Sidse Babett Knudsen, la plus française des actrices danoises – .

Sidse Babett Knudsen, la plus française des actrices danoises – .
Sidse Babett Knudsen, la plus française des actrices danoises – .

Ce qui frappe chez elle au premier regard, c’est son regard bleu. Magnétique, perçant, intimidant. A 55 ans, Sidse Babett Knudsen mène une carrière internationale avec détermination, force et aplomb.

Révélé comme Premier ministre dans la série Le château (disponible sur Netflix), qui lui a valu une nomination aux Emmy Awards, l’actrice danoise est de retour sur grand écran dans Filsle deuxième thriller du réalisateur suédois Gustav Möller (Le coupable), dans lequel elle incarne une gardienne de prison ébranlée par l’arrivée d’un nouveau détenu.

« En général, dans ce genre de film très codifié, ce serait la caméra qui suivrait, rappelle-t-elle. Au contraire, elle adopte le point de vue d’une gardienne qui a choisi d’être là, qui s’est enfermée derrière les murs de l’établissement pénitentiaire. Elle ne s’accorde pas le droit de vivre normalement en société. Car elle traîne une blessure profonde, un sentiment d’échec, une faute impossible à expier. »

Elle se plaît à incarner un personnage guidé par ses instincts et ses émotions, qui agit avant de réfléchir et parle peu. « J’ai dû me retenir, mais laisser transparaître sur mon visage un conflit intérieur », souligne-t-elle. « Eva est minuscule, presque invisible. Quand elle marche dans un couloir, on ne remarque pas sa présence. »

« Je n’ai pas de plan de carrière, je suis constamment en mouvement »

Sidse Babett Knudsen s’est entretenue avec un véritable gardien de prison qui lui a fait visiter une prison désaffectée, pour se repérer dans l’espace confiné et acquérir les compétences techniques. Sa devise ?

Suite après cette annonce

Crédibilité. Il lui a expliqué comment fonctionnait une telle institution et comment gérer les crises tout en gardant la tête froide. « J’avais besoin de me sentir chez moi et de me familiariser avec l’environnement carcéral. »

Une autre façon de prouver son talent de caméléon que de ne jamais être là où le public l’attend. Car la star scandinave est aussi douée dans la comédie que dans le drame. « Mes choix changent constamment et moi aussi, elle note. Je n’ai pas de plan de carrière, je suis constamment en mouvement. Comme si mon corps avait besoin de courir, de se dépenser.

On est émerveillé par son français parfait, presque sans accent. « J’avais 18 ans quand je suis arrivée à Paris pour être fille au pair pendant un an, elle continue.J’ai ensuite tenté le concours d’une école d’art dramatique et j’ai été acceptée par miracle.

Finalement, Sidse Babett Knudsen est restée cinq ans en France. Elle qui a toujours voulu faire du cinéma est tombée amoureuse de la scène, fréquentant assidûment les Bouffes du Nord. Et elle a appris toute seule notre langue. « C’est pourquoi je ne l’écris pas, elle précise. J’ai été horrifiée quand j’ai vu votre version française à la télé. Quand j’étais petite, je regardais des dessins animés en anglais à la maison.

Née à Copenhague, elle passe une partie de son enfance en Afrique auprès de son père photographe et de sa mère enseignante.

Très tôt, elle admire Elizabeth Taylor, qui la marque au fer rouge. Qui a peur de Virginia Woolf ? (1966), de Mike Nichols. Puis vient le tour d’Ava Gardner. Après Paris, elle part à New York pour peaufiner sa formation. Avant de revenir au Danemark : en 2006, elle explose en Apres le mariagepar ici sa compatriote Susanne Bier, aux côtés de Mads Mikkelsen.

Depuis, elle est en tournée aux États-Unis (Enfer), en Europe (Le duc de Bourgogne, Club Zéro) et en France, où elle remporte le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour L’Hermine (2015), de Christian Vincent, avec Fabrice Luchini.

Son agenda est chargé : une série anglaise pour Apple TV+, Prime Target, et un film, Le Fil, de et avec Daniel Auteuil (sortie le 11 septembre).

« Je l’avais rencontré une fois dans un ascenseur à Paris, quand j’étais très jeune, elle se souviens. J’étais complètement fou de lui. Il y a toujours le risque que le mythe s’effondre, mais je n’ai pas été déçu. (Rires) »

Fils***

Eva, gardienne de prison, voit son quotidien bouleversé le jour où un garçon qu’elle connaît est transféré au pénitencier où elle travaille. Elle demande son transfert dans le quartier de haute sécurité où il est placé…

Après l’extraordinaire Le coupable (2018), Gustav Möller signe un nouveau thriller qui reprend ses principales obsessions : l’enfermement, la culpabilité, le hors-champ et le non-dit. Dans une atmosphère pesante et anxiogène, Sidse Babett Knudsen est méconnaissable en gardienne implacable qui cache un secret et met en œuvre sa vengeance à travers un jeu du chat et de la souris insidieux et sadique.

Une femme puissante magnifiée par la mise en scène qui nous plonge au cœur d’un microcosme où règnent chaos et violence. On regrettera seulement un scénario un peu conventionnel. Prix Sang Neuf au dernier Festival Polar de Reims.

De Gustav Möller, avec Sidse Babett Knudsen, Sebastian Bull Sarning. 1 h 40. Sortie mercredi.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV nouveaux films du 10 juillet – .
NEXT Décès de l’actrice américaine Pat Colbert, vue dans la série « Dallas » – .