Bill Hwang, l’investisseur intrigant qui risque jusqu’à 220 ans de prison

Bill Hwang, l’investisseur intrigant qui risque jusqu’à 220 ans de prison
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Arrêté en avril 2022, l’ancien patron d’Archegos, de son vrai nom Sung Kook Hwang, fait face à onze chefs d’accusation, principalement liés à la fraude et à la manipulation de marché. Il risque jusqu’à 220 ans de prison. Aujourd’hui âgé de 60 ans, Bill Hwang sera jugé devant le tribunal fédéral de Manhattan aux côtés de l’ancien directeur financier d’Archegos, Patrick Halligan.

Des risques valant quelques centaines de milliards de dollars

Pour comprendre l’origine de la descente aux enfers de Bill Hwang, il faut remonter quelques années en arrière. En pleine pandémie de coronavirus, ce financier américain d’origine sud-coréenne avait accumulé, en quelques mois, des postes massifs, pour l’essentiel cachés, dans quelques entreprises.

À son apogée, en mars 2021, Archegos était exposé à hauteur de 160 milliards de dollars via des produits dérivés, ce qui lui permettait d’influencer par exemple plus de 50 % des actions en circulation du groupe de médias ViacomCBS, devenu depuis Paramount Global.

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Grâce à ces produits dérivés, « swaps », et prêts, la société de Bill Hwang avait multiplié sa force de frappe, mais aussi les risques encourus. Son objectif était de faire monter le prix des quelques sociétés dans lesquelles Archegos avait investi, au point de quasiment quadrupler la valorisation de ViacomCBS en un peu plus de quatre mois.

Parmi les cibles de Bill Hwang, personnage affable et pince-sans-rire aux cheveux toujours lissés en arrière, figuraient également Discovery, devenu depuis Warner Bros. Discovery, et les sociétés chinoises Baidu et Tencent.

« Exonéré » de certaines obligations…

Parallèlement, le quinquagénaire et trois de ses cadres ont caché, selon l’accusation, l’ampleur de leurs positions aux établissements qui leur vendaient ces « swaps » ou lui prêtaient de l’argent. Considéré légalement comme un « family office », structure familiale qui gère uniquement ses fonds propres et non ceux des clients, Archegos était exempté de certaines obligations d’information du public et de contrôle réglementaire.

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Implication dans la chute du Crédit Suisse

Le fragile édifice s’est effondré lorsque ViacomCBS a annoncé, le 21 mars 2021, une augmentation de capital, qui a provoqué une dilution de la valeur et déclenché un mouvement brutal de ventes de titres à Wall Street.

Cette inflexion a provoqué un effet domino, qui a fait fondre de manière accélérée la trésorerie d’Archegos et faire chuter le prix des titres détenus par le fonds d’investissement. Au lieu de tenter de limiter les dégâts, les gestionnaires du fonds ont injecté leurs derniers dollars pour tenter de faire monter les cours des actions, en vain.

Environ 100 milliards de dollars de capitalisation boursière ont été perdus, portant préjudice aux autres actionnaires de ces sociétés et aux établissements qui avaient fait affaire avec Archegos, principalement des banques.

Le Crédit Suisse a été le plus durement touché, avec une perte d’environ 5,5 milliards de dollars. Au total, l’ardoise s’élève à environ 10 milliards pour les banques prises dans ce tourbillon. Durant la même période, le Crédit Suisse a dû faire face à un autre échec, celui de la société de financement Greensill Capital, dans laquelle ses clients avaient investi une dizaine de milliards de dollars.

Ces deux événements ont encore fragilisé le Crédit Suisse, qui a frôlé la faillite en mars 2023 avant d’être racheté par son concurrent suisse UBS, lui-même touché par le scandale Archegos, ainsi que, notamment, Nomura et Morgan Stanley.

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Deux anciens dirigeants d’Archegos, Scott Becker et William Tomita, ont plaidé coupables et devraient témoigner lors du procès, qui devrait durer jusqu’à huit semaines.

Selon plusieurs médias américains, les avocats de Bill Hwang entendent poursuivre les banques, affirmant qu’elles ont traité sciemment avec Archegos.

Déjà devant les tribunaux

En 2012, Bill Hwang avait déjà été inculpé par la justice américaine, et son fonds d’investissement Tiger Asia avait dû plaider coupable de délit d’initié.

Le financier avait échappé à toute inculpation aux Etats-Unis mais avait accepté de verser 44 millions de dollars au régulateur américain des marchés, la SEC.

Il a également été condamné par un tribunal de Hong Kong à une interdiction de vendre ou d’acheter des actions pendant quatre ans.

 
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