cette fois Israël et l’Iran, ont eu un impact relativement minime. Dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 avril, l’Iran a envoyé plusieurs centaines de drones et de missiles vers Israël en représailles à la destruction par l’État hébreu d’une ambassade iranienne à Damas quelques jours plus tôt. Même si la majorité des projectiles envoyés par l’Iran semblent avoir été interceptés par Israël et ses alliés, quelques-uns d’entre eux ont quand même atteint leur cible. Comme c’était le week-end, les marchés n’ont même pas eu l’occasion de s’en inquiéter immédiatement, mais ils étaient toujours dans une baisse ordonnée au cours de la semaine suivante.

Dans ce contexte, les classes d’actifs défensives terminent le mois de manière désordonnée, avec un repli de 0,7% pour les obligations internationales (Indice FTSE World Government Bond, en francs, Source Refinitiv) et une hausse de 6,23% pour l’or (Prix ​​de l’or LBMA, en francs, Source Investing.com), le métal jaune atteignant ainsi un nouveau sommet historique. Les matières premières ont également connu un nouveau mois positif, avec une hausse de 3,90% (Indice Rogers des matières premières, en francs, Source Refinitiv), n’augure a priori rien de bon pour les espoirs de baisse de l’inflation dans les prochains mois…

 
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