Les 160 ans du sculpteur du XIXe siècle Camille Claudel célébrés dans l’Aisne – .

Les 160 ans du sculpteur du XIXe siècle Camille Claudel célébrés dans l’Aisne – .
Les 160 ans du sculpteur du XIXe siècle Camille Claudel célébrés dans l’Aisne – .

l’essentiel
Du 5 au 7 juillet 2024, la ville de Fère-en-Tardenois dans l’Aisne célèbre la fête du 160e anniversaire de la naissance du sculpteur Camille Claudel.

Du 5 au 7 juillet 2024, la ville de Fère-en-Tardenois dans l’Aisne célèbre la fête du 160e anniversaire de la naissance du sculpteur Camille Claudel, comme le précise L’Union. Au programme, des expositions, des concerts et des pièces de théâtre proposant une réflexion sur la biographie et l’œuvre de l’artiste. L’occasion de contribuer à lui donner la place qu’elle mérite dans l’histoire de l’art et la mémoire collective.

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Stigmatisée et vilipendée de son vivant, aujourd’hui en partie oubliée, quand elle n’est pas réduite à la condition de muse, d’âme tourmentée – ce qu’elle était assurément, par les troubles mentaux et la précarité –, voire de figure féminine dominée par l’hystérie… Désignée uniquement à travers son lien aux hommes illustres qui ont peuplé sa vie, car elle était la sœur de l’écrivain Paul Claudel et collabora avec Auguste Rodin… Camille Claudel mérite d’être dépeinte pour ce qu’elle était : une artiste de brillante envergure.

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Entrée dans l’atelier de Rodin, prise d’indépendance et naissance de sa propre production

Née en 1864 dans l’Aisne, Camille Claudel entre à 17 ans à l’académie parisienne Colarossi avant d’être recrutée en 1884 par Auguste Rodin comme praticienne dans son atelier. Durant plusieurs années, elle prépare et sculpte des pièces choisies de ses œuvres. On lui doit les pieds et les mains des Bourgeois de Calais, ainsi qu’une partie de la Porte de l’Enfer. Durant cette période, elle noue avec l’artiste Auguste Rodin une liaison passionnée et tourmentée, liaison à laquelle l’histoire littéraire la confinera trop souvent.

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Parallèlement à son travail dans l’atelier du maître, Camille Claudel développe sa propre production artistique. En 1888, elle expose au Salon de Paris, où les œuvres masculines occupent la part du lion. Son tableau Sakountala, qui représente un couple enlacé, rencontre un certain succès. La même année, elle s’installe dans son propre atelier près des Gobelins.

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Jusqu’en 1913, elle poursuit son travail patient, sculptant la matière avec une acuité croissante. A mesure qu’elle peaufine plâtre, bronze et marbre, elle affine son talent qui se révèle bientôt pour ce qu’il est : du génie. La petite châtelaine, La Valse, La Vague, L’Âge Mur, Persée et la Gorgone sont autant de traces de son œuvre qui prouvent la singularité de sa vision. Le critique d’art Louis Vauxcelles dira de La Valse qu’elle est un « poème d’ivresse absolue ». On pourrait en dire autant de Camille Claudel. Mais l’ivresse sera suivie d’affliction.

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« Le temps remettra tout en place » : internement involontaire, mort et oubli

En 1913, l’artiste est internée sans son consentement à la demande de sa mère et de son frère, qui la croient possédée. En réalité, elle souffre de troubles mentaux qui auraient nécessité des soins adéquats. On ne lui propose qu’un cloître où elle agonise pendant trois décennies. « Du rêve qu’était ma vie, voici le cauchemar. » C’est le constat ignoble qu’elle fait dans une lettre datant de 1935 à son éditeur et fidèle ami Eugène Blot. En 1932, ce dernier lui écrit : « Avec toi, nous allions quitter le monde des fausses apparences pour celui de la pensée. Quel génie ! Le mot n’est pas trop fort. Comment as-tu pu nous priver de tant de beauté ? »

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Camille Claudel est morte en internement. Beaucoup de ses œuvres avaient été détruites entre-temps. En guise d’hommage posthume, nous pourrions citer ces mots de son éditeur, écrits à la fin de sa lettre de 1932. La lettre se termine par cette consolation : « Le temps remettra tout en place ». Une promesse qui pourrait bien se réaliser dans notre siècle – si seulement nous nous efforcions de préserver la mémoire de Camille Claudel.

 
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