bonne ou mauvaise nouvelle pour la minorité ? – .

bonne ou mauvaise nouvelle pour la minorité ? – .
bonne ou mauvaise nouvelle pour la minorité ? – .

Ces dernières années, plusieurs retraits de la bourse d’entreprises familiales par leurs actionnaires majoritaires ont suscité des critiques sur le traitement réservé à l’actionnaire minoritaire.

En analysant plus en détail les opérations de ces dernières années, le bilan est en réalité plus positif pour la minorité qu’il n’y paraît, avec près de 90 % de ces opérations validées sans contestation.

Il y a quelques semaines, L Catterton, un fonds de Private Equity détenu en partie par Bernard Arnault, a annoncé une offre publique d’achat au prix de 43 euros sur le fabricant de chaussures italien Tod’s. Ce montant représente une prime de 19% sur le cours de clôture de la veille de cette communication. Par rapport au prix moyen des 6 mois précédents, la prime est de 25 %.

Généreux? Pas suffisant pour certains actionnaires minoritaires qui ont immédiatement demandé au fonds d’augmenter cette offre. Cette situation présente un air de déjà-vu. En 2022, les frères Della Valle, fondateurs de la marque, et détenteurs de 65% du capital, ont déjà proposé à d’autres actionnaires de racheter leur participation au prix de 40 euros, présentant ainsi une prime de 16% sur le prix moyen. des 6 mois précédents. Dans leur démarche, ils ont bénéficié du soutien de Bernard Arnault, deuxième actionnaire du groupe, avec 10 % du capital. Si l’offre ne semblait pas très attractive, le montant était aussi trop symbolique : il s’agissait du même prix que celui de l’introduction en bourse en 2000. Cette tentative n’a finalement pas abouti, un nombre insuffisant de titres ayant été apportés pour permettre le retrait de la bourse. .

Les entreprises familiales présentent des caractéristiques uniques. C’est pourquoi nous sommes convaincus qu’ils méritent une approche dédiée.

Cette fois, L Catterton a décidé d’être plus offensif que les fondateurs ne l’étaient il y a deux ans. Il est déjà stipulé que si l’offre n’atteint pas le taux d’acceptation nécessaire, le fonds forcerait une radiation, grâce au soutien des actionnaires majoritaires. Compte tenu de cet historique, on comprend rapidement les instigateurs et la stratégie derrière cette nouvelle offre.

Même si nous valorisons les entreprises familiales dans nos portefeuilles en raison de leur capacité à créer de la valeur économique et à surpasser les autres entreprises, nous restons également conscients des risques potentiels qui y sont associés. Il est particulièrement essentiel de distinguer les risques systémiques des incidents isolés, souvent amplifiés par les médias pour leur caractère sensationnel. Le cas de Tod’s est-il un événement isolé ou fréquent dans notre univers d’investissement ?

Nous avons examiné les opérations de fusions et acquisitions (M&A) réalisées dans ce domaine depuis 2018. Les résultats sont sans appel : dans la grande majorité des cas, les actionnaires minoritaires ont été équitablement rémunérés et ont considéré ces opérations comme positives, du moins sur le plan financier. Les litiges ne représentent qu’une petite fraction, moins de 10 % des cas. Il est également à noter, comme l’illustre l’exemple de Tod’s en 2022, que certaines opérations moins avantageuses ont été reportées, soulignant ainsi l’importance des mécanismes de gouvernance. En analysant ces opérations en détail, nous avons été renforcés dans nos intuitions mais avons également découvert quelques surprises.

Il y a eu 50 opérations de fusions et acquisitions d’entreprises familiales européennes cotées au cours des 6 dernières années. Ils concernaient aussi bien les grandes capitalisations boursières comme Iliad ou Atlantia que les plus petites comme Devoteam, IMA ou Bobst. Si 90 % d’entre elles constituaient une acquisition de l’entreprise concernée, les 10 % restants étaient des fusions, comme Luxottica avec Essilor par exemple. Sur la période, ces opérations ont concerné environ 8 % des plus de 600 entreprises familiales européennes cotées, soit 1,5 % chaque année.

Nous avons observé les caractéristiques suivantes :

  • Acheteurs divers : 53% de ces fusions & acquisitions ont été menées par les fondateurs ou la famille. Les 47% restants se répartissent entre des sociétés cotées non familiales (22%), des fonds de Private Equity (17%), et des groupes familiaux non présents au capital de la cible avant l’offre de rachat (8%).
  • Un bonus attractif : en moyenne, la prime offerte sur le dernier cours non impacté par une annonce ou une rumeur de rachat était de 33 %. Selon la typologie des acheteurs, on constate que les groupes familiaux proposent une prime moyenne inférieure à celle des autres types d’acheteurs, tout en restant dans les standards du marché : 30 % contre 34 %. Au sein du deuxième échantillon, il existe des différences marquées : les fonds de Private Equity offraient un montant 29 % plus élevé, tandis que les groupes cotés non familiaux tendaient à payer mieux (+ 47 %). Ces différences sont les mêmes, avec des amplitudes plus grandes, si l’on prend comme référence le prix moyen des six mois précédents.

« En moyenne, la prime proposée sur le dernier cours non impacté par une annonce était de 33 %. »

  • Calendrier rationnel : dans 30 % des cas, l’offre proposée représentait un prix supérieur au prix le plus élevé des dix années précédentes. En revanche, les opérations réalisées par des actionnaires familiaux n’ont abouti à des prix élevés sur dix ans que dans 20 % des cas. Autrement dit, les actionnaires familiaux sont moins nombreux que les autres à racheter leurs entreprises au plus haut du marché.

Nous avons également fait un dernier constat qui irait plutôt à l’encontre de certaines situations habituellement évoquées dans la presse :

  • Des augmentations rares, mais portées par les familles : seulement 10% de ces 50 transactions ont bénéficié d’une amélioration par rapport à l’offre initiale, par exemple pour finaliser la radiation des derniers actionnaires. Dans toutes les situations qui se sont présentées, et contre toute attente, elles ont toutes été présentées par des actionnaires familiaux, portant la prime finale à plus de 50% du prix avant la première offre.

Ces observations montrent que les offres de rachat des entreprises familiales sont généralement attractives pour les actionnaires minoritaires. Leur niveau peut évidemment varier en fonction du pouvoir de négociation de l’acheteur. En particulier, les acheteurs externes doivent payer un prix plus élevé pour obtenir le contrôle. Le timing des rachats par les groupes familiaux reflète également une certaine rationalité. En effet, s’ils estiment que la valeur n’est pas correctement reflétée et qu’ils en ont les moyens, ils agissent en investisseurs convaincus en retirant de la bourse leurs actifs sous-évalués.

Les résultats de notre analyse confirment que les entreprises familiales présentent des caractéristiques uniques. C’est pourquoi nous sommes convaincus qu’ils méritent une approche dédiée. Ils résistent mieux aux fluctuations économiques et, grâce à la création de valeur, récompensent les actionnaires de manière satisfaisante. Ces caractéristiques comportent également des risques spécifiques, distincts de ceux des autres types d’entreprises, nécessitant une analyse approfondie, notamment sur la gouvernance et les intentions des fondateurs.

Source : Bloomberg, Bruellan

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Ventes d’iPhone en chute libre
NEXT Société Générale : Les activités actions amortissent la baisse du résultat net au premier trimestre – 03/05/2024 à 10h07 – .