“Le réseau mobile est comme le réseau routier” – rts.ch

“Le réseau mobile est comme le réseau routier” – rts.ch
“Le réseau mobile est comme le réseau routier” – rts.ch

Christoph Aeschlimann, directeur général de Swisscom, discute samedi sur le salon Helvetica du développement de la 5G et des besoins croissants en bande passante. Elle revient également sur l’obligation de donner accès à ses concurrents à son réseau de fibre optique.

Géant du marché des télécoms, détenu majoritairement par la Confédération, Swisscom développe son réseau d’antennes 5G pour la téléphonie mobile.

Et ce n’est pas un long fleuve tranquille qu’entend Christoph Aeschlimann : « Il y a toujours des oppositions, surtout au niveau local », déclare le chef de l’ancien gouvernement fédéral depuis juin 2022.

« Mais nous avançons dans la construction de la 5G. Aujourd’hui, nous couvrons 82 % de la population. C’est déjà un progrès notable, mais cela reste un sujet de préoccupation, car il faut beaucoup d’efforts pour construire davantage d’antennes. Et nous ne pouvons pas utiliser correctement les antennes car les limites sont très sévères en Suisse. Cela nous oblige à construire encore plus d’antennes, ce qui n’est dans l’intérêt de personne. il élabore.

Si vous doublez le trafic tous les deux ans, vous aurez des embouteillages

Christophe Aeschlimann

L’ingénieur informaticien de 47 ans diplômé de l’EPFL, rappelle que les besoins ne font qu’augmenter, notamment en raison de la consommation de vidéos.

« L’utilisation de la bande passante double presque tous les deux ans. Le réseau mobile est comme le réseau routier. Si vous doublez le trafic tous les deux ans, vous finirez par avoir des embouteillages. Il faut donc construire plus de routes, plus d’antennes.»

>> A lire aussi : 5G : quel opérateur couvre le mieux votre région ? Nos cartes exclusives

Une décision sur la fibre contestée

Swisscom s’étend également dans le sous-sol grâce à la fibre optique. Et dans ce domaine, l’entreprise a reçu une tape sur les doigts fin avril de la part de la Commission de la concurrence.

La Comco a infligé une amende de 18 millions de francs à l’ancienne agence fédérale pour violation des droits des cartels dans le cadre du développement de son réseau.

L’entreprise a, selon l’autorité de la concurrence, privé ses concurrents de l’accès à son infrastructure en modifiant la conception de son câblage en 2020. Outre la sanction financière, la Comco a ordonné à Swisscom de construire un réseau fibre optique utilisable par des tiers.

>> À relire à ce sujet : La Comco sanctionne Swisscom pour éviter un monopole sur la fibre optique

L’entreprise dont le siège est à Berne a qualifié la décision de la Comco d’« incompréhensible » dans un communiqué de presse.

Selon elle, la technologie choisie permettait néanmoins à tous les concurrents «d’obtenir un flux de données de Swisscom de manière non discriminatoire jusqu’à une connexion déterminée». L’entreprise estime également que le déploiement de la fibre sera retardé, car les coûts des travaux vont augmenter.

Estimant «avoir agi de manière adéquate en matière de droit de la concurrence», Swisscom a annoncé cette semaine qu’elle ferait appel de la décision de la Comco devant le Tribunal administratif fédéral.

Une question d’anticipation

Christoph Aeschlimann a rappelé samedi que l’entreprise avait modifié sa méthode de construction il y a déjà un an et demi. L’objectif : se conformer « de manière proactive » aux directives de la Comco, même si, selon lui, « il n’est pas démontré que [ses membres] ont raison ».

Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre 16 ans pour construire un réseau

Christoph Aeschlimann, directeur général de Swisscom

Christoph Aeschlimann affirme que la méthode choisie à l’origine était la bonne : « Nous voulions construire comme 90 % de la planète construit. C’est une version simplifiée, avec une fibre qui va [depuis un central de quartier] jusqu’à la rue et, de là, une fibre qui pénètre dans chaque maison. Cela correspond plus ou moins aux normes mondiales de construction et nous permet de construire moins cher et plus rapidement », affirme-t-il. «Maintenant, la Comco nous oblige à installer la fibre [pour chaque logement] du centre [de quartier], au fur et à mesure de la construction du réseau de cuivre. Cela coûtera plus cher et prendra plus de temps», déplore le patron de Swisscom.

Propos recueillis par Philippe Revaz

Texte Web : Antoine Michel

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV les institutions financières multilatérales remportent plusieurs prix
NEXT La croissance économique américaine est plus faible que prévu à 1,3% au premier trimestre de l’année