« C’est comme aller à la chasse à l’écureuil avec un bazooka » – .

« C’est comme aller à la chasse à l’écureuil avec un bazooka » – .
« C’est comme aller à la chasse à l’écureuil avec un bazooka » – .

Le milieu artistique québécois est furieux contre le gouvernement du Québec, qui veut porter en appel la décision de la Cour supérieure autorisant de fumer sur scène lors d’une représentation théâtrale, rendue en mai dernier.

Selon Marc Gourdeau, directeur général et artistique du théâtre Premier Acte et cosignataire d’une lettre ouverte publiée vendredi matin demandant à Québec de se rétracter, « le gouvernement s’acharne ».

La Cour supérieure a reconnu en mai dernier que l’acte de fumer sur scène dans le cadre d’une pièce de théâtre était « protégé par la liberté d’expression artistique ». Le juge Jean-François Émond a également proposé dans son jugement d’avertir le public lorsqu’un dispositif à fumée serait utilisé dans une pièce de théâtre; un compromis raisonnable, empreint de tolérance et d’ouverture, selon M. Goudreau.



Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNÉS

Marc Gourdeau, directeur général du théâtre Premier Acte.

« On a l’impression qu’il y a une forme d’acharnement là-dedans. Le juge propose une manière de respecter l’éventuel désir de certains publics de ne pas être exposés à la fumée. Nous, en tant que théâtre, nous nous engageons à prévenir de manière adéquate, bien en amont, avant même d’acheter des billets, pour que les gens le fassent en toute connaissance de cause », a-t-il déclaré, s’avouant « extrêmement déçu » par l’attitude paternaliste de l’État.

« C’est comme aller à la chasse à l’écureuil avec un bazooka », a-t-il ajouté.

M. Goudreau critique également le silence du ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, à ce sujet. D’autant plus que, selon lui, sa prédécesseure Nathalie Roy avait la sérieuse intention de modifier le règlement en question dans la Loi concernant la lutte contre le tabagisme lorsqu’elle était en poste.

Pour protéger la liberté artistique

Dans leur lettre d’appui, les directeurs des trois salles de spectacles verbalisées entre 2017 et 2019 pour avoir fumé de fausses cigarettes sur scène, Marc Gourdeau (Premier Acte), Marc-Antoine Malo (Théâtre du Trident) et Michel Nadeau (La Bordée), demandent au gouvernement de modifier la loi dans le sens proposé par la Cour supérieure, au nom de la liberté artistique.



Photo fournie par THÉÂTRE DU TRIDENT

En 2017, le Théâtre du Trident a été condamné à une amende de 500 $ par le ministère de la Santé parce qu’un personnage de la pièce « Le cas Joé Ferguson » fumait une cigarette sur scène. Le Trident, La Bordée et Premier acte ont remporté une bataille judiciaire de trois ans pour faire valoir le droit à la liberté d’expression artistique.

« La liberté artistique est précieuse. Elle est au cœur même de la liberté d’expression et un élément essentiel de la vie démocratique », écrivent-ils.

« Les artistes ont toujours couru le risque de la censure et l’interdiction totale de fumer sur scène s’en rapproche dangereusement », ajoutent-ils dans cette lettre, cosignée par plus de 500 artistes et travailleurs culturels, dont le président et le vice-président de l’Union des artistes (UDA).

Ayant appris vendredi dernier que le gouvernement allait faire appel du jugement, M. Goudreau s’est néanmoins réjoui d’avoir récolté autant de signatures en si peu de temps et pendant une période de vacances.

« Nous espérons que cet appui trouvera un écho auprès des décideurs », a poursuivi le PDG de Premier Acte.

La Cour d’appel devrait décider à la mi-juillet si elle accepte d’entendre l’appel du gouvernement dans cette affaire.

Une première décision de la Cour du Québec, rendue en novembre 2021 par le juge Yannick Couture, a donné raison au gouvernement.

Cette décision a ensuite été portée en appel par les théâtres concernés, qui mènent cette saga judiciaire depuis plusieurs années.

En mai dernier, le juge de la Cour supérieure du Québec Jean-François Émond autorisait finalement le tabagisme sur scène dans le cadre d’une pièce de théâtre, plaçant la liberté d’expression artistique au cœur de sa décision.

 
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