les hospitalisations psychiatriques en hausse de 246% pour les 10-14 ans

les hospitalisations psychiatriques en hausse de 246% pour les 10-14 ans
les hospitalisations psychiatriques en hausse de 246% pour les 10-14 ans

En quinze ans, les hospitalisations de jeunes pour automutilation ou tentative de suicide ont augmenté de manière extrêmement inquiétante, notamment chez les adolescentes. C’est ce qui ressort d’une étude publiée ce jeudi 16 mai par la Direction des études et des statistiques des ministères sociaux (Drees).

Les données présentées mettent en évidence une variation très marquée liée à l’âge et au sexe. « Le taux d’hospitalisations pour actes auto-infligés de patientes âgées de 10 à 19 ans double entre 2012 et 2020 puis double encore entre 2020 et 2022, expliquent les auteurs de l’étude. Ces augmentations sans précédent chez les adolescents et les jeunes femmes contrastent avec la stabilité ou le déclin des patients d’autres catégories d’âge et de sexe. »

Chez les personnes âgées de trente à cinquante ans, sur les mêmes périodes, le taux d’hospitalisation pour soins de courte durée (dits MCO pour désigner les services concernés, médecine, chirurgie, obstétrique) est en effet en constante diminution. « Ces tendances de fond pourraient faire référence à un phénomène générationnel »suggère encore la Drees, notant que cette tendance à la baisse des tentatives de suicide et des suicides chez les trentenaires ou plus, au cours de la période 2010-2019, correspond à une réalité européenne.

Deux hospitalisations sur trois pour tentatives de suicide

Quand on regarde plus précisément les statistiques de 2021 et 2022, il apparaît que les taux moyens d’hospitalisation en MCO augmentent, par rapport à la période 2010-2019, de 71% chez les filles de 10 à 14 ans, de 44% chez les adolescentes de 15 ans. à 19 et 21 % chez les femmes de 20 à 24 ans. Les données sont encore plus impressionnantes si l’on regarde les hospitalisations psychiatriques. Leur taux augmente de 246 % chez les 10-14 ans, de 163 % chez les 15-19 ans et de 106 % chez les jeunes adultes. Deux de ces hospitalisations sur trois sont liées à des tentatives de suicide par prise de médicaments, bien avant des actes de mutilations ou d’autres actes de violence plus importants.

« La crise sanitaire (liée à la pandémie de Covid-19) aurait pu accélérer des tendances préexistantes, notamment en psychiatrie », tente d’analyser les auteurs de l’étude. Suite à une enquête déclarative, réalisée en 2021, Charles-Édouard Notredame, psychiatre au centre hospitalier universitaire de Lille est allé jusqu’à déclarer : « Vous n’imaginez pas à quel point les discours de « désespoir » et les messages fatalistes (face à la crise écologique, aux guerres, aux risques sanitaires et au manque de perspectives) ont des conséquences, à l’heure où l’on se construit. . » Les adolescentes seraient donc encore plus impactées.

Chez les garçons et les jeunes hommes de 10 à 24 ans, en tout cas, depuis une quinzaine d’années, les hospitalisations en MCO ou en psychiatrie sont restées stables. La Drees indique même qu’il n’y a pas « contrepartie masculine de l’augmentation des actes auto-infligés chez les filles.

Le Conseil national de refondation (CNR) sur la santé mentale, annoncé par Emmanuel Macron, doit avoir lieu en juin et juillet, a récemment annoncé Frédéric Valletoux, ministre délégué à la Santé. A cette occasion, il semble urgent qu’une attention particulière soit portée à la santé mentale des adolescentes.

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